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« Casapound. Tout se réapproprier. 40 concepts pour une révolution en marche ». C’est le titre du nouveau livre d’Adriano Scianca, journaliste professionnel originaire d’Ombrie, en Italie.

Ce dernier a 39 ans et il est diplômé en philosophie à l’université La Sapienza de Rome. Il est redacteur du quotidien La Verità et directeur du mensuel Il Primato Nazionale. Mais aussi militant de CasaPound Italia, dont il coordonne la politique culturelle.

C’est d’ailleurs l’esprit de Casapound qui est expliqué, défini, détaillé dans cet ouvrage, qui permettra aux lecteurs de comprendre ce qui fait le succès de ce mouvement de « fascistes du troisième millénaire » notamment auprès d’une partie de la jeunesse italienne.

Loin des fantasmes. Loin des « on dit » et des articles de presse partisane ou à scandale rédigés par des journalistes qui n’ont jamais pris la peine de chercher à comprendre Casapound et les idées de Casapound, ce livre, qui est en réalité une réédition, augmentée, du livre « Casapound, une terrible beauté est née » (éditions du Rubicon), est indispensable pour mieux comprendre ce à quoi aspire une partie de la jeunesse en Italie. Pas uniquement les idées, mais une façon de vivre, de militer, de combattre, d’espérer, de faire communauté.

C’est la maison d’édition Nemesis qui propose ce livre (le commander ici)

Nous vous proposons ci-dessous le 4ème de couverture

 “Je préfère ne pas utiliser les mots, ‘arrêtons quelque chose’. Je préfère dire, ‘démarrons quelque chose, démarrons le monde’.” Si ce leitmotiv de Peter Fonda vous inspire, ce livre est pour vous. CasaPound est convaincu qu’il nous appartient de construire un monde meilleur. Fondé sur l’éthique du don et le service de la communauté, il incarne cette conviction au quotidien depuis plus de quinze ans : par des squats de maisons vides que ses militants transforment en logements pour les Italiens démunis, des propositions sociales, la construction d’un vaste réseau économique et social, et aujourd’hui une présence aux élections. En 2018, plus de 300 000 Italiens lui accordèrent ainsi leur confiance.

Parti de rien, le parti de la tortue fléchée possède une résonance internationale. Pourtant, ses observateurs comme ses détracteurs échouent à saisir sa singularité et son succès croissant. Tout se réapproprier synthétise la pensée de ces “fascistes du troisième millénaire”. Par-delà droite et gauche et beaucoup de clichés, il se destine à tous les non-conformistes en marche contre la mondialisation néolibérale et ses séides.

Mais aussi une interview d’Adriano Scianca, que nous venons de réaliser, pour mieux comprendre.

« L’homme nouveau est le résultat d’actions, pas d’idées »

Breizh-info.com : Pourquoi est-ce que vous rééditez une nouvelle version augmentée du livre sur Casapound ? Comment s’est vendu le premier ?

Adriano Scianca (Casapound) : Il faut évidemment le demander en premier lieu à la maison d’édition, mais je crois que l’attention du monde identitaire français pour le phénomène CasaPound n’a pas diminué, alors que la première édition de mon livre était épuisée depuis longtemps. Je crois que la première édition, publiée sous le nom de Une terrible beauté est née, s’est très bien vendue. Cela a certainement suscité un débat plus animé en France qu’en Italie.

Breizh-info.com : Que signifie pour Casapound « tout se réapproprier » ?

Adriano Scianca (Casapound) : Considérer le monde qui vous entoure non pas comme un ennemi contre lequel il faut se protéger, mais comme une terre à coloniser. Il n’existe aucune expression artistique, culturelle, sportive, sociale ou politique qui ne puisse être exprimé sous des aspects identitaires.

Breizh-info.com : Ces 40 concepts pour une révolution en marche ont ils pour vocation l’émergence d’une forme « d’homme nouveau » ?

Adriano Scianca (Casapound) : L’homme nouveau est le résultat d’actions, pas d’idées. C’est la raison pour laquelle vous ne pourrez rien comprendre à CasaPound si vous n’étudiez que ses idées, y compris celles qui sont exprimées dans mon livre, plutôt que d’observer comment cette organisation devient une école du militantisme pour de nombreux jeunes patriotes italiens et même européens.

Breizh-info.com : Quelle est aujourd’hui l’actualité de Casapound ? Que pensez vous de Matteo Salvini et de ses actions depuis son arrivée au pouvoir ? Quelles relations avec Casapound ?

Adriano Scianca (Casapound) : Casapound obtenu de mauvais résultats lors des dernières élections européennes et actuellement l’organisation est en train d’élaborer des stratégies pour relancer son action.

Matteo Salvini est un politicien très perspicace, formidable en communication, qui est certainement à l’abri des influences culturelles progressistes, même s’il a une vision très « bourgeoise » des problèmes, sans aucune profondeur culturelle.

Il a une grande capacité à identifier les bons ennemis (ONG, magistrats et intellectuels de gauche, etc), mais il ne sait pas toujours comment les combattre avec une réelle efficacité. Les journalistes et les intellectuels italiens l’attaquent avec férocité, le considérant comme un nouveau Mussolini, ce qui ne diminue toutefois pas son soutien populaire, bien au contraire.

Le plus grand risque de Salvini est de se « dégonfler » sans avoir rien construit de durable. Toutefois, il n’a aucune relation, il n y a aucun lien, avec Casapound aujourd’hui.

« En Italie, il existe une vision largement positive du fascisme parmi la population »

Breizh-info.com : En France, se dire « fasciste » est quasiment frappé d’indignité et totalement inaudible. Ce n’est pas le cas en Italie. Pour quelles raisons? 

Adriano Scianca (Casapound) : C’est une question très complexe. La Constitution italienne interdit « la reconstitution du parti fasciste dissous » et il existe des lois contre « l’apologie du fascisme ». Qu’est ce que cela signifie? L’interprétation dominante, dans la jurisprudence, a été de garantir la liberté de s’appeler fascistes, punissant uniquement la volonté de subvertir l’ordre démocratique.

De plus, lors des discussions de la Constituante après 1945 pour écrire la Constitution actuelle, ce fut le communiste Palmiro Togliatti qui exprima les positions les plus douces, sachant que des lois trop sévères contre des partis aux idées totalitaires affecteraient également les siennes.

Inversement, la loi qui punit l’apologie du fascisme et que la gauche invoque souvent porte le nom de Mario Scelba, représentant de la Démocratie chrétienne, auteur de la répression féroce contre les luttes ouvrières.

La tolérance envers les fascistes a cependant connu différentes phases. Dans les années 1970, il y a eu un moment très violent de répression antifasciste. Aujourd’hui, la situation est différente, mais la pression politique et journalistique pour appliquer les lois plus sévèrement est toujours très forte.

De nombreux militants du Casapound Italia sont poursuivis en justice pour avoir effectué des gestes fascistes.

En fin de compte, en Italie, il existe une vision largement positive du fascisme parmi la population, en particulier dans certaines régions du pays, ce qui suscite une grande frustration parmi les élites politiques et intellectuelles. Il est normal d’entrer dans un kiosque à journaux et de trouver en vente un calendrier Mussolini, mais il ne faut pas croire qu’il ne suscite pas l’opposition d’un noyau de fanatiques antifascistes.

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Breizh-info.com : Vous dirigez par ailleurs le journal Il Primato Nazionale. Où en est sa diffusion, papier notamment ? Comment se porte la presse alternative en Italie?

Adriano Scianca (Casapound) : Il Primato Nazionale vend environ 6 / 7.000 exemplaires chaque mois. C’est un grand résultat car, contrairement à ce qui se passe souvent en France, en Italie, la presse alternative n’a presque jamais réussi à avoir accès à la distribution normale dans les kiosques à journaux, en s’appuyant principalement sur des chaînes militantes.

Il Primato nazionale est aussi un journal en ligne qui va très bien, mais qui est exposé à tous les risques typiques d’Internet: le flux de visites est dans les mains de grandes multinationales privées, qui ont leurs algorithmes, leurs règles et bien sûr leur lignes éditoriales systématiquement inspirées du mondialisme.

Propos recueillis par YV

Crédit photos : DR
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