Les communistes orthodoxes l’emportent au Guyana et ils ont les moyens de leurs promesses

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Mise à jour : Résultats contestés ; la victoire est revendiquée par le sortant David Granger

Avec 50.9 % des voix, le Parti progressiste du peuple, dirigé par Mohamed Irfaan Ali, l’emporte pour l’instant dans l’ancienne colonie anglaise, voisine de la Guyane française. Son rival, le sortant David Granger, chef du parti APNU-AFC (Partenariat pour l’unité nationale-Alliance pour le changement) s’incline avec 43.6 % des voix. (résultats préliminaires sur une partie des inscrits)

Le PPP : un parti frère du Parti communiste chinois, coréen du nord et français…

L’APNU-AFC est de centre-gauche libéral, tandis que le PPP est clairement marxiste : il appartient à la Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers-Solidnet, réseau des partis de tradition stalinienne, aujourd’hui encore le plus puissant des courants se réclamant du communisme. https://fr.wikipedia.org/wiki/Rencontre_internationale_des_partis_communistes_et_ouvriers

Les mots d’ordre communistes ont fait mouche dans ce pays sans usine ni économie sérieuse. Vivant mal de la vente de matières premières sans valeur ajoutée, cette contrée chaude et humide comme un reptilarium est totalement à la merci des yoyos du marché international. La privatisation des gisements de pétrole au profit de la multinationale américaine ExxonMobil par le gouvernement sortant a déplu à la population.

54 ans après l’indépendance, le Guyana n’est pas encore parvenu à créer une économie autonome.

Une lecture ethnique des élections au Guyana : Indo-Guyanais contre Afro-Guyanais

Cette façon d’interpréter les résultats est toutefois réductrice. Le clivage le plus fort en Guyana n’est pas social ou idéologique, mais bien ethnique. Les Indo-Guyanais, hindous ou musulmans, votent PPP ; les Afro-Guyanais votent APNU-AFC. Les autres composantes de la population (notamment les 5 à 10 % d’indigènes amérindiens) n’ont guère voix au chapitre. Les autres partis politiques du Guyana font de la figuration.

Le Guyana est le résultat de l’époque coloniale, période d’intenses migrations. Aux premiers habitants submergés, se sont ajoutés des esclaves importés d’Afrique pour mettre en valeur ce coin de jungle absolument pas paradisiaque : leurs descendants représentent 30 % de la population (CIA Factbook). Après l’abolition de l’esclavage en 1833, les Britanniques ouvrirent les portes aux coolies de leur principale colonie asiatique : une main d’oeuvre inépuisable et misérable, accoutumée au climat tropical, dont les descendants forment aujourd’hui la principale composante de la population. 40 % des habitants du Guyana viennent d’Inde, un peu plus si l’on compte les métis (de 10 à 20 % de la population, le plus souvent issus d’Indiens et d’Européens).

Les tensions intercommunautaires ne sont pas rares dans cette Babel coloniale. 54 ans après l’indépendance, le Guyana n’est pas encore parvenu à créer une nation.

Des lendemains qui chantent grâce au pétrole ?

Ce qui reste aux populations du Guyana, c’est la croyance au miracle pétrolier.

Il est vrai qu’un véritable pactole est attendu de la mise en exploitation de ces gisements : en 2020 la croissance du PIB serait de + 86 %, un record mondial, et ferait de ce pays de 750 000 habitants un émirat tropical. Ou un paradis des travailleurs.

Photo d’illustration : DR
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