François Pinault avait de sérieuses raisons de rendre service à la famille Chirac. À coup sûr, Jacques Chirac a joué un grand rôle dans l’établissement de sa fortune. Et Pinault avait la reconnaissance du ventre…
Tout naturellement, Le Canard enchaîné (2 octobre 2019) consacre une page à rappeler quelques-uns des exploits de Jacques Chirac et de son équipe : système de surfacturation des HLM de Paris, emplois fictifs à la Ville de Paris, faux électeurs du Ve arrondissement…
Il est également question de François Pinault. « Durant le second passage de Chirac à Matignon (1986-1988), l’industriel Pinault bénéficie de subventions de l’État après avoir racheté – pour 1 franc symbolique – la papeterie de la Chapelle Darblay. Il la revend 1,4 milliard de francs en 1990 ! Bien plus tard, Pinault, reconnaissant, logera gratis son bienfaiteur pour ses vacances à Saint-Tropez et mettra à sa disposition son hôtel particulier parisien. »
Chirac et Pinault étaient devenus copains à l’occasion d’une campagne législative ; le premier avait demandé au second un service : sauver une scierie qui se trouvait en faillite dans sa circonscriptions de Corrèze. Ce que fit Pinault, alors professionnel du bois. Il eut donc droit plus tard à un « retour sur investissement ».
Le bon choix
Notons que Pinault avait fait le bon choix. En effet, il est toujours judicieux pour un patron de soutenir un politicien prometteur qui saura se montrer reconnaissant lorsqu’il entrera au gouvernement. Et d’abandonner le tribun protestataire qui n’a aucune chance d’accéder au pouvoir. Car jusqu’alors Pinault donnait un coup de main à Jean-Marie Le Pen ; ainsi le président du Front national bénéficiait de l’avion de Pinault pour faire sa tournée de meetings pendant les campagnes électorales. Mais ce n’était pas un bon investissement !
B. Morvan
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