Infatigable, Christian Troadec présentera une liste aux élections régionales de 2021. S’il parvenait à franchir la barre des 10 %, il aurait des élus. En ce moment, il cherche des alliés.

Christian Troadec (régionaliste de gauche), maire et conseiller départemental de Carhaix, ne perd pas de temps. Il s’active en ce moment à préparer une liste pour les élections régionales de décembre 2021, en association avec l’UDB. Il faut trouver d’abord 91 candidats, il les trouvera – le Mouvement breton est riche en éléments divers et variés. Pour l’argent, ce sera plus compliqué – les « militants » sont plutôt radins et peu enclins à cracher au bassinet. Reste les sponsors… En effet, d’après l’article 355 du code électoral, « sont remboursés aux listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés : le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches, circulaires et les frais d’affichage. »

Par conséquent, pour tout ce qui peut être qualifié de « faux frais », il est conseillé de disposer d’une petite cagnotte… ou grosse pour le PS et LR (à cause des journaux électoraux). Tout ce qui concerne la campagne officielle a donc été remboursé à Troadec en 2015 puisqu’il avait obtenu 80 727 voix (6,71 %). Notons que dans son fief de Carhaix Plouguer, il avait terminé au premier tour en tête avec 44,83 % des suffrages ; dans le Finistère, il obtenait la quatrième place (10,63 %). C’est dans les autres départements que ça clochait : 3,68 % en Ille-et-Vilaine, 5,71 % dans le Morbihan et 6,64 % dans les Côtes-d’Armor.

Troadec a donc évité le naufrage financier, mais connu l’échec politique faute d’avoir été qualifié pour le second tour et obtenu des élus. Car, d’après l’article L. 346 du code électoral, « seules peuvent se présenter au second tour les listes ayant obtenu au premier tour un nombre de suffrages au moins égal à 10 % des suffrages exprimés ». Maigre consolation : Troadec met en avant le fait qu’il représente « la quatrième force politique de la Bretagne » (Le Télégramme, lundi 7 décembre 2015). Cette fois, le maire de Carhaix se refuse à donner des consignes de vote pour le second tour : « On pense que les électrices et les électeurs sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à faire. Et évidemment pas de fusion non plus (…) On prépare l’avenir » (Le Télégramme, mardi 8 décembre 2015).

Le Drian et Troadec ne s’aiment pas

Donc pas de fusion, ni avec Le Drian (PS) ni avec Le Fur (LR), ce qu’aurait permis l’article L. 346 du code électoral : « La composition de ces listes peut être modifiée pour comprendre les candidats [Troadec par exemple] ayant figuré au premier tour sur d’autres listes, sous réserve que celles-ci aient obtenu au premier tour au moins 5 % des suffrages exprimés et ne se présentent pas au second tour. » Mais Le Drian et Troadec ne s’aiment pas et le premier n’avait pas besoin de renforts pour l’emporter aisément au second tour.

Aujourd’hui, Troadec se fixe un double objectif : s’ouvrir encore davantage et « participer à une force majoritaire au sein du conseil régional ». Pour ce faire, la porte de la coalition est grande ouverte « à toutes les bonnes volontés. Il y a déjà des discussions en cours » (Ouest-France, Bretagne, 21-22  septembre 2019). Vaste programme ! Pour ce qui est de la « force majoritaire », qu’en pense Loïg Chesnais-Girard (PS), président du conseil régional de Bretagne ?

Bernard Morvan

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