Qu’est devenue la banquise en Alaska ? Il apparait qu’aucune trace de glaciers n’est visible à moins de 240 kilo­mètres des côtes.

Alaska, le terrible été

L’été 2019 va-t-il constituer un tournant pour le climat ? Le mois de juillet à peine terminé a déjà été considéré comme le mois le plus chaud jamais enregistré sur la planète. Le précédent record datant de juillet 2016.

Ces températures élevées n’ont pas épargné les régions polaires. À commencer par l’Alaska dont la banquise a dorénavant presque entièrement disparu. C’est ce que rapporte des travaux conduits par le Natio­nal Weather Service en ce début du mois d’août. Aucun glacier n’est visible à moins de 240 kilomètres des côtes tandis que les températures de ces dernières semaines ont été largement supérieures à la normale de saison en Alaska. Ceci associé à une période de canicule en juillet et à une température de l’océan elle aussi de plus en plus chaude.

Ce phénomène de rétrécissement important de la banquise est observé à l’échelle de l’Arctique. Cependant, cette fonte n’est pas nécessairement uniforme et la fonte dans les mers des Tchouktches et de Beaufort au nord-est de l’Alaska est particulièrement préoccupante.

Selon Rick Thoman, clima­to­logue au Centre d’éva­lua­tion et de poli­tique clima­tiques de l’Alaska, « les eaux de l’Alaska sont désor­mais dépour­vues de banquise ». Ajoutant que « la glace la plus proche de l’Alaska est maintenant à environ 240 km au nord-est de Kaktovik. »

D’après Walt Meier, cher­cheur au Natio­nal Snow and Ice Data Center, « il s’agit clai­re­ment d’une année extrême, même d’après les stan­dards les plus récents d’un Arctique en plein chan­ge­ment ». Si la fonte de la banquise a déjà eu lieu par le passé, ce qui interpelle en cet été 2019 est la rapidité du phénomène. Ce que confirme Rick Thoman : « Ça arrive clai­re­ment plus tôt que les années précé­dentes ».

En moyenne, la banquise a diminué de plus de 13 % par décennie au cours des 40 dernières années depuis le début des relevés par satellite. Selon Ed Blockley, un expert du Met Office (le  service national britannique de météorologie) interrogé par un quotidien anglais, « il s’agit d’un déclin d’environ 85 000 km2 par an, ce qui équivaut à la perte annuelle d’une superficie de banquise supérieure à celle de l’Écosse ».

Si la hausse des températures se confirme (et se poursuit) dans les années à venir, les étés sans banquise en Arctique devraient devenir la norme. Avec pour conséquences des changements environnementaux et écologiques rapides qui pourraient menacer les moyens d’existence des populations vivant dans les communautés côtières. Certaines d’entre elles envisageraient déjà un possible déménagement compte tenu du risque d’inondations causées par ces fontes. Un scénario catastrophe qui semble malheureusement de plus en plus se dessiner…

Arthur Keraudren

Crédit photo : Pixabay (Pixabay License/Myriams-Fotos)
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