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On doit s’interroger sur l’avenir politique d’Alain Cadec (LR), président du conseil départemental des Côtes-d’Armor. Les récentes élections européennes ont montré qu’il ne tient pas son « fief » (?) de Plérin. Entre le Parlement européen et l’hôtel du département à Saint-Brieuc, on veut bien croire qu’il n’avait pas le temps d’y mettre les pieds.
Valérie Pécresse rêve de l’Élysée
C’est de notoriété publique, Valérie Pécresse, présidente de la Région Ile-de-France, rêve de l’Élysée. Pour ce faire, il faut manœuvrer, ramer, magouiller. Et ne pas hésiter à dire tout et son contraire. Manifestement, Mme Pécresse connaît tout ça par cœur. « Pendant la campagne des européennes, le 15 mai, elle célébrait encore lors du meeting parisien de François-Xavier Bellamy au Palais des congrès, « un rendez-vous de l’amitié et aussi de la fidélité. Fidélité à une famille politique, Les Républicains, qu’Emmanuel Macron a laissé moribonde en juin 2017, engloutie pal la vaque En marche » (Libération, 7 juin 2019).
Mais l’effondrement de la droite LR (8,5%) aux élections européennes du 26 mai l’a amenée à reconsidérer son positionnement et son discours. D’abord elle annonce qu’elle quitte le parti Les Républicains (« 20 heures » de France 2, mercredi 5 juin 2019). Ensuite elle annonce qu’elle va œuvrer à l’émergence d’« une troisième voie ». « La droite des solutions existe. Je ne crois pas un seul instant que la France de droite, ce soit 8% », assure-t-elle. C’est pourquoi elle entend « travailler beaucoup avec les élus de terrain » et utiliser sa région comme « base d’expérimentation » (Le Monde, vendredi 7 juin 2019). Vaste programme !
Cadec a dû « avaler des couleuvres »
En Bretagne, nous avons un exemple comparable avec Alain Cadec (LR), président du conseil départemental des Côtes-d’Armor et député européen jusqu’au 26 mai dernier. Avant la débâcle, il se félicite de la situation : « Il y a une dynamique incontestable pour notre liste dans cette campagne. François-Xavier Bellamy, notre tête de liste, apporte de la fraîcheur : il représente une forme de nouveau monde, même si je n’aime pas ce mot-là. Il fait de la politique d’une autre manière, il sort des clichés sur les politiques. Il n’a pas d’agressivité. C’est quelqu’un de posé, et, lorsque l’on sait poser les problèmes, on sait les résoudre. » (Le Journal de la Bretagne, 15 mai 2019).
Mais tout change au lendemain de la débâcle. Cadec ne parle plus la même langue ; il explique ainsi la déroute électorale qui lui a coûté son siège de député européen – il figurait en treizième position alors que la liste n’a obtenu que huit élus : « Nous avions pris un virage ultra – conservateur que je ne partageais pas… J’ai fait la campagne par fidélité, par loyauté à mon parti, mais j’ai avalé des couleuvres… ». Lui aussi a de grandes idées sur ce qu’il conviendrait de faire ; il souhaite « un changement radical » de la stratégie de LR. « Si on ne se refonde pas, si on ne rassemble pas, on disparaîtra », souligne-t-il (Ouest-France, mercredi 29 mai 2019). Là encore, vaste programme ! Pour l’instant il n’a pas encore abandonné la boutique.
Les résultats désastreux du canton de Plérin
Il n’est pas inutile d’examiner les résultats obtenus par François-Xavier Bellamy – l’homme qui apportait de la « fraîcheur » avant le 26 mai –dans le canton de Plérin, celui d’Alain Cadec. Ce dernier n’a pas lieu d’être fier ; en effet dans les dans les trois communes que composent ce canton (Prérin, Pordic, Trémuson), Mme Loiseau arrive toujours en première position et M. Bellamy en quatrième. Ce qui donne, sur l’ensemble du canton, 26,20% pour l’une et 9,19 pour l’autre. Même en tenant compte d’un courant national favorable aux Marcheurs, on est obligé de penser que Cadec ne s’est guère défoncé pendant la campagne. Dans son fief, n’obtenir que 9% n’est pas glorieux, alors qu’il figurait sur la liste. Ne pouvant plus se réfugier à Bruxelles, il est condamné à labourer son canton s’il veut le conserver aux prochaines élections départementales. En mars 2015, il n’avait devancé le tandem socialiste que de 50 voix !
Bernard Morvan
Crédit photo : DR
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