La presse mainstream l’évoque très peu. En Birmanie, la guerre fait rage. Voici des informations transmises par l’association Village Karenni qui poursuit un programme de développement, à la fois agricole, social et scolaire dans l’état Karenni depuis le cessez-le-feu de 2012.

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Soldat de l’Armée Karenni. Février 2018 – C. Jean MARY

Le samedi 20 octobre dernier, des combats ont éclaté dans le Sud de l’état Karenni entre l’Armée Karenni et l’Armée Birmane. Ces échanges de tirs ont fait suite à une incursion des militaires birmans sur les territoires protégés par l’Armée Karenni, en totale violation des accords de cessez-le-feu de 2012.

Conscients qu’il s’agissait d’une provocation à but politique, les responsables Karenni ont privilégié l’apaisement en ouvrant un dialogue, les jours suivants, avec les militaires birmans.

Cet accident est symptomatique d’une situation générale très tendue entre les différents groupes armés sur une grande partie du territoire de la République de l’Union du Myanmar.

Si les médias occidentaux restent focalisés sur les violences dans l’état du Rakkine (la “crise des Rohingyas), ils ont largement occulté les conflits armés qui continuent de sévir dans le reste du pays. Les ethnies montagnardes réparties sur l’Est de la Birmanie sont effectivement en conflit avec le gouvernement central depuis plus de 70 ans!

Zones de conflit dans le Nord Est de la Birmanie (état Kachin, Shan, Karenni, Karen).

L’élection d’un nouveau gouvernement ces dernières années n’a pas changé grand chose sur les conflits internes, l’Armée Birmane détenant encore une grande part du pouvoir. On dit actuellement qu’il y a deux gouvernements en Birmanie, le “nouveau gouvernement démocratique” et l’Armée Birmane (appelée Tadmadaw).

Les armées de guérilla sont fondées sur des base ethniques et œuvrent à la défense de leurs territoires (tout comme l’Armée Karenni, et les différents groupes armés Karen) face au contrôle par la violence et au pillage des ressources naturelles par les militaires birmans.

La proximité du Triangle d’Or (zone de trafic à cheval sur la Thaïlande, le Laos, la Birmanie et la Chine) et la présence des “narco-armées” (groupes armés impliqués dans le trafic de drogue) ajoutent à la complexité de ces  conflits. De nombreux enfants sont enrôlés de force comme porteurs ou combattants dans l’un ou l’autre camp. Ils restent les premières victimes de ce qui est aujourd’hui la plus longue guerre civile de l’histoire contemporaine.

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