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Le Japon n’accorderait pas suffisamment de place aux femmes dans les postes à responsabilité. C’est ce qu’a estimé la nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international. Une priorité pour le pays ?
Le Japon traditionnel face aux injonctions du FMI
Trop patriarcale, la troisième puissance économique mondiale derrière les États-Unis et la Chine ? Si le Japon est un pays exemplaire dans bien des domaines, certains (ou plutôt certaines en l’occurrence) se permettent tout de même de venir lui donner des leçons sur son sol.
En déplacement à Tokyo lundi 25 novembre, la Bulgare Kristalina Georgieva, nouvelle directrice générale du FMI (Fonds monétaire international) a déclaré que le pays devait redoubler d’efforts pour augmenter la proportion de femmes dans les postes à responsabilité.

Kristalina Georgieva. Source : dw.com
Au cours d’une conférence de presse, celle qui a succédé à Christine Lagarde à la tête du FMI a déclaré que, malgré le fait que la présence des femmes sur le marché du travail au Japon avait « remarquablement augmenté », cette présence ne se voyait « pas tellement dans les postes de direction ». Qu’il s’agisse du public comme du privé.
Japon : priorité à la lutte contre le déclin démographique
Kristalina Georgieva a exhorté le Japon à réaliser des « efforts concertés » afin de mettre en place « davantage de formation et d’opportunités de carrière » qui permettraient aux femmes nippones « d’exceller ». Des « conseils » qui ne dépareillent pas vraiment du ton déjà pris par Christine Lagarde sur cette question durant son mandat. Depuis 2012, le nombre de femmes à travailler au Japon a augmenté d’environ 3 millions.
Toutefois, si le gouvernement de Shinzo Abe a déjà adopté plusieurs mesures pour améliorer la condition féminine dans le monde professionnel (avec par exemple la gratuité des écoles maternelles et des allocations pour les frais de crèche), Tokyo considère que l’enjeu principal est avant tout le fort déclin démographique auquel le pays doit faire face. Tout en sachant que le Japon se refuse (à raison) à imiter certains États européens ayant recours à l’immigration pour répondre à la pénurie de travailleurs. Avec les conséquences et l’efficacité d’une telle stratégie que l’on connaît chez nous…
Pour résoudre cette équation de la baisse de sa population, le Japon préfère largement se tourner vers l’innovation. De la robotique à l’intelligence artificielle, le pays semble résolu à miser sur la qualité de ses investissements plutôt que sur la quantité démographique. Et ne compte pas s’encombrer outre mesure des agitations féministes occidentales.
Japan’s population is aging, and the labor force is shrinking at a rapid pace. Today, Managing Director @KGeorgieva visited a leading Japanese #automation–#robotics start-up and was impressed at how Japan is building greater resilience to face its #demographic challenges. pic.twitter.com/DaLnljGAti
— IMF (@IMFNews) November 24, 2019
Quant aux recommandations de la patronne du FMI sur la place des femmes, reste à savoir si elle les formulera de nouveau lors de futurs déplacements dans certains États du Moyen-Orient.
AK
Crédit photos : Wikimedia Commons (CC/Preiss/MSC)
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