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En Grèce, le gouvernement accuse les ONG d’avoir aidé les passeurs mais les rend également responsables des troubles dans les camps de migrants en ayant incité ces derniers à se révolter.

Grèce : quel rôle pour les ONG ?

Le gouvernement grec entend mettre fin aux agissements des ONG pro-migrants dans le cadre de sa lutte contre les nouvelles arrivées sur l’île de Lesbos. Des ONG accusées de fournir une aide aux passeurs mais aussi d’alimenter les troubles entre les habitants et les migrants, notamment lorsque ces derniers ont mis le feu à une maison abandonnée dans le village de Moria, causant des affrontements avec la population locale.

Selon le vice-ministre grec de la Migration George Koumoutsakos, il y aurait « une galaxie d’ONG douteuses qui opèrent aux côtés d’un réseau de médecins, d’avocats et d’autres personnes qui font de la misère humaine de ces gens un véritable commerce ». Et d’ajouter : « Ce sont des sangsues et ces pratiques doivent cesser. Tout cela contribue à l’immigration clandestine ».

Les autorités grecques durcissent la législation

Si la situation n’est pas nouvelle, les autorités grecques semblent cette fois avoir saisi l’ampleur du problème. Ainsi, une loi promulguée il y a quelques jours permet de soumettre à un contrôle strict de l’État des centaines d’ONG opérant en Grèce. Ces ONG devront dorénavant obtenir une autorisation pour leurs missions, leur personnel et leurs sources de financement.

Au total, il y aurait plus de 400 ONG et associations à opérer des missions liées aux migrations sur le territoire grec. Mais moins de 90 d’entre elles bénéficient d’une autorisation officielle. Un constat qui pose aussi la question de l’efficacité des autorités grecques jusqu’à présent…

En outre, une liste avec au moins 35 noms recenseraient les travailleurs humanitaires soupçonnés d’aider et d’encourager les passeurs turcs.

Lesbos, symbole d’une situation explosive

Dans cette Grèce où la question migratoire est devenue encore plus préoccupante que la situation sociale, déjà peu glorieuse, l’île de Lesbos fait figure de laboratoire. En regroupant sur une petite superficie des camps de migrants surpeuplés et une population locale excédée. À Moria, le plus grand camp de l’île, plus de 19 000 demandeurs d’asile vivent dans un établissement pouvant accueillir 2 840 personnes.

Signe de cette colère montant en puissance, une grève générale et des manifestations ont eu lieu le 22 janvier dernier sur les îles de Lesbos, Samos et Chios pour protester contre l’inefficacité du gouvernement grec à déplacer ces migrants vers des zones moins exiguës tandis que des incidents se répètent semaine après semaine.

AK

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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