Au Faouët, des enfants en pleine lumière

Venir au Faouët vous plonge tout de suite dans la Bretagne « profonde ». Ce dimanche, un tour à la crêperie La Sarrazine où les crêpes salées, sucrées (ne dites pas galettes) vous conduisent tout droit à l’empyrée des dieux ; puis, tout près, le long des halles (les plus belles de Bretagne, avec celles de Questembert et de Clisson) une compétition de lutte bretonne, du gouren pour des jeunes gens et des filles du coin. Ambiance bon enfant.

Tout à côté, le musée qui occupe en partie une chapelle. Cette exposition déjà très remarquée : « L’enfant dans la peinture bretonne ». Elle se tient du 30 juin au 7 octobre.

Une exposition à mille lieues de l’Art business acheté par l’épicier de Landerneau…

Une thématique qui se décline ainsi, l’enfant et la mer, l’enfant et la foi, le jeu, la fête ; l’enfant à l’école, au travail. Des artistes qui ont peint entre 1850 et 1950 en dates rondes. Leur nombre permet de faire un choix et même de trier. Les plus académiques qui envoient au Salon livrent une Bretagne idéalisée, stéréotypée, avec du métier mais sans inspiration. Heureusement d’autres sont plus indépendants d’esprit et de facture. Beaucoup sont étrangers à la Bretagne. Notons :

– Aloysus O’Kelly, disparu en 1936,

– Maurice Denis (1943),

– Virgilio Constantini (1940),

– Puigaudeau (1930),

– Max Clément (1963),

– Elisabeth Sonrel (1953),

– Guy Wilthew (1920),

– Henry Joubioux (1936).

Les meilleurs, ici, écartent tout sentimentalisme. Une peinture du réel, de la condition des femmes et des enfants, dure à vivre. Plusieurs pièces majeures, le Portrait de Dominique (Denis), La Communiante (Costantini), Jeux d’enfants (Pinto), Jeune garçon du Faouët (Joubioux), sans oublier la Fillette de Pont-Aven de O’Kelly choisie pour l’affiche.

Une exposition qui met en joie, revigorante… A mille lieues de l’Art business acheté par l’épicier de Landerneau.

Au retour, passage à Pont-Aven. Autour du musée, des galeries à la queue leu leu pour exposer, presque toujours, de la camelote, de l’atroce… Allez-vous rafraîchir à La Chocolaterie, place Delavallée, un petit jardin de rocaille, à l’abri, de sublimes mille feuilles et des sandwichs-club, je ne vous dis que ça… Arrosez de bière blonde Morgane. Vive les fées !

Jean Heurtin

Crédit photo : Breizh-info.com
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