Histoire. Mémoires du général Wrangel

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Les Mémoires du général Wrangel parurent en 1930 aux éditions Jules Tallandier. Rapidement épuisées elles ne furent jamais rééditées et elles étaient donc introuvables depuis plus que quatre-vingts ans. C’était sans compter avec les éditions nantaises Ars Magna qui viennent de rééditer le livre.

Il y a à cette occultation volontaire une raison : elles contredisent deux histoires mythifiées. Celle des partisans des bolcheviques tout d’abord, en montrant que leur victoire ne fut que militaire et absolument pas due à un soutien populaire massif. Celle des partisans des blancs ensuite, en révélant les limites de leur chef suprême, Anton Dénikine, et leurs faiblesses souvent trop humaines.

Document historique de première importance, Les Mémoires du général Wrangel méritaient d’être de nouveau disponibles. Elles permettront aux chercheurs, aux étudiants, aux militants ou aux simples curieux d’avoir un regard nouveau sur la révolution russe de 1917 à 1920 grâce aux souvenirs, rédigés quasi-immédiatement après les faits, du dernier généralissime des Armées blanches.

Ce livre vous est proposé au prix de 32 eurs à Ars Magna, BP 60426, 44004 Nantes cedex 1 ou commande en direct à www.editions-ars-magna.com

wrangel

Appendice de l’ouvrage

Et ceux qui n’ont pas suivi Wrangel en exil, que sont-ils devenus ? La situation des émigrants n’est pas enviable, mais le sort de ceux qui restent en Crimée et à Sébastopol se révèle encore plus amer. Qui peut être sûr de l’avenir de ceux qui sont restés, se demande dans ses souvenirs Anastasia Shirinsky ?

Le chef des rouges, Frunze, envoie à Piotr Nikolaïevitch Wrangel un appel radio lui promettant, s’il capitule, l’amnistie et le pardon complet pour lui et ses troupes. Mais cette déclaration généreuse ne concorde pas avec les ordres signés de Trotski, trouvés sur les cadavres bolchevistes transmis en toute hâte à l’État-Major Général. Le commissaire de l’armée accorde aux soldats, comme récompense de leur victoire, le droit, pendant quatorze jours, d’exterminer librement les ennemis du peuple et de piller leurs demeures.

Le dernier vapeur quitte la Crimée le 26 novembre 1920. Beaucoup de réfugiés, de civils et de militaires des armées battues sont restés en Crimée, n’imaginant pas un seul instant leur sort. Certes ils savent que pendant trois années en Crimée, du temps des blancs, environ 1 500 personnes ont été arrêtées par les blancs, et des centaines fusillés.

L’Armée rouge c’est différent ! Les représailles et les massacres contre les ennemis de la révolution commencent en Crimée. Elle entre dans Sébastopol le 26 et tire sur les ouvriers des docks qui ont travaillé à l’évacuation. Les représailles et les massacres contre les ennemis de la révolution commencent en Crimée. Les malheureux qui réussissent à s’échapper des villes racontent que les exterminations sont massives et dirigées par le communiste hongrois Bela Kun. Ce dirigeant révolutionnaire, chassé naguère de Budapest, travaille maintenant pour le compte des Soviets. La terreur rouge fait 50 000 victimes dans la péninsule (d’autres données statistiques parlent de 100 000 meurtres). Le Hongrois, Bela Kun, dirigeant du Comité révolutionnaire de la Crimée, fait du zèle.

Ces jeux barbares divertissaient fort les Rouges qui, harassés de fatigue, démoralisés par les pertes subies… tuent les officiers, les bourgeois, les prêtres, les paysans, les ouvriers mêmes….

Dès le 29 novembre 1920, les Nouvelles du comité provisoire révolutionnaire de Sébastopol publient une liste de personnes fusillées. Leur nombre est de 1 634, dont 278 femmes. Le 30 novembre, le journal publie une seconde liste de 1 202 fusillés, dont 88 femmes. Rien que pendant la première semaine d’occupation de l’armée rouge, 8 000 personnes sont fusillées à Sébastopol. Deux personnages en vue du parti bolchevique dirigent ces exécutions de masse : Bela Kun et Rosalia Zemliatchka.

Les jugements se déroulent selon le concept de l’appartenance à une classe. L’un des chefs de la Tcheka, Martyn Ltsis dit : « Nous ne faisons pas la guerre à des individus, nous exterminons la bourgeoisie en tant que classe. Ne cherchez pas dans votre enquête des indications ou des preuves des actes ou des paroles antisoviétiques de l’accusé. La première question que vous devez lui poser est : quelle est son origine, son éducation, ses études, sa profession. Ce sont les réponses à ces questions qui doivent régler le sort de l’accusé. »

Mais ces victimes sont peu de choses pour les vainqueurs. Ils tentent aussi de faire revenir de l’étranger ceux qui sont partis avec Wrangel. Le 5 avril 1921, le gouvernement soviétique publie son appel dans lequel il souligne : « La plupart des réfugiés est constituée de cosaques, de paysans mobilisés et de petits employés. A tous ceux-là, le retour en Russie n’est plus interdit. Ils peuvent revenir, il leur sera pardonné, et après leur retour en Russie ils ne risqueront pas de représailles. »

Le même jour, au cours d’une réunion à huis clos du politburo du comité central du RKPB prend une décision secrète, sur l’interdiction d’accueillir des subordonnés de Wrangel en République Socialiste de la Fédération des Soviets de Russie. L’application de cette directive est confiée à Felix Dzerzhinskiy, et à organisme de terreur qu’il dirige, la Vetcheka. Les fusillades reprennent de plus belle.

Trotski, homme intelligent et fin diplomate, ne voulait pas d’un massacre d’une telle ampleur. Il relève rapidement et sans consulter les autres chefs révolutionnaires Bela Kun de ses fonctions. Celui-ci est en colère « face à tant d’ingratitudes ». Il a déjà exécuté 50 000 personnes et se sent de taille à continuer

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