Deux retraités du Parlement européen : Alain cadec et Isabelle Thomas. Le premier crie à « l’injustice », la seconde veut travailler à « l’unité des forces de gauche et écologiques ». Le couple de la Saint Valentin !

Aux élections européennes, la Bretagne avait deux candidats qui étaient des sortants : Alain Cadec (LR) et Isabelle Thomas (ex-PS, Générations.s). Tous les deux liquidés. Le premier s’est mis à pleurnicher : «  Compte tenu de mon travail à Bruxelles, pendant dix ans, j’ai un sentiment d’injustice. Je l’ai depuis la parution de la liste. » (Le Télégramme, lundi 27 mai 2019).

Ne pas croire au père Noël

À coup sûr, Mme Thomas, député européen depuis 2012, après avoir succédé à Stéphane Le Foll, puis élue en 2014, aurait  pu engager un troisième mandat. Si au lieu de s’aventurer dans les eaux incertaines du second couteau Hamon, elle avait compris que la bonne carte, en Bretagne, s’appelle Le Drian – le boss -, elle se serait retrouvée en position éligible sur la liste LREM – MoDem. Quand on ne croit plus au PS et que la gauche n’est plus qu’un rêve, il faut s’ancrer à du solide : La Bretagne. Et, au Parlement européen, les occasions de rendre service au pays breton ne manquent pas. Membre de la commission pêche, n’a-t-elle pas remporté la bataille contre la pêche électrique ? Il lui était facile de continuer dans cette voie, encore fallait-il cesser de croire au père Noël : « Je savais depuis le début que le chemin serait difficile. Mais j’ai fait le choix de mes convictions et de l’avenir » (Ouest-France, Ille-et-Vilaine, lundi 27 mai 2019). On lui fera remarquer amicalement que dans sa ville de Saint-Malo, elle ne pèse pas bien lourd puisque sa liste (Benoît Hamon) n’est arrivée qu’en 7ème position (835 voix, 4,18%), alors que Nathalie Loiseau faisait la course en tête (6 037 voix, 30,24%). L’ancienne conseillère municipale d’opposition de Saint-Malo et ancienne conseillère régionale cherche aujourd’hui du travail… Bien sûr, il y a les élections municipales de mars 2020, mais on lui conseille d’éviter une nouvelle gamelle.

Nul n’est prophète en son pays

N’oublions pas les Bretons de l’immigration. L’un d’eux était député européen sortant : Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité. Il se représentait sur la liste du PCF –Ian Brossat) en troisième position. Mais les électeurs l’ont prié de s’occuper de son quotidien qui est très malade. Avec 2,5%, on  n’obtient ni élu ni remboursement. Puisque ses racines sont à Inguiniel, près de Lorient, on ne peut que regretter le désintérêt des habitants pour l’enfant du pays ; on lui accorde généreusement la neuvième place (3,15%), alors que Bardella arrive en tête (24,46%). À Saint-Denis, siège de l’Humanité, les électeurs ont mieux voté : 9,70% pour la liste de Le Hyaric, mais en lui donnant seulement la cinquième place.

Bernard Morvan

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