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La chapelle Sainte-Barbe est située dans le pays du Roi Morvan sur la commune du Faouët (Morbihan). Étape sur un des chemins bretons du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, la chapelle est un sanctuaire attirant de nombreux fidèles lors des pardons de Sainte-Barbe qui se tiennent le dernier dimanche de juin et le 4 décembre.
Elle s’élève à 178 mètres d’altitude sur une plateforme à flanc de la falaise de « Roc’h ar marc’h bran », littéralement en langue bretonne le « roc du cheval corbeau », référence à la mythologie celtique et à un culte remontant à l’époque pré-chrétienne, peut-être en lien avec la fontaine à dévotion située en surplomb du cours torrentueux de la rivière Ellé. La construction de la chapelle commence le 6 juillet 1489 et les principaux travaux s’achèvent en 1512. Selon la légende, le cadet des seigneurs de Locmalo, Jean de Toulbodou, quitte son manoir de Guidfoss en Plouray pour aller chasser. Alors qu’il se trouve sur les terres de Jean de Boutteville, seigneur du Faouët, il se fait surprendre par un orage d’une rare violence. Les gigantesques rochers qui l’entourent sont frappés par la foudre. Gagné par une extrême frayeur, Jean de Toulbodou prie alors Sainte-Barbe, ordinairement invoquée pour se protéger du feu et de la foudre. Il lui promet, si elle le sauve, de lui ériger une chapelle en ce lieu. L’orage prend fin, Jean de Toulbodou est exaucé. Fidèle à sa promesse, il entreprend la construction de cette chapelle en cet endroit si exigu.
La chapelle est précédée d’une esplanade qui comprend une maison de garde datant du XVIIe siècle. À proximité un campanile abritant la cloche de pèlerins qui, selon la légende, fait fuir la foudre. Traditionnellement, chaque pèlerin la fait sonner en arrivant afin de s’attirer les bénédictions du ciel mais aujourd’hui de nombreux visiteurs s’amusent également à la faire sonner. L’accès à la chapelle se fait par un monumental escalier de style Renaissance, datant de 1700, constitué d’un système de quatre rampes sur plan cruciforme et orné de balustres de style Louis XIII. Une première volée conduit du parvis à un palier d’où divergent, à l’ouest une volée montant vers l’esplanade, à l’est une passerelle soutenue par un arc en plein-cintre, donnant accès à l’oratoire Saint-Michel, vers le sud, une volée dévale vers le chemin de terre qui mène sous l’arche en plein cintre soutenant la passerelle ; vers le nord, le grand escalier de 78 marches qui mène à un ossuaire aménagé dans un renfoncement de la paroi rocheuse, puis à la chapelle de style gothique flamboyant. La porte du clocher possède un fronton daté de l’année 1743. Les voûtes d’ogive de la chapelle sont épaulées par des contreforts surmontés de pinacles ornés de gargouilles.
L’abside, formée de trois pans, comporte le chœur liturgique limité par un degré à découpe centrale cintrée et fermé par une grille de communion. Cette clôture de chœur en fer forgé date du XVIIIe siècle. Elle est décorée de rouleaux à noyaux avec pistils à graines et d’entrelacs de C et de S à volutes. Sous l’autel est visible le gisant de Sainte-Barbe.
Quatre des vitraux de la chapelle datent du premier quart du XVIe siècle et évoquent la vie et la mort de sainte Barbe, de la Transfiguration, de l’Ascension, et de la Pentecôte. La chapelle abrite de nombreuses statues en bois sculpté ainsi que des ex-voto maritimes.
A environ 400 mètres un sentier mène à la fontaine à dévotion datant de 1708. Une niche abrite une statue de Sainte Barbe. Selon la légende, les jeunes filles célibataires y jetaient une épingle à tête ronde en tâchant d’atteindre l’orifice percé dans le bassin de la fontaine pour savoir si elles se marieraient dans l’année. En poursuivant sur le sentier, on accède aux berges de la magnifique rivière Ellé.
Après votre visite, ne quittez surtout pas le secteur… Prenez la direction de Quimperlé et à environ deux kilomètres arrêtez-vous visiter la magnifique chapelle Saint-Fiacre.
Crédit photo : DR
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