La SNCF annonce qu’elle va attribuer une enveloppe d’1,3 million d’euros pour aider les migrants à s’intégrer. Étrange priorité pour l’entreprise publique française…

SNCF : accompagner 1 000 migrants

Tandis que la mise en application des nouveaux tarifs de la SNCF (Société Nationale des Chemins de Fers Français) fait déjà grincer des dents certains usagers, l’entreprise ferroviaire publique a décidé de venir en aide aux migrants. Un choix dont la pertinence économique laisse pour le moins dubitatif compte tenu de la situation globale de la société.

Ainsi, dans un communiqué de presse en date du 28 mai dernier, le groupe SNCF annonce qu’il lance, par le biais de sa fondation, un « programme d’aide aux réfugiés » pour « favoriser leur intégration en France ». Ce programme a un coût d’1,3 million d’euros et se concrétisera par l’intermédiaire d’associations mais aussi par l’action directe des salariés de l’entreprise. Le programme d’aide en question est destiné à prendre en charge 1 000 migrants et à les accompagner jusqu’en 2021.

SNCF, France terre d’asile et HCR au chevet des migrants

Dans sa communication, la SNCF invoque sa situation « en première ligne » face à la crise migratoire en affirmant que « le train est pour les migrants un moyen de transport souvent utilisé pour circuler en Europe. »

Convictions immigrationnistes de la part de la direction du groupe ou politique marketing déguisée ? Toujours est-il la SNCF veut désormais « passer à l’étape supérieure », comme le déclare son secrétaire général Stéphane Volant : « La SNCF a pris les mesures de sécurité qui s’imposaient pour protéger les migrants. Aujourd’hui, il faut aller plus loin et aider les réfugiés à s’intégrer ». Les choses sont dites.

Quant à la mis en œuvre du programme énoncé et déployé en collaboration avec le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et la Délégation interministérielle à l’accueil et à l’intégration des réfugiés (DIAIR), elle va donc se faire en partenariat avec diverses entités.

Dans le détail, le programme se divisera en trois volets principaux avec tout d’abord un « apprentissage de la langue française » dispensé aux migrants « mineurs isolés » par les Apprentis d’Auteuil. France terre d’asile est aussi de la partie en proposant une « familiarisation à la culture et aux usages de la société française ». Enfin, France Bénévolat incitera les migrants à s’impliquer « eux-mêmes dans des actions solidaires ». Vaste programme…

Migrants : les salariés mis à contribution

Par ailleurs, les salariés de la SNCF sont aussi invités à participer à l’effort d’intégration en accompagnant les migrants avec du « mécénat de compétences ». Quelques 500 « missions de parrainage » sont proposées aux salariés volontaires pour aider les migrants à pratiquer la langue française mais aussi pour favoriser leur « insertion sociale et professionnelle ». Dans cette optique, des binômes constitués d’un salarié et d’un migrant seront mis en place.

Pour Patrick Jeantet, président directeur général de SNCF Réseau et président de la Fondation SNCF, l’ambition est de « faire émerger des solutions pour faciliter l’intégration des réfugiés. » Faciliter la vie des usagers de la compagnie ferroviaire en améliorant la qualité des services serait déjà un bon commencement avant de penser aux migrants…

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