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Ambition première d’un maire : trouver un médecin

Ce que Christian Troadec parvient à obtenir pour Carhaix n’est pas possible pour les petites communes, surtout lorsque l’on a affaire à du rural profond. A Carhaix, la population est habituée à se mobiliser.

A Carhaix, on ne se laisse pas marcher sur les pieds par les fonctionnaires de l’Etat (préfecture, ARS, CHRU). On manifeste facilement ! Une récente illustration a été fournie avec la défense de l’hôpital – il était prévu de fermer les urgences la nuit. Un bras de fer qui s’est terminé par la signature d’un « protocole pour la sortie de crise et le développement de l’hôpital de Carhaix » entre les représentants de l’Etat et les élus. « C’est une grande victoire car l’Etat garantit le maintien définitif du pôle médecine, chirurgie, obstétrique, ce qu’on attendait depuis la fusion avec le CHU de Brest, il y a quinze ans », se félicite Christian Troadec, le maire de Carhaix (Le Télégramme, samedi 28 octobre 2023). L’accord garantit le retour de l’ouverture des urgences sept jours sur sept et 24 heures sur 24, mais sans indiquer à quel moment les urgences de nuit seront mises en route.

Voilà une question qui préoccupe particulièrement Troadec : « On comprend qu’il y ait des problèmes de démographie médicale. Mais est-ce que c’est à la population d’en payer les frais ? Non ! Tout particulièrement à Carhaix, où on se situe à plus d’une heure de route des centres urbains et des autres hôpitaux. Notre hôpital de référence, la Cavale blanche à Bret, se trouve à une heure de demie de route ! » Evidemment, d’autres hôpitaux sont concernés par cette situation : Pontivy, Landerneau, Guingamp, etc.  « On est dans une situation insupportable pour les gens, mais aussi pour les médecins ! Il en manque plus de 600 en Bretagne. Presque toute la Bretagne est désormais en situation de désert médical ! », poursuit-il (Bretons, novembre 2023)

Dans ces conditions, il faut se débrouiller. C’est ce que raconte François-Xavier Ménage, journaliste à TF 1, originaire de Ploërmel, dans son dernier livre « ça craque »  (Robert Laffont). Fin 2013, Alain Launay, maire de Pleucadeuc (entre Ploërmel et Vannes), voit le médecin de la commune partir pour s’installer trente kilomètres plus loin. Il fait alors appel à Jean-Claude Le Badézet, détective privé, installé à Pleucadeuc. Sa mission : trouver un médecin généraliste. Ses honoraires : deux mille cinq cents euros hors taxes, trois mille TTC. Le Badézet rédige textes et annonces sur plusieurs forums en ligne. Des pistes. Des hameçons… Il trouve la perle rare mais, au bout d’un an, le médecin quitte la commune. Divorce par consentement mutuel. « Il était bon mais un peu caractériel », souligne le maire. Alain Launay sait à quoi s’en tenir : « Aujourd’hui, la santé est le premier service demandé par nos administrés ! Ce n’est pas la voirie, ni l’école. C’est le médecin. Il faut que ça devienne notre priorité à tous » Quant à Le Badézet, il connaît la règle du jeu : « Dans certaines zones situées en centre Bretagne, vous pouvez proposer tout ce que vous voulez, les médecins ne viendront jamais ! » « A plus d’une heure de la mer, aucun ne lève le doigt » (François-Xavier Ménage, « ça craque », Robert Laffont).

Bernard Morvan

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2023, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

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3 réponses à “Ambition première d’un maire : trouver un médecin”

  1. louis dit :

    mon medecin m’a dit :” faire 10 ans d’etude pour gagner 4000 balles ça n’interesse pas les jeunes ” ça peut se comprendre vu comme ça mais qu’est ce que propose l’etat ?: que dalle !

  2. patphil dit :

    les socialistes avaient eu l’idée brillante de réduire le numérus clausus, moins de médecins = moins de dépenses de la sécu, ils ont réussi, d’ailleurs c’est pourquoi ils n’ont jamais augmenté ce chiffre

  3. Henri dit :

    L’État français, en état de quasi-faillite, n’a plus guère les moyens de former des médecins en nombre suffisant, et ses énarques ont trouvé deux idées géniales : supprimer les postes de médecins (de préférence en zone rurale, ça apprendra aux Gilets Jaunes de foutre le bordel dans la micronosphère !), et faire appel à des praticiens venant d’Europe de l’Est ou d’Afrique (et tant pis pour les patients est-européens et africains, qu’ils se débrouillent).

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