voile_islam

Julien Odoul est membre du bureau national du RN, président du groupe RN au conseil régional de Bourgogne-Franche Comté, délégué du RN dans le département de l’Yonne. Depuis quelques jours, une vidéo dans laquelle on voit l’élu demander l’expulsion d’une femme accompagnant son enfant et portant le foulard islamique hors de l’Assemblée de son conseil régional de tutelle fait le buzz et enflamme les réseaux sociaux.


Cela lui a valu le passage au tribunal médiatique d’une Laurence Ferrari perdant toute mesure. Pour revenir sur cette polémique, qui avait fait réagir par ailleurs Julien Dir, nous avons interrogé Julien Odoul.

Breizh-info.com : Revenons sur votre passage à la télévision ou plutôt devant le tribunal médiatique présidé par une Laurence Ferrari moitié chienne de garde, moitié hystérique ?

Julien Odoul : C’était assez pathétique, avec une mise en scène, évidemment bien préparée. Pour faire pleurer dans les chaumières, me faire passer pour un immonde tortionnaire. Même certains journalistes ont dénoncé ce type de méthodes.

Breizh-info.com : Votre intervention a fait le tour du web depuis ce week-end. C’était intentionnel de votre part ce coup de communication, ce buzz – puisque vous avez mis en ligne la vidéo ?

Julien Odoul : Mon but n’était pas de faire du buzz. Je suis un élu qui relaie son combat politique, comme tous les élus. Ses interventions, ses prises de position. Je le fais à chaque fois. Il n’y avait pas d’exception. Mais la scène qui s’est présentée, comme d’autres avant, était symbolique. Il y a deux semaines, j’avais relayé l’exhibition d’un voile islamique lors d’une cérémonie à destination de lycéens. Une lycéenne de terminale s’était présentée voilée pour recevoir un prix de l’Éducation nationale et cela ne semblait poser de problème à personne… Je l’ai médiatisée, tout comme cette scène au conseil régional, atteinte grave au principe de laïcité, provocation intolérable compte tenu du contexte dans lequel nous sommes. J’ai voulu sensibiliser le plus grand nombre sur cet exemple-là, pas sur cette personne-là.

Je veux faire avancer le débat sur les moyens de l’État et de la République pour enrayer l’avancée du communautarisme et de l’islamisme. Ces moyens sont insuffisants aujourd’hui, et même détournés. Nos lois sont détournées par les islamistes qui en jouent habilement. Au moins que cette polémique fasse avancer le débat, notamment sur la neutralité religieuse lors des sorties scolaires et plus généralement sur la place du voile en France, dans l’espace public. Aujourd’hui, le voile n’est ni un vêtement, ni un signe religieux, mais un symbole politique islamiste, qui marque l’attachement à une idéologie mortifère. Idéologie qui est la cause des 263 morts depuis 2012 dans les attentats terroristes en France.

Breizh-info.com : Un de nos chroniqueurs soulignait une erreur possible de stratégie de votre part. Vous avez dénoncé le port du voile dans l’enceinte d’une collectivité, sans aller au bout du raisonnement qui aurait pu être de dire que la personne n’avait rien à faire dans ce pays tout simplement… On a l’impression que vous voulez absolument que ces gens s’assimilent alors qu’en réalité ils ne le veulent pas. Pourquoi les obliger à se fondre dans la masse, pourquoi ne pas les laisser se distinguer et se démarquer ?

Julien Odoul : Ce n’est pas mon approche. Je suis attaché à l’assimilation républicaine, qui a généré beaucoup de réussites depuis deux siècles, en matière de cohésion nationale et de développement de notre société française. Le renoncement des pouvoirs publics à vouloir assimiler, à vouloir construire le vivre en France, conduit à de plus en plus de provocations d’individus qui testent la République. Ils veulent savoir jusqu’où ils pourront aller. Ils détournent et déconstruisent la laïcité qui pour eux se résume à « on vient comme on est, on fait ce qu’on veut ».

C’est pour cela que je ne me suis pas adressé à cette femme, mais à la présidente de Région, représentante de la République au conseil régional. C’est elle la responsable de ce dévoiement. Je n’en veux pas aux personnes qui viennent provoquer, tester la République. Elles sont dans la cohérence de ce qu’elles sont. J’en veux aux élus de la République de saborder notre identité, de ne pas assumer notre mode de vie, nos racines chrétiennes.

La présidente de la Région avait refusé à ce sujet il y a deux ans ma demande d’installation d’une crèche de Noël au conseil régional, au nom de la laïcité. Ce qui montre bien qu’aujourd’hui, cette laïcité interdit des éléments culturels de notre tradition, mais accepte qu’une personne qui porte le voile islamique, signe religieux ostentatoire, et signe politique, vienne dans l’hémicycle du conseil régional.

La laïcité déroule le tapis rouge à l’islam radical tout en muselant toutes les autres religions.

Breizh-info.com : Mais n’êtes-vous pas idéaliste à croire en la laïcité, en la République ? Notamment eu égard aux millions de personnes fraîchement arrivées dans ce pays en quelques décennies, qui n’ont pas la moindre relation avec la laïcité et la République, ni la même histoire, la même culture, la même religion… Comment voulez-vous qu’ils s’adaptent du jour au lendemain à un système qui apparaît largement moins puissant, et moins séduisant par ailleurs que certaines religions, cultures, ou influences extraeuropéennes ?

Julien Odoul : C’est un vrai sujet. À partir du moment où vous avez une immigration massive depuis 20-30 ans et à partir du moment où la France a renoncé à assimiler. Et qu’en même temps, on dit à ces personnes (en majorité arabo-musulmanes), faites comme vous voulez, nous sommes pour l’intégration (venez avec vos coutumes, religions, langues, codes juridiques, notions de la dignité entre hommes et femmes), évidemment que ça ne peut pas fonctionner.

C’est l’État qui a les manettes. Plus on attend, plus ça sera dur d’imposer nos règles, notre mode de vie, et la laïcité. Mais il faut mener ce combat, de manière globale, en arrêtant évidemment l’immigration compte tenu des vagues déjà reçues. Nous devons renforcer notre législation et imposer des règles strictes. Cela passe par l’assimilation ferme à l’école.

Cela passe principalement, compte tenu de l’urgence, par la mise au pas et l’expulsion de l’islam radical dans notre pays (fermeture des mosquées salafistes, interdiction du frérisme, du wahhabisme, du salafisme et des idéologies de la haine), expulsion des imams radicaux… C’est un combat global qu’il faut mener, une vigilance de chaque instant, que doivent assumer l’État, les collectivités territoriales, les pouvoirs publics.

Breizh-info.com : Vous parlez de l’État de droit, des collectivités. Mais vous savez aussi que le tribunal médiatique a aujourd’hui un rôle important, décisif même parfois. Il n’y a qu’à voir l’intervention de Laurence Ferrari dont nous avons parlé plus haut à votre sujet et le tribunal stalinien devant lequel vous êtes passé (avec un Karim Zeribi qui semblait presque prêt à vous taper dessus). Concrètement, comment comptez-vous vous y prendre pour le contourner ? Pour en triompher, au-delà même de victoires électorales qui peuvent se retrouver bloquées par l’inquisition médiatique ? Quand ce ne sont pas les juges eux-mêmes qui prennent le pas sur la démocratie…

Julien Odoul : C’est frappant de voir le décalage, le fossé, entre la petite caste politico-médiatique parisienne, qui s’est offusquée de cette séquence, qui a manipulé, instrumentalisé la photo avec l’enfant, qui m’a presque assimilé à un terroriste (Gérard Miller m’a presque attribué la responsabilité d’une guerre civile)… mais tout cela c’est un microcosme.

Si vous sortez de Twitter, je ne parle même pas d’aller dans la vie réelle, mais sur Facebook, qui représente plus la réalité sociologique française, ce sont des soutiens unanimes. Les Français en ont marre, ils sont dégoûtés de voir que l’on déroule le tapis rouge à ces gens-là. Ils en ont marre que cela profite aux islamistes qui avancent sournoisement du fait de ces polémiques.

J’ai reçu des centaines de messages de soutien, d’appels, de mails. De gens qui ne votent pas forcément RN d’ailleurs. Dans la majorité de la population française, on veut dire stop. L’islam doit se soumettre à la République française. Que cette République, elle est française, que la majorité de la population veut être chez elle en France, et ne veut pas se voir infliger des codes, des lois, des us et coutumes venus d’ailleurs. C’est partagé par une immense majorité des Français. Pour preuve ce sondage hier de l’IFOP sur les sorties scolaires. 66 % des Français favorables à l’interdiction du voile pour les accompagnatrices scolaires. Et je pense même que c’est la fourchette basse.

Si on n’enraye pas cette avancée islamiste, on va se faire manger à tous les niveaux, et nous ne serons plus libres dans notre pays. C’est ça que ne veulent pas comprendre les membres de cette petite caste bobo-journalistes-pseudos antiracistes. Le vivre ensemble qu’ils nous ont imposé, qui est pour eux l’alpha et l’oméga, conduit à vivre avec le communautarisme, qui conduit au vivre avec l’islamisme. Les islamistes et les communautaristes, non contents de ne pas vouloir s’assimiler à notre mode de vie, veulent nous imposer les leurs. Si vous acceptez qu’une femme porte le voile islamique dans un hémicycle, ensuite elle imposera (enfin l’idéologie qu’elle soutient) à toutes les femmes de porter le voile dans les lieux publics. C’est la suite logique de cette idéologie mortifère, qui veut bouleverser nos codes et l’organisation de notre société.

Breizh-info.com : Avez-vous été déçu par le manque de soutien des responsables du RN vous concernant, eu égard au torrent médiatique que vous avez pris en pleine figure ?

Julien Odoul : Je n’ai pas envie de répondre à cette polémique. Ce qui m’importe c’est que ce débat soit posé, et cette séquence a fait que celui-ci s’est ouvert au sein même du gouvernement. Car le gouvernement est divisé sur le sujet entre la ligne Blanquer et la ligne Ndiaye. Aurélien Taché ne supporte plus Jean-Michel Blanquer, qui demande l’expulsion du parti de ce dernier.

Cela fait vivre le débat public depuis 3 jours, c’est un débat essentiel qui doit être tranché rapidement par le président de la République, et je l’espère sur la ligne Blanquer. Il va falloir légiférer pour que le voile ne soit plus légal dans le cadre scolaire, et j’espère aussi dans le cadre des institutions publiques, qui ne doivent souffrir d’aucun prosélytisme.

Marine Le Pen s’était prononcée pour l’interdiction de tous les signes religieux ostentatoires dans l’espace public. Je suis satisfait que ce débat soit ouvert, maintenant j’attends des suites concrètes et qu’on légifère.

Propos recueillis par YV

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V