Langues régionales : Paul Molac et son collectif dénoncent « l’œuvre de destruction » de l’État français

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À l’initiative du député breton Paul Molac, un nouveau collectif pour défendre les langues régionales a vu le jour. Une manifestation est prévue le 30 novembre prochain à Paris tandis que l’État français fait preuve de toujours autant de mauvaise volonté sur la question.

« Pour Que Vivent Nos Langues »

Encore une vaine initiative pour tenter de sauver les langues dites « régionales » au sein d’un Hexagone restant désespérément sourd à toute demande ? Le député du Morbihan Paul Molac et François Alfonsi, député européen corse, viennent de créer un collectif ayant pour but de défendre ces langues en question.

Ce dernier, baptisé « Pour Que Vivent Nos Langues », entend dénoncer les politiques « linguicides » tout en valorisant et en encourageant l’enseignement de nos langues régionales à l’école. Une pétition adressée au ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a été lancée en ligne et est soutenue par 37 organisations culturelles et linguistiques. Parmi lesquelles des fédérations d’enseignement bilingue ou immersif, des réseaux d’enseignants en langue régionale, mais aussi des parents d’élèves et des élèves.

Cet appel, intitulé « Mobilisation Générale Pour Que Vivent Nos Langues », désigne : « l’occitan-langue d’oc, le basque, le breton, le catalan, le corse, le flamand occidental, l’allemand standard et dialectal alsacien et mosellan, le savoyard (arpitan-francoprovençal), les langues d’Oïl, les créoles et les langues autochtones des territoires des Outre-Mer. »

Des langues qui « résistent en France pour ne pas disparaître car elles figurent toutes à l’inventaire des “langues menacées de disparition” établi par l’Unesco », rappelle le texte associé à la pétition.

Langues régionales en danger : la mauvaise volonté de l’État

Visant juste, l’appel souligne aussi un paradoxe :

« Malgré l’élan mondial pour que biodiversité naturelle et biodiversité culturelle soient enfin considérées et préservées, malgré les textes internationaux qui régissent les droits de l’Homme et les droits des peuples, l’État français, en dépit de multiples condamnations par l’ONU, continue son œuvre de destruction du patrimoine immatériel millénaire que sont nos langues et nos cultures. »

Un État français qui fait preuve d’une politique à géométrie variable selon les cultures à préserver et à promouvoir… Ce déni des responsables politiques est relevé par la pétition : « Cependant les efforts de nombreux militants, parents d’élèves et enseignants de l’enseignement public, de l’enseignement associatif et de l’enseignement catholique ainsi que des élus et bénévoles qui forment un réseau dense et actif, ne peuvent suffire face à la mauvaise volonté de l’État. »

Les pétitionnaires rappellent aussi que « l’enseignement immersif est d’usage courant en Europe et dans le monde pour la sauvegarde de langues menacées par une langue dominante ».

Une manifestation le 30 novembre

Pourtant, l’urgence est là et bien là pour les langues de nos patries charnelles. Car, avec elles, se joue « l’existence même du patrimoine culturel que nous portons ».

Une manifestation est prévue, samedi 30 novembre 2019, à 11 h, devant le ministère de l’Éducation nationale. Dont les pétitionnaires dénoncent notamment la politique de Jean-Michel Blanquer qui met à mal « les différentes formes d’enseignement (optionnelle, bilingue et immersive). »

De même que la réforme des enseignements en lycée et de l’organisation du baccalauréat a « des conséquences terribles pour toutes les filières de langues régionales ». Avec, à la clé, une chute dramatique des effectifs d’élèves inscrits en langues régionales.

L’État, sous couvert d’égalitarisme républicain, voudrait tuer nos langues qu’il ne s’y prendrait pas d’une meilleure façon…

AK

Crédit photo : DR
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