Calcio Storico. Ils ont assisté au sport historique le plus violent du monde [Interview + Reportage photo]

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Vous n’appréciez ni les câlins au sol et autres clés de bras du MMA, ni les simulations des joueurs de football en ouverture de la Coupe du monde de football qui débute ce soir ? Alors, partez à Florence, pour suivre le 24 juin (ou l’an prochain) la finale à venir du Calcio Storico, le sport historique sans doute le plus violent au monde.

Le calcio florentin (appelé calcio in costume, calcio in livrea ou calcio storico fiorentino en italien) est un sport collectif florentin de la Renaissance. Ce football ultra-violent est inspiré de l’harpastum, une discipline collective pratiquée dans la Rome antique. Disparu au cours du XVIIIe siècle, il fut relancé à Florence dans les années 1930.

Tous les ans, ces rencontres se déroulent au mois de juin, et cette année, nous avions un correspondant sur place pour les éliminatoires, et qui a bien voulu nous raconter son expérience. À découvrir ci-dessous.

Breizh-info.com : Tout d’abord, pouvez-vous nous expliquer l’histoire du calcio storico ?

Francis : C’est un sport collectif florentin datant de la renaissance qui se joue sur la Piazza Santa Croce, au centre de Florence. Les quatre quartiers historiques de la ville s’opposent au début du mois de juin au cours des demi-finales. La finale a lieu le 24 juin jour de la fête du st Patron de Florence, Saint-Jean Baptiste.

Breizh-info.com : Quelles sont les règles, qui sont les équipes en lice ?

Francis : Cela se joue sur un terrain rectangulaire sablonneux, séparé par une ligne blanche. 27 joueurs de part et d’autre s’affrontent pendant 50 minutes (sans pause ni remplacement) pour marquer le plus de buts possible dans des cages placées aux 2 extrémités, sur toute la largeur du terrain. À chaque but, les équipes changent de côté du terrain. Concernant les règles c’est simple il n’y en a pas ou très peu ! J’en ai retenu deux quand même : une fois au sol les joueurs se maîtrisent et restent à terre jusqu’au prochain coup de sifflet de l’arbitre et si un joueur manque son tir et que la balle passe au-dessus de la cage cela fait un demi-point pour l’équipe adverse. Ce qui en fait l’un des sports le plus violent au monde, car il allie le football, le rugby et la lutte romaine (je dirais que ça ressemble plus à du MMA sans les gants !).

Certains joueurs qui restent debout s’affrontent à mains nues dans des 1 contre 1 assez violents.

Les équipes en lice, comme je le disais, sont les quatre quartiers historiques de Florence : les Rossi de Santa Maria Novella, les Bianchi de Santo Spirito, les Verdi de San Giovanni et les Azzurri de Santa Croce. À noter que cette année l’équipe des Azzuri a refusée de participer suite à une disqualification survenue l’an dernier (NDLR  en fait, des erreurs d’arbitrage qui ont suscité une bagarre. Pour la première fois dans l’histoire du calcio storico, la police d’État italienne a interrompu le match et les Bianchi ont été déclarés gagnants).

La première demi-finale opposait donc les Rossi et une alliance de Verdi et de Bianchi (une sorte d’équipe B, en remplacement des Azzuri), le samedi 9 juin. La seconde opposait les Verdi et les Bianchi le dimanche 10 juin.

Breizh-info.com : Quelles ont été vos impressions , à vous qui vous êtes rendus sur place en cette année 2018 ?

Francis : Certains d’entre nous ont juste assisté à la première demi-finale (victoire logique des Rossi 10,5 à 4,5) et même si l’ambiance était plus calme cette année, certainement en raison de l’absence des Azzuri, le cadre et la « cérémonie » d’avant match sont impressionnants à voir. On sent une vraie ferveur populaire, du plus jeune au plus ancien tout le monde est concerné et on retrouve l’ambiance des tribunes de foot avec bâches, chants, pots de fumée à l’entrée des joueurs et vente de matos derrière le virage :-). Certains « duels » étaient également impressionnants à voir, des morts de faim les gars ! Ceux qui, parmi nous, ont assisté à la seconde demi-finale (victoire des Verdi 9,5 à 5) ont trouvé que le match avait plus envoyé que le premier.

Breizh-info.com : Quelle est l’ambiance dans la ville à cette période ?

Francis : Plutôt calme je dirais, sauf au moment de la parade du calcio storico où les gens se massent pour voir les 500 participants, notamment les joueurs de chaque équipe qui défilent dans le centre pour rejoindre la Piazza Santa Croce juste avant le match. Encouragés par leurs supporters, dans une bonne ambiance.

Breizh-info.com : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut s’y rendre les prochaines années ?

Francis : Il faut s’y prendre assez tôt notamment pour le logement, car ce n’est pas donné pendant cette période. Ensuite pour les places cette année bizarrement pas de vente en ligne donc si à l’avenir c’est pareil, il faut venir un jour ou deux avant histoire d’avoir la chance d’en avoir et de profiter de la ville, qui est magnifique. « Viva Fiorenza! »

Propos recueillis par Yann Vallerie

Alors, comment vous y rendre l’an prochain au départ de Bretagne pour assister à un évènement unique en Europe ?

Tout simplement de Nantes, avec la compagnie Volotea, via Pise (1 h 30 de route entre PIse aéroport et le centre de Florence), ou bien via Rome (3 h de route ensuite) de Nantes ou Rennes.

Où partir en week-end depuis l’aéroport de Nantes ?

Crédit photo :  DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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