Un accord sur le Brexit reste peu probable cette semaine. Dans la situation actuelle, l’option la plus probable est celle d’une autre extension de l’article 50. La loi Benn Act, qualifiée à juste titre de la « loi de capitulation » (Surrender Act), a réduit à néant toute chance réelle de parvenir à un accord comme elle était censée le faire. Elle a donné à l’UE l’assurance que le Royaume-Uni était mandaté pour demander une prolongation, excluant la pression d’un Brexit non négociable (notamment en Irlande et en Allemagne).

Comme on pouvait s’y attendre, Michel Barnier a indiqué que l’UE accorderait cette prolongation, probablement dans l’espoir d’obtenir suffisamment de temps pour que le Parlement britannique, qui reste dominé par la majorité conservatrice, puisse légiférer sur un second référendum.

Les récentes spéculations dans les médias au sujet de la rencontre entre Boris Johnson et Leo Varadkar laissent entendre qu’il y a eu un rapprochement entre les deux camps, ce qui laisse à penser qu’un accord est en vue.

Mais cela reflète plus probablement le désir des deux côtés de paraître raisonnables dans les dernières étapes avant l’échec des pourparlers. L’UE ne renoncera pas à sa position ferme selon laquelle l’Irlande du Nord doit rester dans l’union douanière, ce que le Royaume-Uni ne peut pas autoriser. Des solutions « créatives », telles que le nouveau plan de double dédouanement ou des procédures douanières simplifiées et améliorées sur le plan technologique, qui permettraient de sortir de l’impasse, ont déjà été mises de côté.

Le résultat final est qu’il y aura très vraisemblablement une prolongation jusqu’à l’année prochaine du délai de sortie de l’UE, période au cours de laquelle des élections générales au Royaume-Uni seront organisées. Les sondages laissent entendre que les Britanniques en ont assez du drame du Brexit et qu’ils souhaitent se tourner vers un gouvernement conservateur qui a l’intention d’exprimer la volonté du peuple – c’est-à-dire un Brexit tel que voté lors du référendum de 2016.

David Collins, professeur en droit économique international à City University of London

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine 

1 COMMENTAIRE

Comments are closed.