L’Académie de médecine tire la sonnette d’alarme concernant la consommation d’alcool en France. Celui-ci serait la cause de 41 000 décès par an dans l’Hexagone. Des mesures plus fortes doivent donc être prises.

Alcool : l’Académie de médecine alerte

L’alcool, un problème de société ? C’est ce que sous-entend l’Académie nationale de médecine qui interpelle les pouvoirs publics afin de prendre des mesures en conséquence. Dans un communiqué de presse du 29 avril, l’institution évoque ce phénomène en précisant que l’alcool occasionne environ 41 000 décès chaque année en France.
Mais, fait alarmant, la consommation d’alcool ne baisse plus dans le pays. Une première depuis la seconde guerre mondiale ! Pour l’Académie de médecine, il s’agit d’une « défaite majeure pour la santé publique ». Ainsi, cette consommation est restée sensiblement stable entre 2013 et 2017 selon les chiffres publiés au mois de février dernier par Santé publique France. Un phénomène inquiétant lorsque l’on rappelle que l’alcool est la première cause évitable de mortalité chez les 15-30 ans. Et la deuxième cause évitable de décès de toutes causes et par cancers.
Par ailleurs, l’alcool est impliqué dans 40% des violences faites aux femmes et aux enfants et un tiers des décès par accidents de la route. Toujours selon Santé publique France, 10,5 millions d’adultes boivent trop d’alcool dans l’Hexagone.

Un prix minimum pour la vente d’alcool

Face à ce constat, l’Académie nationale de médecine réclame des mesures fortes de la part des autorités. Selon elle, il y a eu un « affaiblissement continu de la loi Evin sous la pression du lobby alcoolier, jusqu’à autoriser la publicité sur l’internet, support médiatique particulièrement affectionné des jeunes ».

Pour l’Académie, un retour aux « principes initiaux » de cette loi est donc nécessaire. Mais l’organisme préconise également d’autres mesures. À commencer par une nouvelle mention : « l’alcool est dangereux pour la santé » et non plus seulement « l’abus ». Autre idée, celle de taxer les boissons au gramme d’alcool. Ou encore de fixer un prix minimum de vente par gramme d’alcool. Des dispositions qui, si elles étaient retenues et appliquées par l’État, feraient grincer des dents. Chez les acteurs économiques liés à l’alcool comme chez certains consommateurs. Mais l’Académie nationale de médecine rappelle à ces sceptiques que l’alcool est aussi la première cause de retard mental de l’enfant et de démence précoce.

Enfin, le coût social de l’alcool en France est évalué à 120 milliards d’euros par an. Les intérêts de la santé et des finances publiques sont ainsi convergents…

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/rawpixel)
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