Ce samedi 25 mai, veille des élections européennes, les forces de l’ordre n’ont pas chômé. Un enlèvement avec séquestration en plein jour, encore un épisode de tirs – cette fois à Bellevue – et une bagarre entre deux bandes rivales au même endroit. Le tout semble très intimement lié aux règlements de comptes liés au trafic de drogue à Nantes.

Tout a commencé avec un enlèvement : vers 18h gare nord, un homme est mis de force dans une Audi grise qui démarre au quart de tour. « Devant tout le monde, il y avait des centaines de témoins », relève un proche du dossier. Cependant l’identité de la personne enlevée reste inconnue et on ignore s’il a été relâché. La précédente affaire similaire connue avait eu lieu au Cardo le 10 mai dernier : deux personnes dans une Audi se sont dirigées vers 19h45 vers un piéton qu’elles ont fait monter de force, avant de le relâcher un quart d’heure plus tard.

« Les deux affaires semblent liées : même voiture, même mode d’action dans des endroits fréquentés, nœuds multimodaux, même voiture, même nombre de protagonistes, même méthode », relève un policier nantais.

Ensuite, vers 21h30, un nouvel épisode de tirs aurait eu lieu place Mendès France, avec un blessé léger, connu des forces de l’ordre. Même lieu, une demi heure plus tard : bagarre générale entre deux bandes « liées à la vente des stupéfiants sur la place, avec diverses armes par destination », selon un proche du dossier. La bagarre aurait fait « plusieurs blessés légers ».

Des armes et des balles pour se faire entendre 

La place compte « quatre bandes liées à la vente de stupéfiants. Cependant le marché s’amenuise, car d’autres bandes et d’autres communautés tentent de se faire une place, et dispose des moyens – des armes et des balles – pour se faire entendre », résume un habitué du quartier. « Le marché s’amenuise et devient donc insuffisant pour que tout le monde en vive. Donc certaines bandes essaient de prendre l’ascendant sur les autres, avec leurs moyens : tabasser, séquestrer, menacer etc. »

Quant aux pouvoirs publics – mairie socialiste de Nantes en tête – ils semblent étrangement absents. « Pourtant ils sont responsables à plusieurs niveaux : car ils ne disent rien, qu’ils laissent le marché s’installer et les trafiquants agir, qu’ils ne protègent pas les civils qui subissent rodéos, tirs, insultes, avanies, halls occupés, caves fracturées etc. », explique un habitant de Bellevue. Pour qui « ce n’est pas un hasard si le vote RN a été un peu plus haut que d’habitude dans certains quartiers : nombre d’immigrés de longue date en ont eu marre du laisser aller et sont allés voter, RN, pour que ce merdier quotidien cesse ».

Louis Moulin

Photo d’illustration : DR
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