Réchauffement climatique : les émissions de CO2 franchissent un nouveau record

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La quantité de dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère a franchi un nouveau record alarmant le 11 mai dernier. Le réchauffement climatique pourrait s’accélérer.

CO2 : 415,26 ppm relevées

Inquiétant record que celui qui a été atteint le 11 mai 2019. L’Institut d’Océanographie Scripps, basé à San Diego (États-Unis), mesure quotidiennement à Mauna Loa (plus grand volcan de l’archipel de Hawaï) la concentration de CO2 dans l’atmosphère depuis 1958. L’observatoire a été construit à cet endroit spécifiquement pour tester la qualité de l’air car il est éloigné des continents et de la pollution. Il vient ainsi d’effectuer un relevé record de 415,26 ppm (parties par million). Une concentration qui est tout simplement considérée comme la plus élevée dans l’histoire de l’humanité.

Cette quantité de 415,26 ppm signifie que, dans un million de molécules d’air, composé en majorité par de l’azote, à 20 % d’oxygène et à 1 % de gaz rares, 415,26 molécules sont du dioxyde de carbone.

L’évolution du dioxyde de carbone dans notre atmosphère est représentée par la courbe de Keeling ci-dessous. Sa rapide augmentation en l’espace de 50 ans est donc facilement observable. Si les relevés de mars 1958 faisaient état d’une concentration de CO2 de 313 ppm, cette valeur atteignaient 400 ppm en mai 2013.

Réchauffement climatique : des objectifs irréalisables ?

Quant à cette mesure de 415,26 ppm, elle constitue une hausse de 30 % au regard des valeurs de 1958. La dernière fois que les concentrations de CO2 avaient atteint ce niveau, c’était à l’époque du Pliocène moyen, il y a 2,5 à 5 millions d’années. En cette période, la température moyenne à la surface de la Terre était de 15 degrés. Ce qui représente une valeur supérieure de 2 à 3 °C à la température moyenne prévue par les scientifiques d’ici la fin du siècle. À titre indicatif, le niveau des océans était plus élevé de 25 mètres par rapport au niveau actuel…
Par ailleurs, selon Ralph Keeling, directeur du programme CO2 de Scripps, « le taux de croissance moyen reste élevé. L’augmentation par rapport à l’année dernière sera probablement d’environ trois parties par million, alors que la moyenne récente était de 2,5 ppm. »
Dans ce contexte, l’Accord de Paris sur le climat, visant à limiter la hausse moyenne de la température mondiale à 1,5 °C d’ici 2100, s’annonce délicat à réaliser. D’autant plus qu’un rapport publié l’an dernier par le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), organisme appartenant à l’ONU, a averti que la quantité de CO2 et autres gaz à effet de serre rejetés actuellement dans l’atmosphère pourraient conduire à dépasser cette limite de 1,5 °C dès 2030. Avec des conséquences multiples et catastrophiques à la suite de ce réchauffement climatique.
Crédit photo : DR
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