SEMITAN

Au menu des réunions des délégués du personnel de juillet à la SEMITAN, l’insécurité fait toujours l’actualité. Notamment lors des émeutes du début du mois de juillet, qui ont conduit à d’importantes destructions de biens et de véhicules dans une série de quartiers multiethniques nantais (Le Breil, Bellevue, les Dervallières, Malakoff, Château de Rezé, Bottière, Chêne des Anglais, Clos Toreau, Plaisance, Port Boyer pour les plus concernés…).

La CFDT s’émeut des consignes de non-communication de l’arrêt total des circulations de la TAN le 5 juillet au soir. Ce qui a conduit, on s’en doute, à d’importantes tensions aux arrêts, dans les bureaux et les conversations téléphoniques entre agents et usagers.

Black-out pour l’information des usagers à la TAN

« Le 5 juillet, alors que des lignes ont été déviées toute la journée pour éviter certains quartiers sensibles, il a été décidé en début d’après-midi d’arrêter l’exploitation de l’ensemble du réseau à 20h30. La CFDT vous demande si Nantes Métropole a eu pleine conscience de la prise d’otages qu’elle a fait subir à ses concitoyens usagers en refusant toute communication officielle de la part de la SEMITAN avant 19h30 », la TAN botte en touche en renvoyant vers le politique : « on n’avait pas le choix, c’était une décision de Nantes Métropole ».

Et ce même si la cacophonie a été de mise : « Si la Direction Commerciale a fait preuve de réactivité en autorisant les agents à confirmer la fin de service à 20h30, le service Info voyageurs en charge des [services d’information commerciale], de TAN.FR et de Twitter a respecté scrupuleusement les consignes », relève le syndicat. Cela dit, les diverses coupures du réseau suite aux « incivilités », autrement dit aux émeutes n’ont pas eu d’impact salarial pour les salariés de la TAN, a fait confirmer la CFDT.

Plusieurs véhicules caillassés lors des émeutes

Cependant même si l’information n’a pas fuité ou peu, plusieurs bus ont été caillassés lors des émeutes, notamment sur les lignes C3, C5 ou encore 79 selon nos informations, même s’il n’y aurait pas eu d’agent blessé. « Ainsi que des tramways de la ligne 1, notamment à Bellevue », confie un conducteur. Des dégradations volontaires qui se rajoutent au bilan déjà salé des émeutes nantaises de juillet.

Rejoindre son point de relève à pied : trop de risque pour la CGT

Le compte-rendu de la même réunion par la CGT s’intéresse aux services modifiés lors des fêtes : « elles n’ont que le nom de festivités pour nous ! ». C’est dire. Entre autres, « il n’est pas acceptable de mettre des temps de pause dans des lieux non sécuritaires pour le salarié, qui plus est sans aucune commodité », relève la CGT.

Elle pointe aussi d’autres problèmes d’organisation : « il n’est pas acceptable non plus de demander aux salariés de s’exposer en rejoignant un autre point de relève par ses propres moyens (à pied) [!] La CGT estime que vous faites courir trop de risque à votre personnel roulant ». La direction de la TAN annonce un groupe de travail « festivités » à la rentrée de septembre pour caler l’organisation ligne par ligne, en cas de service dévié ou contraint.

Le PCC croule sous le boulot

Outre les problèmes d’insécurité ou de gestion du réseau au quotidien, il y a aussi celui des effectifs. Qui pèse notamment aussi sur le poste de commande centralisé (PCC) qui est la « tour de contrôle » du réseau. Il fonctionne presque H24, de 3h50 du matin à 2h de la nuit, tout en couvrant les réseaux bus, Busway et tramway. Tous les véhicules sont équipés de balises pour être géolocalisés en temps réel – les données remontent aussi par rapport à leur avance, retard ou respect de l’horaire.

Le PCC gère aussi les 70 caméras implantées dans l’agglomération pour surveiller le trafic, ainsi que la mise en route des déviations ou services partiels en cas de coupure ou d’accident sur une ligne.

Problème, ce service est surchargé, ce que relève la CGR : « un réel problème, précisément la surcharge de travail de ce service ainsi que le manque de moyens humains qui génère du stress chez les régulateurs et engendre des problèmes plus ou moins importants sur le réseau ». Pour le syndicat, « un ou deux postes supplémentaires ne suffisent pas ».

La direction affirme qu’à la rentrée, « il y aura deux postes supplémentaires sur la ligne 4 » et « la mise en place du PCC sûreté libérera du temps aux régulateurs déjà en place ». D’ici là, ils devront prendre leur mal en patience.

Caméras piétons à la TAN : entrée en service le 24 juillet

Annoncé pour le début de l’été, l’équipement des agents de la TAN de caméras-piéton Sentinel – le même modèle que celui de la police municipale prend du retard. Ironie du sort, la municipalité socialiste a équipé la police municipale en dépensant 23.292€ pour… rien ou presque : bien que leur usage était permis dans le cadre d’une expérimentation nationale dont les élus connaissaient les délais, les policiers municipaux n’ont pu s’en servir que trois mois à peine, la mairie ayant beaucoup tardé à les équiper.

Du côté de la TAN le feu vert de la CNIL n’a été donné qu’en juin à l’équipement des contrôleurs en caméras-piéton embarquées, si bien que la mise en service ne se fera qu’à partir du 24 juillet. Une grosse trentaine de caméras-piéton ont été commandées en juin. Elles seront déclenchées manuellement par l’agent contrôleur en fonction de la situation, et après qu’il en ait informé le voyageur. A Angers où elles font partie de l’équipement des contrôleurs, elles ont contribué à une nette baisse des agressions physiques et verbales contre le personnel.

Louis-Benoît Greffe

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