Au fil du temps, le Salon d’Art de Saint-Aignan-Grandlieu a su se faire un nom, qui dépasse largement les limites de la commune et de la Loire Atlantique. Pour sa vingt-sixième édition, organisée par la municipalité dans la salle de l’Héronnière, 26 artistes, 17 peintres et 9 sculpteurs, présentent leurs œuvres. Tous ont du talent, qu’ils aient un bagage académique ou qu’ils soient autodidactes. Chaque artiste sélectionné expose des œuvres inédites autour de deux invités d’honneur Jean-Yves Marrec  peintre et Alain-Marie Parmentier, sculpteur, choisis par le commissaire du salon Jean-Joël Brégeon.

Lors du vernissage de l’exposition le 26 octobre, Jean-Joël Brégeon s’est livré à une critique sans concession de l’art dit ‘contemporain’ qui s’est imposé depuis le début des années 1990 comme art dominant, dominateur et même éradicateur comme le résumait Paul Buren, l’homme des fameuses colonnes : « Merci à Rembrandt, Picasso, Manet, Rubens… de nous montrer tout ce qu’on ne doit plus faire et qui n’aurait jamais du être fait d’ailleurs ». L’art est devenu un produit financier spéculatif pour une hyperclasse mondialisée. C’est que le commissaire du salon a tenu à souligner en ces termes : « Nous avons en Bretagne deux grands collectionneurs d’art, Édouard Leclerc et François Pinault. Tout dans leur parcours montre qu’ils n’ont aucune connaissance approfondie de l’art. Ils se confient donc, comme dans le football professionnel à des agents, des entremetteurs moins inspirés qu’intéressés, qui suivent les courbes de l’offre et de la demande. Leurs suggestions se tournent vers tout ce qui monte vite et haut. Le ‘ fric art’, c’est cela et rien d’autre. L’œuvre est instrumentalisée, elle n’est plus qu’objet de rapport, de spéculation. La récente polémique autour du bouquet de Jeff Koons destinée à honorer les victimes du Bataclan souligne la complicité et l’ignorance crasse des édiles parisiens autour de Madame Hidalgo, mais le cas, loin d’être isolé, fait métastase dans toute la France. Quant au coup de pub du mystérieux Banksy il met à nu les limites du Fricart ou plutôt son inépuisable indécence : si je ne peux pas acheter « la petite fille au ballon rouge » alors je suis prêt à en donner le double pour avoir ses bandelettes déchirées par la machine infernale dissimulée par l’artiste à l’intérieur de l’œuvre ».

C’est l’inverse de tout cela que démontre le salon de Saint-Aignan en permettant de rapprocher les expressions artistiques d’un public qui sait les comprendre et les apprécier.

Jean-Yves Marrec

Le premier artiste à l’honneur Jean-Yves Marrec (photo en une) est un peintre pastelliste breton qui vit et travaille  à Quimper. Autodidacte, le pastel est pour lui une véritable passion. Autodidacte, il réalise principalement des marines : bords de mer,  ports et bateaux sont ses sujets de prédilection. Il se passionne aussi pour les peintures d’épaves, mélanges de gris colorés subtils et de formes étrangement séduisantes.

Alain-Marie Parmentier

Le sculpteur Alain-Marie Parmentier a aussi été mis à l’honneur cette année. Il n’ a pas de diplôme d’art non plus. Professionnel depuis 2001, vosgien installé à Nantes, il travaille aussi bien le bronze, la terre, mais c’est surtout sa passion du bois qui illustre sa créativité particulière issue de la Nature. Il la met en scène  elle-même. Créateur de formes il  travaille sur des pièces pour intérieurs  et réalise aussi des œuvres monumentales pour des espaces publics ou des parcs et jardins privés.

Jean-Pierre Chagniaud

Parmi les œuvres exposées nous avons remarqué deux tableaux  du mayennais  Jean-Pierre Chagniaud. Peintre  hyperréaliste il  arrive à créer avec le pastel sec des œuvres étonnantes, où la banale composition faite d’objets usuels arrive à transcender la réalité.

 

Christiane Routier. Inspirée par Tolkien ?

C’est Christiane Routier sculptrice à Château-Thébaud qui a remporté le prix du jury. Le modelage de la terre est son expression, elle la travaille sous toutes ses formes. Elle puise dans le monde animal des formes et des aventures évocatrices d’un monde fabuleux. Serait-elle inspirée par Tolkien ?

 

René Corbard de la Chapelle Basse-Mer est un ancien ébéniste devenu peintre. Il poursuit le travail du bois avec de petits morceaux peints qu’il fixe au cœur de ses créations. C’est une sorte de jeu de construction ou de déconstruction, des fragments de réalité qui nous emmènent dans un univers singulier et plein de poésie.

Il faudrait citer et présenter les autres artistes : les peintres  Rève Cordel, Francine Cordier, Delphine Cossais,An Depraetere, Faby, Claudy Francheteau, Christine Lannurien, Yannick Rigaud, Aurélie Sicas, Joëlle Vigaud, Bridget Vlahovic, Martine Voileau Cocaud, et les lauréates du salon 2017 Marianne Alliot et Nathalie Lehec.

Les sculpteurs Mac Aron, Jacques Billon, Martine Derigon, Marie Gérardière, Marc Platevoet, Marie-Pierre Soulairol, et Joce lauréate 2017.

Le public pourra tous les découvrir jusqu’au dimanche 11 novembre, de 15 h à 18 h en semaine de 14h à 18 h les week-ends et jours fériés.

François Cravic

Jusqu’au dimanche 11 novembre, de 15 h à 18 h, en semaine, et de 14 h à 18 h, les week-ends et jours fériés, salle de l’Héronnière. Entrée libre.

Crédit photos : Breizh-info.com
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