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« L’immigration n’enrichit que les patrons », les dernières déclarations du président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux auraient une nouvelle fois tendance à donner raison à ce vieux slogan militant…

Immigration professionnelle : « plus simple » pour le Medef

Le Premier ministre Édouard Philippe devait annoncer le 6 novembre 20 dispositions en matière d’immigration après les débats engagés le mois dernier au Parlement. Parmi ces mesures, il est question de mettre en place des quotas visant à ajuster les arrivées en fonction des besoins économiques.

Interrogé ce même 6 novembre au matin sur RMC, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a jugé mercredi qu’il fallait rendre « plus simple » et mieux planifier l’immigration professionnelle. Il s’est aussi prononcé favorablement à des quotas décidés en concertation avec les branches professionnelles.

Toujours selon les mots de Geoffroy Roux de Bézieux, l’organisation patronale demande que le recrutement d’étrangers « soit beaucoup plus transparent, objectif, professionnel et planifié » selon les besoins de l’économie française. Pour le Medef, il est nécessaire de rendre « l’octroi de titres de travail plus simple, plus transparent ». Geoffroy Roux de Bézieux souhaite ainsi une modification des procédures que doivent effectuer les entreprises pour recruter une personne étrangère.

Geoffroy Roux de Bézieux et l’immigration « rationnelle »

Sur RMC, le patron du Medef poursuit : « Quelle est la situation ? À peu près 30 000 personnes l’année dernière qui ont eu un titre de travail étranger pour pouvoir travailler, sauf que les entrepreneurs aujourd’hui sont obligés de se débrouiller tout seuls, ils se déplacent auprès de la préfecture, de la Direccte [NDLR : directions régionales des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi], on leur dit oui on leur dit non sans raison, sans planification ».

Par ailleurs, Geoffroy Roux de Bézieux juge comme étant une « bonne idée » la volonté du gouvernement d’impliquer les branches professionnelles dans la fixation des règles de cette immigration « de travail ». Un président du Medef qui estime que « l’immigration économique est un sujet assez rationnel ». En usant d’un argument déjà éculé : « Ce n’est pas parce qu’il y a 3 millions de chômeurs que les entreprises arrivent à recruter partout ». Il plaide également pour que la question de cette « immigration économique » n’entre pas dans la « polémique sur le nombre d’immigrés total ».

Dès 2020, « un débat annuel au Parlement pour définir des quotas par secteur d’activité » pourrait avoir lieu tandis que la ministre du Travail Muriel Pénicaud a annoncé que ces quotas d’immigration professionnelle seront mis en place à partir de « l’été prochain ».

« Les quotas, c’est la réponse des faibles »

De son côté, Geoffroy Roux de Bézieux demande la constitution d’un « groupe d’experts, de gens qui connaissent le marché de l’emploi » dans le but de « faire fluctuer » les quotas d’immigrés selon les besoins du marché de l’emploi. Aussi « rationnelle » soit-elle pour le Medef, cette immigration viendra donc s’ajouter aux autres flux.

Cette politique des quotas a d’ailleurs cristallisé les critiques. À l’instar du député Rassemblement National Sébastien Chenu pour qui, « les quotas, c’est la réponse des faibles, (…) qui acceptent de composer avec la submersion migratoire. On nous vend toujours la nouvelle Marie Curie arrivée du bout du monde, moi je crois qu’on a suffisamment de gens sur notre territoire ».

Ces mesures à venir auront effectivement un impact dérisoire sur les chiffres globaux de l’immigration et laissent davantage à penser à un ratissage sur son aile droite pour Emmanuel Macron à quelques mois des élections municipales qu’à un véritable plan d’envergure sur ce sujet crucial.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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