Entre le 7 et le 9 janvier 2015, plusieurs attentats islamistes frappèrent la France, tuant 17 personnes et faisant quelques dizaines de blessés.

« On a vengé le prophète Mohammed », s’exclamaient l’un des terroristes dans une vidéo filmée par un voisin des locaux de Charlie Hebdo. Vidéo qui montrait aussi l’un des frères Kouachi abattre à bout portant un policier au sol, qui avait eu le tort d’agoniser un peu trop bruyamment.

La police parvint tant bien que mal à stopper la progression des fous d’Allah mais le mal était fait.

En réaction à ces attaques, la France décidait immédiatement d’organiser de grandes « marches républicaines » dans tout le pays. De nombreux chefs d’état étrangers furent conviés au grand rassemblement parisien et plusieurs millions de personnes les suivirent.

Ce jour-là, la France faisait le choix de la lâcheté.

Pleurer plutôt que de tirer des enseignements. Brandir un stylo plutôt que les armes face aux ennemis sanguinaires. Elle pensait qu’espérer la paix suffirait à l’obtenir. Elle prétendait aussi vouloir rire (un an après la censure de Dieudonné par les plus hautes instances de l’état).

Le commando des frères Kouachi, qui s’était occupé d’éliminer une bonne partie de l’équipe du journal satirique Charlie Hebdo mais aussi les policiers en surveillance devant leurs locaux, était déjà oublié. Tout comme Amedy Coulibaly, preneur d’otages dans une épicerie cacher de Paris, qui avait fait quatre victimes.
François Hollande, Anne Hidalgo et consorts n’avaient que deux mots à la bouche, « pas d’amalgame ». Les mosquées salafistes ? Elles n’existent pas. Les fichés S ? On les connaît déjà, tout va bien ! Les binationaux ? Une chance pour la France ! La radicalisation en prison ? Une rumeur d’extrême droite ! La gangrène islamiste dans les banlieues ? Même chose !  Les liens avec l’immigration ? Une théorie du complot !

Il fallait marcher pour la paix, pour l’amour, tous ensembles. Tous ensembles, sauf avec les « fachos » du Front National, bien sûr. S’ils avaient prévenus qu’un tel danger pouvait survenir, c’était certainement parce qu’ils étaient eux-mêmes un peu coupables, après tout !

Cette grande parade défila donc pendant quelques heures, dans tout le pays. La foule parisienne semblait oublier qui se tenait devant elle. Des chefs d’états qui, entre deux commentaires bien-pensant à la presse sur la liberté d’expression, devaient discuter entre eux des prochaines mesures liberticides sur internet et ailleurs.

Les « marches républicaines », nom absurde et digne d’une mauvaise dystopie, d’un 1984 version 2015, dans lequel la paix serait synonyme de soumission à l’ennemi, ne stoppèrent évidemment pas l’élan islamiste.

Lors des mois suivants, un patron d’entreprise, Hervé Cornara, fut décapité par l’islamiste Yassin Salhi, au fin fond de l’Isère, tandis qu’un autre homme de Daech, Ayoub El Khazzani, fut stoppé in extremis par trois touristes américains alors qu’il s’apprêtait à commettre un massacre dans un train le 21 août.
Trois américains dont deux soldats, comme ceux qui avaient rejoints les rangs de l’armée après le 11 septembre 2001. Le pays de l’Oncle Sam avait en effet lui aussi subit des attentats quatorze ans plus tôt mais avait réagi différemment. Comme un pays plein de fougue, et non pas une nation mourante n’étant plus que l’ombre d’elle-même.

Les guerres impérialistes américaines ne sont sans doute pas des exemples en terme de morale ou d’intelligence, mais les réactions « violentes » des jeunes hommes de ce pays ont au moins le mérite de montrer qu’une flamme brille en eux. Une flamme plus saine et protectrice que celles des bougies allumées par les veaux de Paris, Nantes ou Bordeaux. Une flamme qui les incite à protéger les leurs, quitte à se mettre en danger.

Trois américains ont donc donné un répit aux Français, mais, trois mois plus tard, personne ne parvint à arrêter les différents commandos qui mirent la capitale à feu et à sang. 138 morts et 413 blessés, au Bataclan, dans des cafés des 10 et 11ème arrondissements…

Le Stade de France et ses 80 000 spectateurs échappèrent cependant au pire grâce au bon travail des stadiers qui ne laissèrent pas entrer les trois terroristes (dont deux venus en France avec la vague de migrants de l’été précédent) qui étaient venus avec des bombes. On déplora tout de même un mort et plusieurs blessés lorsque les trois kamikazes se sont fait sauter à l’extérieur du stade. Il était moins une pour que le bilan soit encore plus important.

Nous en étions tout de même déjà à deux cents morts en moins d’un an, et ce n’était pas fini.

Le père Jacques Hamel fut égorgé dans son église en juin 2016, un mois avant un autre attentat de masse, à Nice, le 14 juillet, jour de fête nationale.  86 morts, cette fois, dont des enfants, écrasés par un islamiste sans papier qui s’était emparé d’un poids lourd. Mais la France avait déjà commencé à s’habituer et n’a mis que quelques jours pour oublier l’horreur.

Cela continue depuis. Deux jeunes filles à Marseille, un couple de policiers en région parisienne, des passants à Strasbourg, et bien d’autres. Souvent des policiers, d’ailleurs, et bien sûr le gendarme Arnaud Beltrame, en 2018 à Carcassonne.

Mais la France et les Français sont Charlie, ils ne veulent plus penser à la mort, au danger, aux menaces. « Il faut vivre avec » et « ne pas se faire peur ».

Ce sont des charlots, les coupables des drames passés et à venir.

Le programme était finalement très clair dès le 11 janvier 2015 : ils préfèrent que leurs propres filles crèvent dans les conditions les plus atroces plutôt que de passer pour les méchants.

Le père d’une jeune fille morte au Bataclan a récemment écrit un livre en collaboration avec…le père de l’un des terroristes du Bataclan.

Pas de révolte pour le soi-disant peuple de la Révolution, pas de grève de la CGT, pas de gilets jaunes ou de bonnets rouges, juste des slips crasseux… et, contrairement à ce qu’ils prétendent, du sang sur les mains jusqu’aux coudes.

Ah, et des chansons de John Lennon aussi.

Oui, il y a 5 ans, la France renonçait pour de bon à se respecter.

AR

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