cigarette électronique

Elle avait été présentée comme la solution idéale pour tous les fumeurs en quête de sevrage. Jugée désormais « incontestablement nocive », la cigarette électronique est aujourd’hui dans le collimateur de l’OMS.

Cigarette électronique : l’OMS alerte

Il n’aura pas fallu plus de deux pages dans un rapport qui en contient plus de 200 pour mettre le feu aux poudres. La cigarette électronique, la fameuse vapoteuse, qui a le vent en poupe depuis les années 2010, ne serait finalement pas si tendre avec nos poumons.  Dans son rapport présenté vendredi dernier à Rio de Janeiro, l’OMS l’affirme : « la cigarette électronique présente des risques pour la santé ».

En cause : les nombreuses substances toxiques contenues dans le liquide de vapotage. Bien que considérées comme « moins dangereuses que celles présentes dans les cigarettes traditionnelles », l’OMS reconnait désormais ne pas avoir suffisamment de recul pour évaluer les risques sanitaires engendrés par ces substances.

Déjà en 2015, quand l’OMS alarmait, le créateur de la vapoteuse éludait en comparant avec l’herbe du voisin : « On parle de substances cancérigènes qui seraient contenues dans la cigarette électronique mais on ne les compare jamais avec celles contenues dans d’autres produits couramment consommés tels que les viandes grillées, la bière… ».

Quelle capacité de sevrage pour la vapoteuse ?

Par ailleurs, l’OMS reconnait dans son rapport ne pas avoir réussi à démontrer la capacité de sevrage de la vapoteuse. Encore une fois, c’est le manque de recul qui fait défaut. En clair : l’OMS ne sait rien et ne peut rien démontrer en ce qui concerne la vapoteuse mais les substances, elles, sont bien présentes. Dans le doute, l’OMS appelle donc à l’abstention, « craignant notamment que le vapotage ne conduise les jeunes à fumer du tabac ».

Face à ce manque cruel de données, l’OMS a d’ailleurs préféré ne pas faire figurer ce dispositif parmi l’arsenal recommandé pour arrêter le tabac et juge qu’il ne doit pas être promu comme tel… à contre-courant de la publicité martelée quotidiennement par les fabricants de la cigarette électronique.

Face à ce rapport, ces mêmes fabricants et certains spécialistes de la lutte contre le tabac hurlent à la « désinformation ». Avec un marché global de la cigarette électronique qui s’élève désormais à plus de 820 millions d’euros, on ne peut que les comprendre, leur royaume vaut bien un poumon ou deux.

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC/Jörg Schubert)
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