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Pas brillante, la situation du Centre hospitalier de Guingamp : ainsi pourrait-on résumer le rapport que la Chambre régionale des comptes de Bretagne vient de publier à son sujet.

Le rapport couvre la période 2013-2018. Les résultats financiers se dégradent sans cesse. À fin 2017, la dette cumulée atteignait 9,2 millions d’euros. Sans les différentes aides reçues par l’hôpital, elle aurait même atteint 11,5 millions d’euros. Les dépenses augmentent plus vite que les recettes. Or l’hôpital doit impérativement investir pour rénover ses locaux et son informatique. 30 % des postes informatiques sont obsolètes.

Cette sombre situation est à l’origine des menaces qui pèsent sur la maternité. Sur les 2,2 millions d’euros de déficit de l’hôpital (pour un budget total de l’ordre de 76 millions), la maternité est responsable à elle seule 1,7 million. Le taux d’occupation des lits, très faible, était tombé à 50%. La fermeture d’une partie des lits ne l’a relevé qu’à 63%.

Au-dessous d’un certain seuil (350 accouchements par an), une maternité doit fermer pour des raisons de sécurité : elle n’atteint plus la masse critique nécessaire pour maintenir ses moyens. Avec 501 accouchements en 2017, Guingamp n’en est pas là. Mais son activité baisse : le nombre d’accouchements a reculé de 21% en cinq ans (2013-2017). Pas seulement pour des raisons démographiques : beaucoup de patientes préfèrent se rendre à la maternité de Saint-Brieuc, mieux équipée.

Les autorités de santé avaient donc décidé de fermer la maternité à fin janvier 2019. Mais cette décision a suscité une forte mobilisation locale. À la suite de la manifestation du 30 juin 2018, l’autorisation de la maternité a été renouvelée pour deux ans « sur décision de la présidence de la République », note la Chambre.

Absentéisme très élevé

La clé des problèmes du centre hospitalier pourraient bien résider dans ses problèmes de personnel. Ses effectifs frôlent le millier de personnes, avec une soixantaine de médecins et une dizaine d’internes. Les charges de personnel représentent 71,75% des dépenses et se sont accrues de 8% entre 2013 et 2017. Recrutements, revalorisations salariales, augmentation des cotisations sociales, hausse des dépenses d’intérim, de nombreux facteurs ont contribué à cet accroissement. Mais le centre se heurte surtout à « deux difficultés majeures : un fort absentéisme des personnels non médicaux et la nécessité de recourir à l’intérim médical pour assurer ses activités, notamment en chirurgie et en médecine gériatrique ».

Dans le détail, « le taux d’absentéisme du personnel médical est en régression depuis plusieurs années et se situe aujourd’hui à un niveau très bas » (moins de 2%). Chez les personnels non médicaux, en revanche, il avoisine 10% ! nombre de jours de congé-maladie a augmenté de 12 ,9% en 2017. Ce qui impose un dispositif lourd pour gérer les remplacements. Et risque fort de rendre la fermeture de la maternité inéluctable à moyen terme, sauf nouvelle intervention présidentielle.

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