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Il y aurait beaucoup à dire quant au comportement de la FNSEA à propos de l’adoption de traité de libre-échange CETA par la France. Des réactions molles, une passivité bizarre, une absence de mobilisation… On a connu les paysans plus « dynamiques » !
Mardi 23 juillet. En première lecture, les députés ont adopté le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Colère des agriculteurs. Fabienne Garel, productrice de lait et présidente de la fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Côtes-d’Armor, explique pourquoi. Elle aborde d’abord la question des normes. « Par rapport aux cultures, il y a précisément 46 produits phytosanitaires qui sont autorisés au Canada et interdits en France et en Europe, comme l’atrazine par exemple. Les antibiotiques comme facteurs de croissance pour les bovins sont également autorisés dans les élevages canadiens alors qu’ils sont interdits chez nous, de même que l’utilisation de farines animales dans leur alimentation. » Le journaliste, Pierre-Henri Allain, lui fait ensuite remarquer que des contrôles sont prévus. Mme Garel semble sceptique : « Les accords stipulent en effet que les produits importés devront respecter nos normes en matière de farines animales, d’OGM ou de pesticides. Sauf qu’on n’a aucune vision sur les contrôles qui seront vraiment effectués et que, alors que les moyens de l’État sont réduits un peu partout, on se demande comment ils seront exercés. Si ce sont simplement des papiers remplis par les Canadiens, on peut douter de leur efficacité. » (Libération, 3 – 4 août 2019).
À ces explications, on peut rétorquer que la FNSEA se réveille bien tardivement. Dirigée par des libéraux et des hommes d’affaires, elle ne s’est jamais opposée au libre-échange. Quant au dossier CETA, cela fait une dizaine d’années qu’il est sur la table, par conséquent la FNSEA avait tout loisir de bloquer le processus. Encore fallait-il le vouloir. Si elle a laissé faire, c’est forcément parce que certaines branches ou certains poids lourds du syndicat y trouvaient leur compte.
Emmanuel Macron avait raison de s’en prendre aux 96 députés LR (sur 102) et aux 29 députés PS (sur 29) qui ont voté contre le traité. « C’est Sarkozy qui a lancé les négociations et Hollande qui les a poursuivies. Ils l’ont fait dans l’intérêt de la France, mais leurs héritiers votent contre ! C’est quand même incroyable ! » (Le Canard enchaîné, 31 juillet 2019).
Bernard Morvan
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