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La rue Gresset part de la place Graslin. Elle longe les immeubles de rapport qui donnent sur le Cours Cambronne. Cette artère s’inscrit dans le périmètre loti à la fin du 18° siècle, à partir des plans de Ceineray et Crucy. Tout l’esprit géométrique des Lumières attaché à ordonner, à rationaliser la vie et les parcours des Nantais.
Jean-Baptiste Louis Gresset (1709-1777) n’a jamais mis les pieds à Nantes. Il était d’Amiens et suivit un parcours très « macronien » : études au collège jésuite de sa ville puis à Paris à Louis-le-Grand. Les salons parisiens le reçurent, il se fit poète. Il écrivit, dans le genre badin Vairvert ou les voyages du perroquet… qui fit un tabac. Est badin, dit le Robert « qui aime à rire, à plaisanter ».
La supérieure du couvent de Visitandines où Gresset avait logé son perroquet s’étant plainte, Gresset renonça à sa carrière ecclésiastique. Il s’essaya au théâtre, continua dans le genre héroï-comique et finit à l’Académie française. Tard marié, il renia ses écrits de jeunesse, son perroquet et sombra dans la bigoterie. Voltaire le railla :
« Je rencontrai Gresset dans un Caffé,
Gresset dévot, longtemps petit badin,
Sanctifié par ses palinodies,
Il prétendait avec componction
Qu’il avait fait jadis des Comédies,
Dont à la Vierge il demandait pardon. »
Gresset aurait-il fréquenté la table du 12 dans la rue qui porte son nom ? Les bigots déclarent redouter la chair et fuir la bonne chère.
Imagine, une cuisine simple et raffinée à la fois
Imagine est ouvert depuis octobre 2017. Sa cheffe Anne-Lise Genouel concocte une cuisine simple et raffinée à la fois. Le sommelier Samy connaît son métier. Le cadre est sobre, aéré, très agréable, le service impeccable.
Au déjeuner, pour 19 euros, trois services. Œuf poché crème d’avocat et coriandre ou gravlax de saumon ; aiguillette de canard, purée de carotte, blettes, pommes grenailles ou lieu jaune, bouillon de langoustines, purée de panais… ; nage de rhubarbe et badiane, mousse de fromage blanc ou baba clémentine et romarin.
Deux flacons, Muscadet Jardin d’Édouard « L’Hermitage » 2016 et Saumur Domaine Saint-Martin, « La pierre frite » 2016. Parfaits tous les deux et de plus abordables.
Imagine propose un brunch le dimanche, des soirées tapas… On s’y presse, la table est connue, reconnue sauf pour les lambins du Michelin. Ce n’est pas grave.
Jean HEURTIN
*IMAGINE 12 rue Gresset, Nantes.
Crédit photo :DR
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