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La semaine dernière, en pleine séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, président du groupe RN, a pris la parole pour enjoindre « au nom de nos principes laïcs » la présidente socialiste Marie-Guite Dufay « de demander à l’accompagnatrice qui vient de rentrer dans cette salle de bien vouloir retirer son voile islamique ».

Ce dernier ciblait une femme, portant un foulard (qui lui couvrait uniquement les cheveux), accompagnant des enfants, dont le sien, en sortie scolaire. Provocation ou pas, religion ou pas, l’attitude de Julien Odoul, et ses propos, qui ont fait le tour des réseaux sociaux, constitue à mon sens une erreur énorme de communication, mais également de stratégie.

Une erreur de communication, une erreur humaine même. Car en demandant l’évacuation d’une femme, devant son enfant, en l’humiliant de cette façon, Julien Odoul passe aux yeux du grand public, bercé à la société de l’émotion, pour le méchant. Le grand méchant. Il pourrait y avoir un attentat islamiste par jour en France, cela n’y changerait rien. On ne s’attaque pas, lorsque l’on est un homme, à une femme, de cette façon, devant son enfant. Nos mythes et légendes nous enseignent les vertus chevaleresques. Elles doivent prendre le pas sur toute autre chose, y compris lorsqu’une femme déciderait manifestement (et encore, impossible de le savoir puisqu’elle n’a pas été interrogée) de faire possiblement un coup de provocation au sein d’une collectivité.

On ne peut pas humilier une femme ainsi, et encore moins devant son enfant.

Secundo, Julien Odoul a peut être commis une erreur de stratégie. A moins que cela ne soit réellement le fond de sa pensée. En effet, où est le problème à ce qu’une femme affiche sa religion, que ce soit dans la rue ou dans une collectivité publique ? Qui croit encore à la laïcité, dans un pays qui est en voie de dislocation avancée ?

Bien au contraire, il faut laisser celles et ceux qui le veulent porter le foulard, et même pour les plus radicaux le voile intégral, le burkini, que sais-je encore. Il faut les laisser montrer, par eux mêmes, qu’il y a  » eux  » d’un côté et nous de l’autre, que nous ne formons pas, comme certains le prétendent encore hypocritement, un ensemble. M. Odoul demande à cette maman accompagnatrice de retirer son foulard dans l’enceinte du conseil régional. Mais s’il allait au bout de son raisonnement, il aurait dû demander son expulsion hors du pays. Car pourquoi tolérer dans la rue ce que l’on refuse à tolérer dans une Assemblée dans ce cas ?

En réalité, il ne s’agit sans doute pas d’une erreur de stratégie, mais bien d’une ligne politique intenable dans les conditions actuelles, celle de la laïcité absolue, cette laïcité intégrale qui prétend fabriquer des chats avec des chiens, qui prétend faire de Mahorais des bons Français évoquant leurs ancêtre les Gaulois, qui prétend soumettre des cultures et des religions qui ont une force et une influence bien plus grandes que les « valeurs républicaines » auxquelles plus personne, hormis peut être quelques doux rêveurs, ne croie.

NOUS NE VIVRONS PAS ENSEMBLE AVEC DES GENS QUI N’ONT PAS ENVIE DE VIVRE ENSEMBLE. Sachons tout de même conserver notre esprit chevaleresque. Point final.

Julien Dir.

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