Un psychologue l’affirme : « Aucune certitude que les islamistes changent y compris après la prison ou les programmes de « déradicalisation »

islamistes

Nos sociétés occidentales sont parfois gouvernées par des Bisounours, qui pensent que les démocraties libérales, que « l’esprit républicain », ou que l’idéologie de la société de consommation peuvent venir à bout, notamment d’idéologies et de doctrines religieuses parfois bien plus vieilles qu’elles.

C’est le cas avec les fameux et coûteux « programmes de déradicalisation » lancées en Europe de l’Ouest (ils n’existent pas en Hongrie ou en Pologne par exemple, ces pays n’ayant pas enfanté ni fourni de la matière islamiste à l’Etat islamique…), qui rendent sceptiques jusqu’à des personnels et des médecins qui s’en occupent, comme le rapporte cet article de la BBC traduit en Français ci-dessous

Le psychologue à l’origine du principal programme britannique de déradicalisation des terroristes affirme qu’on ne peut jamais être certain que les assaillants aient été « guéris ».

Christopher Dean a déclaré à la BBC que certains délinquants islamistes qui participent à son programme Healthy Identity Intervention (HII) semblent régresser en raison de la complexité unique de leur identité. M. Dean a pris la parole après que Usman Khan, participant à la HII, ait poignardé deux personnes à mort sur le pont de Londres le 29 novembre. Il a été emprisonné il y a huit ans pour avoir planifié la mise en place d’un camp d’entraînement au terrorisme – mais il semblait être en train de se réhabiliter au moment de sa libération en décembre 2018.

Dans le cadre du programme HII, le délinquant assiste à des séances répétées avec un psychologue qui l’encourage à parler de ses motivations, de ses croyances, de son identité et de ses relations avec les autres extrémistes et le reste de la société.

L’objectif, selon le psychologue judiciaire M. Dean, est de trouver des moyens d’amener le délinquant à réfléchir profondément à ce qu’il attend vraiment de la vie – et cela peut l’amener à abandonner l’extrémisme et la violence.

S’exprimant dans le cadre de l’émission Today de la BBC Radio Four lors de sa première interview, M. Dean a déclaré que le travail était complexe : « Nous demandons à ces gens de réexaminer les engagements pris dans leur vie… pourquoi ils ont pu adhérer à une cause particulière et soutenir la violence au nom de cette cause. On ne peut pas forcer les gens à faire ça. Il ne s’agit pas de dire à quelqu’un que vous devez être comme ci, ou que vous devez être comme ça. Le comportement humain ne fonctionne pas comme ça.  Je pense qu’il faut faire très attention à ne jamais dire que quelqu’un ne présente plus de risque de commettre un attentat. Je ne pense pas qu’on puisse jamais en être sûr. »

(…) BBC

Quid de la déradicalisation des islamistes en France ?

En France, et alors que des centaines de combattants islamistes seront bientôt libérés, les programmes de déradicalisation ont suscité de nombreuses critiques, comme on peut le lire ici, dans la revue parlementaire (un centre avait même fermé à peine son ouverture proclamée).

« La déradicalisation : seuls ceux qui en vivent y croient » n’a d’ailleurs pas hésité à affirmer l’une des personnes auditionnées par la mission. Des propos que les rapporteurs ont fait leurs. « La déradicalisation, en soi n’existe pas. Personne ne peut croire aujourd’hui qu’un être humain peut « désidéologiser » un autre humain en quelques mois. C’est une illusion qu’on a entretenue parce qu’il fallait rassurer la population après les attentats » affirme Esther Benbassa. Le travail désembrigadement demande du temps, « or en politique le temps long n’existe pas, et on fait donc de l’affichage » lâche la sénatrice. Esther Benbassa juge le recours aux associations inadapté, mal préparé. De l’amateurisme. « Du bricolage ». « Certaines personnes ont pu être dirigées vers des personnes ou des associations non compétentes qui ont voulu profiter de la manne financière ». Reprochant la trop grande générosité du financement publique, le rapport préfère insister sur la nécessité de resserrer le « nombre d’acteurs » et de faire appel à « des acteurs de terrain ».

La compétence en la matière est une question majeure insistent les élues qui veulent mettre l’accent sur la formation des intervenants. Elles proposent la mise en place d’un cahier des charges national avec un appel d’offres avec une évaluation et un véritable encadrement. Au cours de leur enquête, les rapporteures ont pu voir ce qu’il se faisait à l’étranger (Vilvorde en Belgique, Aarhus au Danemark, etc.). Elles ont retenu que les approches qui fonctionnent sont celles fondées sur des expériences individualisées, « qui permettent de revenir sur une voie non pas de « désislamisation », mais de pratique de l’islam sans tomber dans le djihadisme ». Et cela passe par la réinsertion et la socialisation, « orientation qui n’est pas celle choisie par le Gouvernement » tacle Esther Benbassa. « Seule la prise en charge individualisée, personnalisée apporte de véritables résultats » conclut Catherine Troendlé.

Seuls ceux qui en vivent y croient. Tel pourrait être le résumé de ces programmes de déradicalisation, mis en oeuvre pour ne surtout pas s’attaquer au problème islamiste à la racine, et pour ne pas répondre à cette question : comment se fait-il que la France et l’Angleterre ainsi que la Belgique, entre autres, aient fournis autant de combattants islamistes ? Sans doute la faute à l’immigration suédoise….

YV

Crédit photos : DR
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