Patrick Le Hyaric est un patron avisé. Avant même la mise en redressement judiciaire de L’Humanité par le tribunal de commerce, il avait songé à mettre le titre à l’abri d’une éventuelle future liquidation.

Patrick Le Hyaric avait tout prévu. Il a donc anticipé le naufrage du quotidien L’Humanité dont il est le directeur, sans attendre la déclaration de cessation de paiements effectuée le 25 janvier. En effet, jeudi 7 février, le tribunal de commerce de Bobigny a décidé de placer L’Humanité en redressement judiciaire, assorti d’un plan de continuation, avec une période d’observation de six mois renouvelable.

Certes une « souscription exceptionnelle » est en cours : « Des centaines de lectrices et lecteurs ont apporté en quelques jours 700 000 euros en souscription populaire. Quelque 470 abonnements ont été réalisés en moins de dix jours » (L’Humanité, 8-9-10 février 2019). Mais il est à craindre que cet effort militant ne soit pas suffisant pour retrouver l’équilibre financier à la fin de ce semestre. Car le titre « aurait perdu plus de 1 million d’euros en 2018, notamment en raison d’une nette baisse de ses recettes publicitaires. Sa dette s’élèverait à 7 millions » (Le Monde, jeudi 31 janvier 2019). Si tel était le cas, la liquidation judiciaire resterait la dernière solution pour le tribunal de commerce.

Une précaution prise dans le contexte très incertain du journal

C’est là qu’intervient l’astuce de Patrick Le Hyaric. «  En toute discrétion, la marque L’Humanité a été sortie en décembre 2018 des actifs de la Société nouvelle du journal L’Humanité (SNJH). L’identité de son nouveau propriétaire n’a pas été précisée au sein du quotidien communiste. » Et comme cette opération est intervenue en amont de la déclaration de cessation de paiements, effectuée le 25 janvier, s’il y avait par la suite liquidation judiciaire de la SNJH, une autre société pourrait ainsi récupérer le titre et relancer le journal – dans d’autres conditions économiques : pas question de fonctionner avec plus de 200 salariés, dont 170 cartes de presse. « D’après plusieurs sources concordantes, l’extraction de la marque L’Humanité serait une précaution prise dans le contexte très incertain du journal et l’arrivée possible d’investisseurs extérieurs à la galaxie communiste » (Valeurs actuelles, 7 février 2019).

Dans ces conditions, si l’avenir de L’Humanité demeure « très incertain », celui de son directeur, Patrick Le Hyaric, l’est tout autant. En effet, député européen sortant, ce qui lui assure un beefsteak confortable, sa carrière risque de prendre fin en mai. En effet, tous les sondages indiquent un résultat catastrophique pour la liste du PCF. Un exemple des intentions de vote : 2% (avec ou sans Gilets jaunes), d’après l’institut Elabe (BFM TV, mercredi 23 janvier 2019). Or, à moins de 5% une liste ne peut prétendre obtenir des élus. Fin des haricots pour Le Hyaric !

La reconversion du directeur de L’Humanité s’impose donc. Breizh-info avait déjà suggéré son embauche par Ouest-France ou Le Télégramme comme chef d’une agence locale. A Carhaix, par exemple. Confraternité oblige ! Là le Breton Le Hyaric découvrirait une autre réalité : la Bretagne profonde ; ce qui le changerait des immigrés de la Seine-Saint-Denis.

Bernard Morvan

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