Quelques jours après la signature d’un contrat avec la société espagnole Repsol pour la livraison en GNL (gaz naturel liquéfié) lors des escales de son futur navire Salamanca en Espagne, Brittany Ferries vient cette fois-ci de signer une nouvelle convention avec l’ENSM (École Nationale Supérieure Maritime).

Brittany Ferries : initiative salutaire pour les élèves officiers

Le document a été formalisé à bord du Pont-Aven le mardi 5 mars tandis que le navire amiral de l’armement breton était en escale à Saint-Malo. En quoi consiste donc ce partenariat ?

Tout d’abord, pour la 5ème année consécutive, des sessions « school in ship » sont organisées afin de permettre à des classes d’étudiants de l’ENSM d’embarquer plusieurs jours par an à bord des navires Brittany Ferries. Encadrés par leurs enseignants et des officiers de la Compagnie, ils s’entraînent, en immersion, aux gestes et bonnes pratiques de leur futur métier.

De plus, prochainement, la compagnie accueillera, sur des traversées à visée pédagogique, les enseignants de l’ENSM. Par l’enrichissement des échanges avec son personnel de bord, Brittany Ferries offre l’opportunité à l’ENSM de maintenir et développer les compétences de son personnel. Un point particulièrement important tandis que les navires ont connu une profonde modernisation technologique et digitale ces deux dernières décennies. Sans parler des évolutions des modes de propulsion, le cas de Brittany Ferries avec ses deux nouvelles unités fonctionnant au GNL en étant l’illustration parfaite.

ENSM : mise à jour pour les enseignants

Présent à bord du Pont-Aven pour l’officialisation de ce partenariat, le directeur général de l’ENSM Patrice Laporte a rappelé que « la principale mission de l’ENSM est de répondre aux besoins des acteurs de l’économie maritime. En multipliant les échanges avec Brittany Ferries, l’École améliore son écoute du premier employeur d’officiers français [NDLR : environ 220 officiers et 700 équipages] et développe ses compétences. C’est un partenariat qui valorise la formation et le métier ».

Une mise à jour pédagogique salvatrice lorsque l’on sait que les enseignants actuels de l’ENSM, anciens navigants (à la carrière plus ou moins longue) pour la plupart, ont, pour certains, posé leur sac à terre depuis plus de 15 ans…

Pour le Directeur Pôle Armement, Opérations Maritimes et Portuaires de Brittany Ferries Frédéric Pouget, « avec trois nouveaux navires à la pointe de la technologie prévus d’entrer en service entre 2019 et 2022, Brittany Ferries prépare son avenir. Ainsi à travers ce partenariat avec l’ENSM, la Compagnie participe au développement des compétences maritimes en France et pourquoi pas à susciter de nouvelles vocations ».

ENSM
Les élèves de l’École Nationale Supérieure Maritime en formation à bord du Pont-Aven de Brittany Ferries © Brittany Ferries

ENSM : le retour en grâce ?

Quant aux vocations justement, comment se portent les effectifs de cette ENSM jadis appelée Hydro ? L’école forme les officiers de la marine marchande et des ingénieurs maritimes, soit environ 1000 élèves et 3000 stagiaires par an sur ses quatre sites de Nantes, de Saint-Malo, du Havre et de Marseille.

Après une décennie 2010 marquée par les incertitudes pour l’avenir de l’ENSM et les différentes réorganisations des cursus, l’institution espère désormais retrouver la sérénité. Pour rappel, la direction de l’ENSM avait mis en place une nouvelle réforme de ses formations en 2011 conduisant notamment à la délivrance d’un titre d’ingénieur au terme de la cinquième année d’enseignement. Les premiers diplômés de ce nouveau cursus sont arrivés sur le marché de l’emploi en 2016. Avec des retours d’expérience mitigés.

Toutefois, l’École Nationale Supérieure Maritime comme les armateurs hexagonaux se veulent optimistes pour l’avenir. Il est vrai que la marine marchande française voit un certain nombre de ses navigants approchés de l’âge de la retraite, nécessitant un recrutement en conséquence. Des bémols existent aussi puisque le transport maritime a été en proie à l’instabilité ces dernières années, comme en témoigne la flambée du baril en 2018, laquelle avait handicapé le secteur.

Cependant, l’ENSM se veut désormais optimiste et croît aux perspectives d’emplois pour ses élèves puisque le nombre de places octroyées en filière ingénieure (ancienne filière A) va passer de 110 en 2018 à 130 pour la rentrée de septembre 2019. En attendant l’arrivée future de navires autonomes dans les armements français ? Une situation à laquelle l’ENSM devra, une nouvelle fois, s’adapter…

Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/Dan Davison)
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