Samedi 23 mars, à Nantes, tandis que des Gilets jaunes épars – les appels régionaux avaient lieu au Mans, à Angers, Saint-Brieuc, Vannes – et une partie de l’extrême gauche locale manifestaient d’abord route de Vannes, puis en centre-ville, sous les lacrymos, deux bus ont été caillassés, un troisième visé par des petits plombs. Un autre bus, sur la ligne 23, l’avait été au début du mois de mars dans le quartier de Port Boyer.

Selon nos informations, deux bus ont été caillassés dans les quartiers dits sensibles de Bellevue et de Malakoff « en plein après-midi du samedi », un troisième aurait été visé par des petits plombs à hauteur de l’arrêt Hongrie, sur le C3. Selon un proche du dossier, « il n’y a pas eu de blessés, mais des vitres ont été étoilées. Comme d’habitude, motus, le contribuable nantais paiera ».

« Ce ne sont pas les lignes qui sont dangereuses ; c’est qu’on transporte des gens dangereux »

Un conducteur habitué de la ligne considère quant à lui que « la C3 est la ligne la plus chaude du réseau, avec la C20 ». Un de ses collègues nuance : « ce ne sont pas les lignes qui sont dangereuses ; c’est qu’on transporte des gens dangereux, en fait, une merde peut arriver n’importe où, même cours des 50 Otages ou derrière Graslin ». Un contrôleur ajoute : « de toute façon, à chaque fois que quelqu’un pourra essayer de se soustraire au contrôle, il tentera sa chance. Donc les gens forcent, tapent et cassent. C’est devenu banal ».

Nous n’avons pu joindre la direction de la TAN pour confirmer ou infirmer ces faits – quant au compte twitter officiel, il est très discret sur les « incivilités » du réseau depuis peu, officiellement car l’un des community manager est malade. Du coup, pas d’info trafic le dimanche et certains soirs.

« Entre notre direction et Johanna Rolland, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, ils se taisent pour des raisons politiques. »

« De toute façon, moins ils en parlent, mieux ils se portent », relève un conducteur de bus. « Entre notre direction et Johanna Rolland, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, ils se taisent pour des raisons politiques. Qu’on se fasse agresser tous les jours, que tous les jours les contrôleurs en prennent plein la gueule, ils n’en ont rien à foutre. Et ils n’en auront rien non plus à faire si un jour il y a un mort. Ils diront que c’est un cas isolé, qu’il ne faut pas stigmatiser, pas généraliser. Avec une, voire deux agressions graves par jour, ça fait des centaines de cas isolés par an, il y a de quoi remplir quelques trams ! Faut arrêter de prendre les Nantais pour des c… ».

LM

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