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Les abonnés à la chaîne National Geographic ou au bouquet satellite vont pouvoir se faire quelques frayeurs, attraper quelques vertiges, avoir des frissons. Free Solo, documentaire couronné de l’oscar du meilleur film documentaire, débarque en effet dans leurs salons, même si la thématique du document lui donnerait un intérêt particulier à être vu sur un très, très, très grand écran.
Ce film réalisé par Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin raconte la préparation et l’ascension de la totalité de la paroi d’El Capitan en 2017, par Alex Honnold, un Américain de 33 ans, pas construit comme vous et moi, et qui effectue sans la moindre corde, en escalade libre, cette ascension. Erreur interdite, car erreur = mort assurée.
El Capitan, c’est une formation rocheuse de près d’1 km de haut (il faut le voir pour se rendre compte de la hauteur folle), située dans le massif du parc national de Yosemite, en Californie. Une formation rocheuse impressionnante, terrifiante.
Le documentaire, vraiment superbement réalisé, suit Alex Honnold dans les mois qui précèdent son ascension. Dans sa préparation, dans sa vie intime même. On y voit des paysages somptueux. On se prend à avoir terriblement peur pour cet homme, cet aventurier solitaire et bien particulier humainement, qui vit chaque instant comme s’il pouvait mourir l’instant d’après. Un sportif hors norme, faisant énormément de sacrifice pour exercer sa passion.
Les témoignages des proches d’Honnold sont parfois un peu gnangnan, alors même qu’une partie de ses proches sont eux aussi des aventuriers qui prennent des risques insensés parfois. La palme revient tout de même à sa petite amie, qui le perturbe au point de provoquer, même involontairement, deux chutes à l’entraînement, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant, ainsi qu’un report de l’ascension finale.
Alex Honnold est un aventurier, à la recherche d’une limite, qu’il n’a, pour le moment, jamais trouvée. Il finira sans doute, comme beaucoup d’autres qui sont morts avant lui, par la trouver. Et ce sera d’ailleurs sans doute pour lui une plus belle fin que celle que le reportage laisse entrevoir, dans une maison froide de Las Vegas, avec une petite vie rangée. Une vie alternative que sa personnalité ne lui permettra de toute façon sans doute jamais d’avoir réellement, si tant est qu’Alex Honnold le veuille vraiment.
On vous recommande vivement de regarder, de découvrir Free Solo. Un magnifique reportage sur le dépassement de soi, sur la folie, sur l’appel des sommets, des défis, de l’aventure, mais aussi, d’une certaine façon, de la mort, qui attend, au bout, non pas du documentaire, mais de ces tentatives répétées de chercher sa limite.
Crédit photo : DR
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