Belfast. Capitale de l’Irlande du Nord. Ville connue historiquement pour abriter en son sein les chantiers du Titanic, mais aussi ville martyre, ravagée par la guerre civile et les Troubles qui se sont déroulés en Irlande du Nord dans toute la seconde moitié du 20e siècle. Une ville qui ne peut laisser aucun voyageur indifférent.

Découvrir Belfast, c’est forcément en tomber amoureux. Cette ville dégage tellement de choses, ses habitants ont tellement d’anecdotes à raconter, ses quartiers dégagent tant d’histoires, que la première chose que vous vous dites quand vous devez malheureusement la quitter c’est : « Quand est-ce qu’on y retourne ? » et surtout « Qu’est-ce que je vais découvrir la prochaine fois ? ». Embarquez — après une virée dans les enclaves chargées d’histoire de la ville — on vous donne une sélection de lieux incontournables à visiter ou à voir à Belfast.

Comment se rendre à Belfast depuis la Bretagne ?

Première étape, comment se rendre à Belfast ? Pas si simple depuis la Bretagne, nos chères compagnies aériennes, demande oblige, préférant proposer aux Bretons le sud de l’Europe ou de la Méditerranée. Ainsi, il n’existe pas de ligne directe vers Belfast, que ce soit au départ de Nantes, Brest, ou Rennes. La loose.

Pour y aller, il vous faudra donc passer par Dublin (au départ de Nantes et Rennes) ou bien faire un vol avec escale (donc plus cher) au départ de Brest (via Londres ou Southampton), Rennes ou Nantes.

Mais on a trouvé une solution nettement plus sympa (enfin moins pire) pour ceux qui ne supportent pas les wagons à bestiaux que sont devenus les grands aéroports, dans lesquels on vous enlève toutes vos libertés individuelles au nom de la non-discrimination, en plus de vous traiter comme du bétail. Passez par Jersey ! En effet, si vous prenez le ferry entre Saint-Malo et Jersey, vous pourrez ensuite avoir accès directement, via un aéroport à taille humaine, à Belfast (ou à Glasgow d’ailleurs si vous préférez l’Écosse). En vous y prenant bien, et aux bonnes dates, pour 80-120 €, vous obtenez votre sésame pour Belfast au départ de Saint-Malo. Elle est pas belle la vie ?

Le tourisme historique à Belfast

C’est la partie sans doute la plus intéressante de Belfast. Le tourisme historique. Oubliez un peu Game of thrones et toute la publicité qui en est faite en Irlande du Nord. Et plongez-vous dans le 20e siècle en Irlande du Nord. Tout d’abord, en allant visiter les chantiers navals, où a été construit le Titanic. Pour découvrir l’histoire de ces ouvriers qui ont donné de leur sang et de leur sueur pour construire cette merveille à la durée de vie écourtée. Et tentez le Titanic Experience, pour vous plonger au cœur du paquebot, à descendre le grand escalier de la salle à manger, à vous placer devant la barre du poste de commande, à découvrir les chambres des 1res et secondes classes…

Dans la foulée, vous avez de nombreux kilomètres à faire dans l’East Belfast. Pour vous perdre dans les quartiers autour de Newtownards. Et y découvrir de nombreuses fresques loyalistes. C’est d’ailleurs sur Newtownards road qu’il va falloir vous arrêter. Pour découvrir le Loyalist Conflict Museum. Vous pourrez y découvrir l’histoire du combat loyaliste en Irlande du Nord. Y discuter avec ceux qui l’animent, eux-mêmes d’anciens militants de la cause. Y découvrir des objets que vous ne retrouverez nulle part ailleurs. Et éventuellement vous laisser tenter par une visite guidée dans les quartiers de la ville, pour avoir des explications sur certains évènements marquants liés aux Troubles.

Quand vous quittez l’East Belfast, n’hésitez pas à passer par une enclave républicaine, totalement entourée (et d’ailleurs attaquée fréquemment dans le passé) : Short Strand. Là aussi, de nombreuses fresques marquent le territoire et l’histoire.

Les deux autres quartiers qui concentrent énormément de fresques loyalistes sont Sandy Row, à proximité du centre-ville (ce qui vous permettra d’aller prendre un verre au Sandy Row Rangers supporters club) et Shankill/Crumlin (là encore, nombreuses fresques et boutiques).

Ne négligez pas non plus le quartier proche du stade de Linfield, qui regorge de Murals.

Au sud de Shankill, après avoir passé un Peace Wall (ces murs, vestiges des Troubles, qui se ferment en cas de tensions fortes entre protestants et catholiques) vous serez dans Falls Road. Visite du cimetière de Milltown impérative (avec le carré de l’IRA) ainsi qu’un passage à la boutique du Sinn-Fein et enfin à l’Irish Republican History Museum, le pendant républicain du musée loyaliste précédemment décrit. Incontournable.

Enfin, en remontant au nord de Shankill, vous pourrez visiter le quartier populaire d’Ardoyne, sans doute le bastion républicain le plus virulent de Belfast.

ardoyne_belfast

Si vous voulez vraiment vous imprégner de la ville, il va vous falloir marcher, marcher, et encore marcher, des kilomètres et des kilomètres. C’est à ce prix que vous découvrirez une fresque, une stèle, un hommage, ou une discussion passionnante, et que vous pourrez chercher à vous renseigner sur l’histoire de la ville. Ne vous contentez pas des principales artères touristiques, y compris historiques, vous manqueriez sans doute l’essentiel.

Le tourisme sportif à Belfast

Il y a de quoi faire à Belfast niveau tourisme sportif. Côté football et rugby essentiellement, mais aussi boxe (possibilité, dans certains quartiers républicains d’aller visiter des salles de boxe à l’ancienne, façon Rocky).

Côté football, vous avez le choix : Cliftonville et son stade de Solitude Stadium. Les abords du stade sont saisissants. Le stade donne l’impression d’être resté figé aux années 60-70. Un match dans l’enceinte de Solitude, et vous replongez dans un football à l’ancienne, à base de kick and rush et d’odeur de graillon. Pour le trouver, il faut passer Ardoyne, direction l’Est. Solitude se trouve à la sortie du quartier.

cliftonville_belfast
Accueillant non ?

Un peu plus à l’Est du stade de Cliftonville, changement d’ambiance, quartier loyaliste oblige, avec celui des Crusaders. Ils affrontaient l’équipe de Thorsavn quand nous y sommes allés (Iles Féroé), ont gagné 2-0 dans ce match aller du premier tour de la Ligue Europa, s’offrant le droit de rêver à l’accueil potentiel des Wolves (Premiership) au tour suivant. Le stade vaut que l’on s’y attarde et que l’on paye 12 livres (prix généralisé à tous les clubs de Belfast) pour assister à une rencontre.

A l’Est de la ville se trouve le stade de Glentoran. Situé pas loin des chantiers navals, et en secteur loyaliste, il n’en demeure pas moins que Glentoran est un club jugé « neutre », et qu’il attire un public de toutes les communautés de Belfast. Là encore, pour trouver le stade, il faut se perdre dans les quartiers, et il apparaitra, entre quelques maisons, comme par enchantement. Résolument, ces stades sont implantés dans les quartiers, loin, très loin, des stades abjects que les promoteurs du football font construire partout en Europe dans des zones industrielles, dans des friches, loin du peuple, qui ne peut désormais de toute façon plus ou quasiment plus se payer de quoi voir son équipe préférée jouer.

Le tunnel pour supporteurs visiteurs. Plus glauque encore que Milwall !

Enfin, dernier club de Belfast, Linfield. South Belfast. Le club phare des loyalistes. Le plus capé d’Irlande du Nord. Le petit frère des Blues Brothers, du nom de cette alliance entre les clubs (surtout les fans) de Chelsea, des Glasgow Rangers, et donc de Linfield. Bon, on a vu la défaite de ces derniers contre Rosenborg, en Premier tour de Ligue des Champions (0-2) et il y a du boulot pour rattraper Chelsea. Le niveau de jeu y est faible, malgré tous les efforts du français Bastien Héry, qui semble surnager dans cette équipe. Mais l’ambiance, notamment autour du stade, y est totalement à l’ancienne. C’est le football que l’on aime. Un football où les joueurs savent pourquoi ils portent un maillot, ce qu’il représente. La star, c’est l’équipe, ce sont les supporteurs, pas les individualités.

Si vous voulez lire un excellent article sur le football à Belfast, plongez dans celui-ci sur SO Foot.

Enfin, pour le côté rugby, si vous avez la chance d’y venir un jour de match de l’Ulster, alors foncez au sud-est de la ville, direction de Kingspan Stadium.

Que faire d’autre à Belfast ?

Sachant que tout ce qu’on vous a dit plus tôt peut prendre plusieurs séjours si vous le faites vraiment  à fond, il ne vous restera pas beaucoup de temps pour faire autre chose. Au centre-ville, le seul intérêt (hormis peut-être quelques monuments sympas comme le City Hall) réside dans le shopping, avec les enseignes que l’on ne retrouve pas chez nous (TK-Max, Next, Sports directs, JD sports). Il y a toujours une ou deux bonnes affaires à faire dans ces boutiques.

Au niveau de la gastronomie, ne comptez pas sur nous pour vous vanter les mérites de tel ou tel établissement. Les Britanniques ne savent pas cuisiner, et de toute façon, nous n’avons pas eu le temps de nous lancer à la recherche d’un établissement digne de ce nom. Quand vous avez compris que tous les pubs se vantent de faire « the best burger » ou « the best fish and chips », pour au final vous servir une viande dure comme du béton avec le même goût que chez le voisin, vous avez tout compris à la cuisine à Belfast. Mais honnêtement, venir à Belfast pour faire un tour gastronomique, c’est un peu comme vouloir visiter Munich pour boire du vin, ça n’a aucun sens.

Au niveau des pubs, enfin, si vous souhaitez des pubs branchés, c’est du côté du centre-ville que cela se passe. Mais la vraie ambiance « made in Belfast » se trouve dans les pubs de tous les quartiers historiques situés plus haut. C’est une certitude. Avec toujours le même mot d’ordre : Ne pas poser trop de questions. Ne jamais rentrer dans des débats dont vous n’avez ni les tenants ni les aboutissants. De toute façon, vu l’accent à couper au couteau des Nord-Irlandais, qui rivalisent avec les Écossais dans ce domaine et qui ne font pas spécialement d’effort pour se faire comprendre, vous risqueriez d’être vite largués.

Pour le reste, Keep calm, enjoy and visit Belfast !

YV

Crédit photo : breizh-info.com (DR)
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine