Symptôme du triomphe des bourgeois gauchistes de Mai 68, Daniel Cohn-Bendit (73 ans) et Romain Goupil (67 ans) promènent leur arrogance satisfaite sur les plateaux des télévisions d’information.

Non que ces compères au verbe haut aient des compétences particulières à faire valoir quant aux sujets de société traités, divers et changeants, mais parce qu’ils ont conquis une étonnante rente de situation médiatique en (vieux) enfants chéris du capitalisme mondialisé. Le tutoiement de supériorité aux lèvres, ils plastronnent, qui en connivence avec Luc Ferry, qui en expert en généralités auprès de David Pujadas.

Mercredi 28 novembre au soir, sur LCI, Goupil était, une fois de plus, convié sur le plateau de Pujadas pour la « Grande explication », avec un fort panel d’invités choisis face à quelques Gilets Jaunes. Le réalisateur de Mourir à trente ans (1982), très imbu de lui-même comme de coutume, s’est d’abord fait joliment rabrouer par une jeune femme des Gilets jaunes qui lui a interdit de la tutoyer (voilà une belle leçon dialectique de dignité). Mais le comble de l’indécence fut atteint lorsque Goupil s’opposa véhémentement aux Gilets jaunes qui protestaient contre des violences policières commises sur les Champs-Élysées le samedi 24. LCI avait en effet rediffusé la vidéo d’un homme âgé en gilet jaune, seul et pacifique, frappé jusqu’à terre par des CRS. Goupil, courroucé par la légitime indignation des Gilets jaunes présents sur le plateau, bien oublieux du slogan « CRS-SS ! » de ses années 1968-73,  a éructé un étourdissant : « mais la manifestation était interdite ! ». Géant !

Tonton Goupil ose tout, et pour paraphraser Michel Audiard, c’est même à ça qu’on le reconnaît. Les interdictions de manifester n’ont pas empêché étudiants gauchistes de 1968 de manifester et pas du tout pacifiquement. Alors lycéen membre de la Ligue communiste, Goupil participait aux désordres, avant de se faire connaître par  son film précité, fait à la gloire posthume de son ami Michel Recanati, meneur en son temps de manifs violentes et interdites ! Il faut croire que les CRS de l’époque étaient fascistes, alors que ceux d’aujourd’hui sont portés par la grâce suave des droits de l’homme progressiste. Figure emblématique du Boboland germanopratin, Goupil comme ses semblables aimait le prolétariat virtuel international, fantasmé à loisir dans les vapeurs artificielles de l’idéologie marxiste. Mais il n’a que mépris pour le prolétariat réel français, à l’image de tous ces parvenus de l’après Soixante-huit. Le mythe du 14 juillet doit représenter quelque chose pour lui et les siens. Une manifestation pourtant interdite déjà : « A ça ira, ça ira, les Bobos à la lanterne … » ?

Éric Delcroix
30/11/2018

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : LCI
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