Bloody sunday. Polémique en Irlande et au Royaume-Uni avant les possibles condamnations de soldats britanniques

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Le député conservateur Boris Johnson a laissé entendre ce week-end qu’il y’avait certainement des motivations d’ordre politique à ce que des soldats impliqués dans le Bloody Sunday soient possiblement prochainement être accusés de meurtre.

L’ancien ministre des Affaires étrangères commentait les informations parues dans le Daily Telegraph de samedi dernier selon lesquelles jusqu’à quatre anciens soldats britanniques pourraient être accusés de la mort de 14 manifestants non armés à Derry en 1972.

https://www.youtube.com/watch?v=YRXiYwUXRuw

Johnson a affirmé qu’il y aurait beaucoup de colère si les quatre hommes venaient à être inculpés, et si, dans le même temps « le gouvernement laissait les anciens membres de l’IRA s’en tirer ». Evoquant les 4 soldats britanniques possiblement inculpés, Boris Johnson écrit : « Ils ne se sont pas levés le matin avec l’intention de tuer et mutiler des civils innocents ». « Voulons nous vraiment envoyer de vieux soldats mourir en prison – après avoir donné à des dizaines de terroristes recherchés une carte de sortie de prison en vertu de l’Accord du Vendredi saint ? Est-ce équilibré ? Est-ce que c’est juste ? »

Bien que Johnson ait ajouté que personne ne devrait être à l’abri de la justice, il a affirmé qu’il était maintenant impossible de connaître la vérité sur ce qui s’est passé durant le Bloody Sunday, suggérant que la mort des manifestants pourrait avoir été le résultat de la « confusion et de la panique. Cette affaire ne sent pas bon, et devrait être dénoncée : nous n’avons rien de neuf à tirer d’un nouveau procès ».

Dans un tweet subséquent, l’ancien maire de Londres Boris Johnson a également déclaré que si l’affaire se poursuivait, la politique prendrait le pas sur la Justice.

Boris Johnson n’est pas le seul à s’étrangler suite à l’annonce d’un procès possible visant ces soldats : Johnny Mercer, député conservateur et ancien capitaine de l’armée, a déclaré qu’il était scandaleux que des anciens combattants puissent être accusés tant d’années après l’événement. « Quel est l’intérêt de poursuivre les soldats près d’un demi-siècle après les événements qui ont déjà fait l’objet d’une enquête ? Je pense que les britanniques ne verront pas d’un bon œil la décision prise d’inculper les anciens combattants 47 ans après l’événement »

Regina McLaughlin, dont le père Gerry McKinney a été tué lors du Bloody Sunday, a également déclaré : « Quel est l’intérêt de les mettre en prison ? Leurs enfants et petits-enfants vont les perdre, tout comme j’ai perdu mon père. Je veux qu’ils soient poursuivis juste pour montrer qu’ils ne s’en sont pas tirés. Ces soldats sont vieux maintenant. Ils meurent, et certains d’entre eux sont déjà morts.»

La sortie de Boris Johnson a été critiquée par des responsables politiques en Irlande du Nord, certains s’interrogeant sur la définition de la Justice pour le député conservateur. Stephen Farry  de l’Alliance Party (unioniste libéral Irlande du Nord) : « D’après ce que je sais du système judiciaire, nous laissons à la police le soin d’enquêter, au ministère public celui de prendre des décisions en matière de poursuites et aux tribunaux de prendre des décisions fondées sur des preuves. C’est la règle de droit.»

Le député du Sinn Féin, Chris Hazzard, a ajouté qu’un procès permettrait de faire respecter le droit international en veillant à ce que les forces armées ne puissent pas agir en toute impunité.

Le 14 mars, le ministère public d’Irlande du Nord (PPS) annoncera si l’un ou l’autre des anciens soldats fera l’objet d’accusations en relation avec le Bloody Sunday et la mort de 14 hommes en janvier 1972 lors d’une marche en faveur des droits civiques, en Irlande du nord, à Derry. Les soldats, qui ont maintenant entre 60 et 70 ans, pourraient passer le reste de leur vie en prison.

En 2010, le rapport Saville a établi que toutes les personnes tuées ou blessées ce jour-là étaient innocentes. Le premier ministre David Cameron avait présenté des excuses officielles à la Chambre des communes, qualifiant les fusillades d’injustifiées et injustifiables. En 2012, la police nord irlandaise avait ouvert une enquête pour meurtre, transmettant les dossiers au ministère public en 2016. La police a conclu que des accusations pouvaient être portées contre 18 anciens soldats.

En cette période de Brexit et de regain de tension en Irlande, et notamment en Irlande du Nord, ce dossier mémoriel n’arrive sans doute pas au bon moment…

L’expression Bloody Sunday désigne un triste épisode de l’histoire irlandaise. Elle fait allusion aux événements du dimanche 30 janvier 1972 à Derry en Irlande du Nord, où 14 manifestants pacifiques marchants pour les droits civiques furent tués par des tirs de l’armée britannique. Cette journée marquera également un basculement dans la guerre civile en Irlande du Nord, les Troubles.

LES VICTIMES DU BLOODY SUNDAY

  • John Johnston, 59 ans. Le premier touché, il ne décèdera que plusieurs jours après.
  • Jack Duddy, 17 ans. Tué alors qu’il traversait en courant Rossville Street.
  • Michael Kelly, 17 ans. Reçu une balle dans l’estomac, il mourut après plusieurs minutes.
  • James Wray, 22 ans. Fut blessé en traversant Glenfada Park. Achevé à bout portant.
  • Gerald McKinney, 35 ans. Reçu une balle en pleine poitrine alors qu’il se rendait aux soldats mains au dessus de la tête à Glenfada Park.
  • William McKinney, 26 ans. Tué alors qu’il porte secours à Gerald MacKinney.
  • Gerald Donaghey, 17 ans. Frappé à l’abdomen. Décède sur le chemin de l’hopital.
  • John Young, 17 ans. Fauché par une balle en pleine tête.
  • Michael McDaid, 20 ans. Même sort que John Young au même endroit.
  • William Nash, 19 ans. Toujours au même endroit, sur Rossville Street, reçoit une balle en pleine poitrine.
  • Patrick Doherty, 31 ans. La balle rentre par la fesse, lui traverse l’estomac et ressort par la poitrine. Il meurt sur le coup.
  • Bernard McGuigan, 41 ans. La balle pénètre l’arrière de la tête et le tue instantanément.
  • Hugh Gilmour, 17 ans. La balle le traverse de part en part alors qu’il rampe vers Rossville Street.
  • Kevin McElhinney, 17 ans. La balle voyage à travers son corps, rentrant par l’anus et ressortant par son épaule.
  • Patrick O’Donnel, Patrick McDaid, Alex Nash, Patrick Campbell, Peggy Deery, Daniel McGowan, Michael Bridge, Michael Quinn, Joseph Mahon, Joseph Friel et Michael Bradley furent blessés par balle.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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