Le 3 janvier 1868 au Japon, après plus de deux siècles, la période Tokugawa (celle des shogun) se referme. L’empereur Mutsuhito quitte symboliquement Kyoto et s’installe à Tokyo. La charte de 1868 met fin au repli du pays sur lui-même. C’est le début de l’ère Meiji (« de la politique éclairée »).

Ce jour là les partisans de l’empereur proclament la restauration du pouvoir impérial. Les forces du shogun sont ensuite battues par les clans Satsuma et Chôshû lors de la guerre du Boshin (janvier 1868- mai 1869). Edo, capitale du shogunat et ancienne appellation de Tokyo, tombe définitivement sous le coup des forces impériales en juillet 1868. Les dernières armées shogunales sont vaincues en mai 1869.

Voici ce qu’en dit l’encyclopédie Universalis : 

Meiji est avant tout un nengō, c’est-à-dire un nom d’années. Le 23 octobre 1868, la cour impériale du Japon promulgua un décret annonçant que le nouveau nengō serait Meiji (« politique éclairée ») pour commémorer l’instauration du nouveau régime impérial. Mais, en même temps, elle modifiait la coutume se rapportant au changement de nengō. Antérieurement, l’année pouvait, en effet, recevoir un nouveau nom à l’occasion d’un événement quelconque de grande importance, faste ou néfaste ; désormais, seul le décès de l’empereur pourrait déterminer le changement du nengō.

C’est ainsi que, l’empereur Meiji étant mort en la quarante-cinquième année de son règne, le 30 juillet 1912, le nengō devint aussitôt Taishō (« grande justice »), avec rétroactivité jusqu’au 1er janvier de la même année : pour l’historiographie japonaise, toute l’année 1912 est la première année Taishō. De même, l’empereur Taishō ayant disparu le 25 décembre 1926, toute cette année-là est considérée comme la première année Shōwa (« paix brillante ») ; 1975 est donc la cinquantième année Shōwa.

Par conséquent, le nengō correspond aussi, depuis 1868, au nom de règne d’un empereur. Et le nom du règne n’est décerné à l’empereur qu’à son décès, à titre honorifique posthume ; de son vivant, l’empereur ne reçoit, protocolairement, aucun nom, il est simplement l’« empereur régnant » (Kinjō).

Voici quelques vidéos sur cette époque :

Photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019 dépêche libre de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine