« Les individualistes occidentaux ignorent le collectif et la notion de capital culturel ou social. Pour eux, l’individu né orphelin n’a pas d’enfants et reste célibataire ! Les notions de famille, de nation sont ignorées ! Les gouvernements individualistes sont donc indifférents à la disparition de leur peuple. Ils sont coupables de génocide par indifférence ! » écrivait Ivan Blot le 21 septembre dernier dans son ultime article sur le site Bd Voltaire.

Du 13 juin au 12 juillet, sur le site Polémia, il avait analysé ainsi  les quatre causes du déclin occidental : « nous avons traité de la cause finale (la vie spirituelle), de la cause formelle (le déclin politique), de la cause efficiente (le déclin culturel) et il reste à analyser la cause matérielle de la société, les bases que sont la famille et la propriété. »

Ces textes illustrent qu’avec Ivan Blot, décédé ce mercredi 10 octobre, disparaît une figure centrale d’une génération d’intellectuels, nés après la Seconde Guerre mondiale, qui ont consacré leur vie, dans un contexte hostile, à la défense et à l’illustration des peuples européens et de leur culture.

Son père Camille Blot, officier de marine, membre du réseau Combat pendant la dernière Guerre mondiale, lui avait probablement transmis l’amour de la patrie. Sa mère Adela Sophia Brys,  Polonaise, lui avait apporté une ouverture sur l’Europe centrale.

Ivan Blot est né en 1948. Après le lycée Henri IV,  il entre à l’Institut d’Études Politiques, puis à l’ENA dans la promotion François Rabelais. Il est également docteur ès sciences économiques.

C’est à Sciences Po. qu’Ivan Blot adhère au GRECE – Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne – et y fonde le cercle Pareto. C’est la première étape de ce combat qu’il poursuivra toute sa vie. il anime également un groupe d’étude du GRECE  consacré entre autres à la « politique des revenus ». Il produira de nombreux travaux dans tout domaine. Il sera membre du comité de rédaction de la revue Nouvelle École, revue théorique de haut niveau fondé et dirigé par Alain de Benoist. 

Désirant traduire dans la vie politique les études conduites au GRECE, en juillet 1974, il quitte le GRECE et cofonde le Club de l’Horloge avec Jean-Yves Le Gallou. Il y défend la constitution d’une droite sans complexe, fière de l’histoire de France, anticommuniste et libérale en économie.

Yvan Blot, un des principaux contributeurs du renouveau de la pensée philosophique et politique conservatrice nationale en France.

C’est dans cette logique que de 1978 à 1989 il participera activement à la rédaction programmatique du RPR. Il deviendra directeur de cabinet d’Alain Devaquet, puis de Bernard Pons, secrétaire général successif du RPR, le parti gaulliste créé en 1976 par Jacques Chirac. En 1986, il sera élu député de Calais.

Il rejoindra le FN en 1989 après avoir constaté que le RPR abandonnait sa ligne idéologique, en particulier sur l’immigration.

Mais c’est essentiellement son travail intellectuel qui sera au cœur de sa vie. Il va mettre en valeur les racines gréco-romaines et philosophiques dans, entre autres ouvrages, L’Héritage d’Athéna ou Les Racines grecques de l’Occident, La Politique selon Aristote : leçon du passé pour le présent, La Transmission de la culture grecque aux Romains, Notre héritage grec.

Il montrera comment la démocratie n’appartient plus au peuple et préconisera un système à la suisse dans La Démocratie confisquée, L’Oligarchie au pouvoir, La Démocratie directe : une chance pour la France.

Pour diffuser ses études, il créera et animera diverses structures dont  l’Institut néo-socratique (INSO), l’association Agir pour la démocratie directe (APD), qui prend la suite de l’Association pour le développement de la démocratie directe.

Enfin, il s’intéressera à la situation russe. Il sera coopté en 2014 au Club Valdaï. Il sera membre du conseil des experts du centre d’analyse international Rethinking Russia et du conseil d’administration de Dialogue franco-russe. Un de ses derniers livres traitera de la Russie de Poutine.

Par son travail intellectuel et son engagement, Ivan Blot a été un des principaux contributeurs du renouveau de la pensée philosophique et politique conservatrice nationale en France.

Thierry Monvoisin

Liste des principaux ouvrages d’Yvan Blot :

  • Les Racines de la liberté, Albin Michel, 1985, 258 p. .
  • Dir., La Démocratie confisquée, Picollec 1989
  • Baroque et Politique, 1992, Éditions nationales.
  • L’Héritage d’Athéna ou Les Racines grecques de l’Occident, Presses bretonnes,1996
  • La Politique selon Aristote : leçon du passé pour le présent, Melz-sur-Seine, Nation et Humanisme, 1997, 130 p.
  • La Transmission de la culture grecque aux Romains, Melz-sur-Seine, Nation et Humanisme, 1998, 58 p.
  • Notre héritage grec, le Rocher, 2006
  • Mitterrand, Le Pen : le piège : histoire d’une rencontre secrète, Le Rocher, 2007, 285 p.
  • Herbert Spencer, un évolutionniste contre l’étatisme, les belles lettres, 2007, 320 p.
  • L’Oligarchie au pouvoir, Economica 2011, 144 p.
  • La Démocratie directe : une chance pour la France, Economica, 2012, 224 p.
  • Les Faux prophètes : Voltaire, Rousseau, Marx et Freud, 2013, 220 p.
  • L’Europe colonisée, Apopsix, 2014, 310 p.
  • Nous les descendants d’Athéna, t. 2, Apopsix, 2014, 382 p.
  • Nous les descendants d’Athéna, t. 1, Apopsix, 2014, 380 p.
  • L’Homme défiguré, Apopsix, 2015, 380 p.
  • (ru) прямая демократия [« La Démocratie directe »], Moscou, Kmbook,‎ 2015, 304 p. .
  • La Russie de Poutine , Paris, Bernard Giovanangeli, 2015, 204 p.
  • (ru) россиа путина [« Vladimir Poutine »], Moscou, Kmbook, 2016, 240 p.
  •  Le Terrorisme islamiste, une menace révolutionnaire : suivi d’Un entretien de Roger Marion sur l’action contre-terroriste en France, Kaysersberg, Apopsix, 2016, 246 p.
  • L’Homme héroïque : un idéal pour notre survie (préf. Antoine Martinez), Kaysersberg, Apopsix, 2016, 286 p.
  • Patriotisme et résistance, Paris, Bernard Giovanangeli, 2018, 200 p.

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