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Il s’en passe des choses lors de la fête de L’Huma. Et pas seulement dans les stands et sur la scène. Patrick Le Hyaric n’est peut-être pas au courant.
Plus féministe que le Parti communiste, c’est difficile à trouver. Tout le monde le sait. Dans le discours des dirigeants du PCF, en particulier du temps de Marie-Georges Buffet, le féminisme a la même importance que l’antiracisme, les droits de l’homme, la lutte contre toutes les discriminations, l’immigrationnisme… Il n’y a que la défense des intérêts des classes populaires, avec les méfaits de la mondialisation, dont on ne parle pas.
Du harcèlement au viol
La preuve vivante – on pourrait même dire dynamique – de ce « féminisme » à la sauce Colonel-Fabien est apportée par une enquête du Monde (mardi 12 mars 2019). En deux pages, le quotidien du soir présente les témoignages de militantes ; ces dernières dénoncent les agressions allant du harcèlement au viol dont elles ont été victimes. Les faits se sont déroulés principalement au sein du Mouvement des jeunes communistes de France.
Quelques extraits montrent en quoi consiste le féminisme-communisme. « Ce climat hostile et agressif pour les femmes – certains parlent de “boys club” qui existent dans plusieurs fédérations – semble particulièrement prégnant lors des moments festifs, des camps d’été organisés par la JC ou des fêtes de L’Huma. »
Une étoile pour un baiser, deux pour une fellation…
À coup sûr le stakhanovisme et le « développement des forces productives » ont laissé des traces chez les communistes. C’est ce qu’on croit comprendre en poursuivant la lecture du Monde. « L’atmosphère relève parfois même de la “faluche” avec ses palmarès et ses trophées. Plusieurs militantes relatent ainsi le “jeu des étoiles” en cours lors du camp d’été en Bretagne en 2016. Rien à voir avec l’astronomie ; il s’agit d’un “concours” où les filles sont notées avec des étoiles en fonction de leur disponibilité sexuelle ; une pour un baiser, deux pour une fellation… « Le summum étant la sodomie. Les filles mineures ont un bonus », lâche, outrée, Alice d’Amiens. »
Il va de soi que les journalistes de L’Humanité sont mieux placés que ceux du Monde pour creuser la question du féminisme-communisme. S’ils sont capables de sortir cinq pages sur la situation en Algérie (mercredi 13 mars), ils peuvent faire tout aussi bien sur ce sujet interne à la maison PCF. Disposant des relations nécessaires dans les fédérations et de la connaissance des acteurs, la tâche leur sera facilitée pour sortir une enquête percutante ; elle sera même citée en exemple dans la revue de presse de France Inter ! En attendant, Maurice Ulrich pourrait trouver dans le féminisme-communisme le sujet de son prochain billet (35 lignes).
Question à Patrick Le Hyaric : les militantes qui ont été violées participent-elles à la « souscription exceptionnelle » organisée dans le cadre de la « mobilisation pour L’Humanité » ?
Bernard Morvan
Crédit photo : David Monniaux/Wikimedia (cc)
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