Erik Tegnér, jeune Breton ex-candidat à la présidence des Jeunes Républicains, victime de manipulations administratives visant à l’empêcher de s’y présenter, nous adresse une tribune du secrétaire général de son mouvement, Paul Zanichelli. Ce dernier entend en effet rassembler « les droites par la jeunesse ». Il s’agit du mouvement « Racines d’avenir », qui est né au début du mois de septembre.

Nous reproduisons cette tribune exclusive ci-dessous :

Au sein des Républicains, de plus en plus de voix se font entendre pour appeler à un rapprochement avec les divers partis de la droite. Les propos tenus par Sébastien Meurant appelant au dialogue dans l’Incorrect du mois d’octobre illustrent bien le fait que certains élus se libèrent progressivement d’un tabou politique. Interdire le dialogue avec le Rassemblement national et Debout La France est une vieille ficelle mitterrandienne, intelligemment tissée et entretenue par les inquisiteurs de gauche, qui souhaitent diviser les branches cousines d’une même famille politique. Le collectif Racines d’Avenir, fondé par Erik Tegnér, a initié le 5 septembre dernier un vaste mouvement de transgression chez les jeunes qui vise enfin à libérer la parole sur le sujet de l’Union des droites.

Les bases d’un dialogue ont été posées lors de cette soirée de lancement de campagne pour la présidence des Jeunes LR. En parvenant à réunir au sein du même bateau Sébastien Chenu, Nicolas Dupont-Aignan ou encore Jean-Frédéric Poisson, Erik Tegnér a revivifié un mouvement jeune qui manquait cruellement de débat de fonds. Il a démontré que nous étions capables de nous écouter, et de défendre au fond un socle commun d’idées fondamentales. Les quelques 350 militants présents – inédit de réunir autant de jeunes-, des divers horizons de la droite, se sont rassemblés pour exprimer une vision commune qui dépasse les clivages partisans. Ils ont parfaitement conscience que nous partageons sur des questions essentielles, l’identité et la souveraineté nationale, des convictions et des inquiétudes similaires. Nombreux déplorent de surcroit la suradministration de notre pays, et l’omniprésence d’un état nounou qui ne cesse, selon le mot célèbre de Pompidou, d’emmerder les Français.

Ce rapprochement inéluctable des pensées n’est pas venu soudainement. Dès 2014, un sondage Harris Interractive pour Marianne laissait apparaître que 6 sympathisants de droite sur 10 souhaitaient des alliances électorales entre l’UMP et le FN. Cette volonté était partagée dans les mêmes proportions par les sympathisants des deux partis (64% pour les proches du FN, et 55% pour les proches de l’UMP). En juillet 2018, un sondage BVA pour l’Obs nous montrait que « 65% des Français se positionnant à droite pourraient voter pour une liste d’union de la droite aux élections européennes 2019 ». 4 ans plus tard, les faits restent têtus : les membres des deux grands partis de la droite veulent combattre ensemble.

Erik Tegner

L’Appel d’Angers du 27 mars s’inscrit dans cette perspective. Il a été le premier coup de boutoir porté au catéchisme de gauche, prémisse d’une ouverture au dialogue et l’expression claire d’objectifs communs, portant aussi bien sur l’autorité de l’État, l’identité nationale, et la gestion administrative de notre pays. Des personnalités issues des différents courants de la droite, comme Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq, Charles Beigbeder, Robert et Emmanuelle Ménard, Jacques Bompard, et Jean-Frédéric Poisson ont réalisé une action de bon sens : se réunir auprès de personnes qui partagent les mêmes valeurs.

Néanmoins, certains caciques du parti républicain ne peuvent concevoir un rapprochement avec les différents partis de droite. Ils participent aujourd’hui à creuser un fossé de plus en plus profond entre les cadres des Républicains et leurs sympathisants. Au fond, ils ne peuvent imaginer la fin de l’ancien logiciel politique, reposant sur l’alternance quasi systématique entre la droite et la gauche, qui était à leurs yeux très sécurisante. Si l’on perdait sa rente électorale, il suffisait de patienter le temps d’un mandat, d’effectuer sa traversée du désert, pour ensuite cueillir les fruits du mécontentement et de l’insatisfaction et se faire réélire. Et pourtant, leur sens politique devrait leur faire sentir que la droite traditionnelle a toujours gagné au moyen d’alliances : ne pouvant plus accéder au centre gardé par Emmanuel Macron, ils auraient tout à gagner en se tournant vers la droite de la droite.

La nécessité d’unir la famille politique de la droite se fait de plus en plus pressante

Ce temps-là est révolu depuis l’élection d’Emmanuel Macron. La nécessité d’unir la famille politique de la droite se fait de plus en plus pressante, pour présenter dès 2022 une alternative puissante et crédible aux Marcheurs. Il devient urgent de répondre aux défis démographiques, identitaires, et culturels qui sont très largement sous-estimés – voire occultés – par une majorité qui ne voue de l’affection qu’aux courbes économiques. Les étapes électorales qui jalonnent le chemin vers la présidentielle seront décisives, car elles seront un indicateur de notre volonté, et de notre réussite.

Les municipales de 2020 seront le premier théâtre d’opération de cette grande entreprise de dépassement des clivages. De nombreux élus travaillent en ce sens, à l’image de Robert Ménard, ayant compris que la perspective de rassembler le peuple de droite relevait du bon sens. En Gironde, à Saint-André-de-Cubzac, des élus Républicains et du Rassemblement National ont d’ores et déjà commencé à se rapprocher et à travailler ensemble autour de thème qui leur sont chers. Sur des sujets locaux, portant sur la préservation du territoire, l’autorité, la culture, la droite est aujourd’hui à même de pouvoir s’entendre et de faire bloc contre une majorité de marcheurs composée pour la plupart d’anciens socialistes. Par ailleurs, Laurent Wauquiez a lui-même rappelé qu’il ne se mêlerait pas de la composition des listes, tant que ces dernières étaient menées par des Républicains. La possibilité de constituer des listes composées des divers partis de notre famille politique représente une opportunité exceptionnelle pour la droite.

L’union des droites a déjà lieu dans les esprits

D’ici et là, des organisations se montent, des militants des divers horizons de la droite se réunissent et expriment leur volonté de travailler ensemble. On peut citer à ce titre le travail exceptionnel de la Cocarde étudiante, menée par Quentin Limongi, qui est parvenu à rassembler à ses côtés des jeunes militants déterminés, ancrés dans des convictions patriotes et conservatrices pour mener la guérilla culturelle dans les universités. Les mouvements jeunes du PCD et de DLF, représentés par Jean Servin et Valentin Rebuffat, œuvrent quotidiennement au dialogue entre les différents partis de droite. Le réseau de l’Avant-Garde, dirigé par Charles Million, et dont le collectif de jeunes est piloté par Charles De Williencourt, œuvre justement de façon concrète sur ce travail des municipales, en proposant un accompagnement et des formations.

D’autres, collectifs, auront également un rôle majeur à jouer, à l’instar du cercle Audace, présidé par François de Voyer, qui rassemble de nombreux entrepreneurs avides de tout renverser. Leur capacité d’écoute et d’ouverture, qui les distingue du sectarisme de certains militants issus des Républicains, honore leur sens politique. Par ailleurs, on peut surtout citer toute cette jeunesse identitaire, conservatrice et entrepreneuriale, qui ne se retrouve plus dans aucun parti, mais aspire à la reconquête. C’est tout l’objectif de l’ISSEP, l’école de Marion Maréchal : former ces futures élites politiques et économiques du pays.

Au regard de tous ces soulèvements, de toutes ces initiatives, il est nécessaire que Laurent Wauquiez prenne conscience de cet élan prometteur qui unit la famille politique de la droite. Il sera un jour nécessaire de saisir explicitement cette opportunité unique pour le pays. Si Laurent Wauquiez refuse toute forme d’alliance, il est évident que les militants de droite porteront une personnalité émergente qui saura unir notre famille politique. Un En Marche de droite pourrait ainsi surgir, et satisfaire aussi bien une partie des Républicains, du Rassemblement national, et la totalité de la droite « hors les murs ».

Car peu importe finalement que l’union se fasse par des accords, elle a déjà lieu dans les esprits. Si les partis conservent une logique de boutiques, pourra alors émerger un nouveau mouvement à même de satisfaire une large partie de LR, du RN et de toute la droite « hors les murs ». C’est tout l’objectif de Racines d’Avenir : préparer le terrain de la reconquête chez les jeunes, bousculer les clivages et contribuer à faire émerger de nouvelles idées. Car voilà l’enjeu : repenser un nouveau logiciel et des nouveaux concepts.

Paul Zanichelli
Secrétaire Général de Racines d’Avenir

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