USA. Présidentielle américaine : où en est-on après le Super Tuesday ?

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Cet article fait suite à celui du 19 février dernier, publié sur une dizaine de sites dont Breizh-info et celui de l’ASAF (Association de Soutien à l’Armée Française).

Il fait état des évolutions considérables constatées depuis le 19 février et donne un éclairage aussi précis que possible sur les perspectives de résultats de la primaire démocrate de juillet prochain et sur ceux des élections présidentielles du 3 novembre.

Il entre également dans les grandes lignes du programme de politique intérieure et de politique étrangère des deux candidats qui font désormais la course en tête dans le camp démocrate: Bernie Sanders et Joe Biden.

*

Retour en arrière.

Le 19 février dernier, Michael Bloomberg participait pour la première fois à un débat entre 6 des 9 candidats démocrates encore en lice à cette date. Il y a subi un échec retentissant; de ceux dont on a beaucoup de mal à se remettre, face, notamment, à Elisabeth Warren. Il y a perdu gros à la veille du Super Tuesday.

Devant cette faiblesse inattendue de la candidature Bloomberg, l’appareil du parti démocrate a revu sa stratégie visant à barrer la route de l’investiture à Bernie Sanders.

Il a donc décidé de revenir à son choix initial: «soutenir Biden» (malgré ses casseroles). Pour relancer cette candidature, le parti démocrate s’est d’abord appuyé sur les résultats de la primaire de Caroline du Sud, où Biden, soutenu par l’électorat afro-américain, a remporté sa première victoire contre Sanders. C’était attendu, car Biden était le vice-président d’Obama (premier président afro-américain des USA), mais ce succès est allé au-delà des espérances.

L’appareil du parti démocrate a ensuite convaincu Pete Buttigieg et Amy Klobuchar de se retirer de la course à l’investiture en faveur de Biden avant le super-Tuesday, dans l’intérêt de l’unité du parti (contre Sanders). Cette opération politicienne, clairement orientée contre Sanders, a considérablement renforcé la candidature Biden, d’autant qu’elle a été très fortement médiatisée à la veille du scrutin du 3 mars. Il y a eu là un coup terrible porté, par l’appareil du parti, à la candidature du trop populaire Bernie Sanders.

Cerise sur le gâteau, dans son discours du premier mars au congrès de l’AIPAC (America-Israel Public Affairs Committee), Netanyahu a eu des mots très durs contre Bernie Sanders qui a eu le courage et/ou la maladresse de s’attaquer à l’AIPAC et aux excès de la gouvernance israélienne.

Le décor était planté pour une remise en cause, lors du Super-tuesday, du leader de la course à l’investiture: Bernie Sanders.

Le 2 mars au soir, à la veille du Super-tuesday, il n’y avait donc plus que 5 candidats en lice pour l’investiture démocrate: Sanders, Biden, Warren, Bloomberg et Gabbard.*

Les résultats du Super-Tuesday

Les résultats du Super Tuesday, où 16 des 50 états ont voté le même jour, rendent l’issue de la bataille pour l’investiture démocrate plus incertaine, mais ils font apparaître clairement le duel au sommet entre Biden, le candidat de l’appareil du parti et Sanders, le candidat « hors système ».

En effet moins de 48 heures après le Super Tuesday, Elisabeth Warren et Michael Bloomberg jetaient l’éponge à leur tour, faute de résultats convaincants. Pour Bloomberg qui avait dépensé un demi milliard de dollars en deux mois et n’a obtenu que 61 délégués, c’est un énorme camouflet face à un Trump goguenard qu’il s’était juré d’abattre. Chaque délégué de Bloomberg lui aura donc coûté 10 millions de dollars. Ça fait cher le délégué, surtout pour abandonner dès la première participation à un scrutin !

L’électorat démocrate apparaît désormais profondément divisé en deux camps farouchement opposés et d’importance quasi égale. Le camp Biden, soutenu par Bloomberg. Le camp Sanders qui pourrait être soutenu par Elisabeth Warren, voire par Tulsi Gabbard.

Cette division et surtout les manigances de l’appareil du parti démocrate qui apparaissent très clairement (comme en 2016), ne sont pas de bon augure pour une victoire du candidat démocrate investi, quel qu’il soit, dans son face à face final avec Trump. Elles amusent beaucoup le camp des républicains qui pourrait bien en être le principal bénéficiaire dans quelques mois.

Alors que les résultats définitifs du Super Tuesday ne sont pas encore tous connus, la répartition des délégués déjà obtenus par les deux candidats encore en course est la suivante (à l’heure où j’écris ces lignes): Biden: 664 Sanders: 573

Il faut toutefois souligner que le dépouillement des scrutins de la Californie, du Colorado et de l’Utah, favorables à Sanders, n’est pas terminé et que l’écart entre les deux candidats pourrait se réduire.

Pour information, Warren avait obtenu 64 délégués avant de se retirer, Bloomberg: 61, Buttigieg: 26, Klobuchar: 7 et Gabbard: 2

Il faut 1 991 délégués pour être investi au premier tour de scrutin. Biden et Sanders sont encore loin du compte, mais une élection au premier tour en juillet prochain n’est plus impossible si l’écart entre les deux candidats venait à se creuser.

L’idéal, pour l’appareil du parti démocrate, serait que Biden l’emporte au premier tour pour éviter toute contestation et maintenir l’unité du parti.

Si un deuxième tour était nécessaire, Biden devrait l’emporter à coup sûr avec l’entrée en lice, dans le scrutin, de 771 super-délégués (l’appareil du parti) dont une très forte majorité est hostile à Sanders.

Mais que reproche donc l’appareil du parti démocrate à Bernie Sanders ?

Le programme de Sanders franchit plusieurs lignes rouges en politique intérieure et en politique étrangère, au point qu’on puisse qualifier sa mise en application de véritable révolution.

Rendez vous compte : en politique intérieure, le modèle de société auquel se réfère le plus souvent Sanders est celui du Danemark, reconnu comme l’un des meilleur au monde. Sanders souhaite instaurer la gratuité des études supérieures et de la santé: impensable aux USA où les banques prêtent sans compter aux jeunes étudiants qui passeront leur vie entière à rembourser, impensable aux USA avec le système des assurances santé qui font d’énormes profits sur le dos des usagers, avec un système de santé où la moindre prescription est payée au prix fort et où les lobbies de la médecine, de la chirurgie et de la pharmacie font la pluie et le beau temps.

Et en politique étrangère ? Sanders n’est pas un va-t-en guerre qui souhaite imposer, par l’ingérence et les sanctions, la suprématie US sur le reste du monde. Il a osé prétendre que certaines réalisations de la gouvernance cubaine n’étaient pas mauvaises notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation (ce qui est vrai). Ces positions sont inacceptables pour le courant «néoconservateur» du PNAC (Project for a New American Century) et pour les partisans de «l’Amérique über alles» (ou «America First»), que l’on trouve en nombre chez les «démocrates».

Mais par dessus tout, l’erreur majeure et probablement fatale de Sanders, c’est la ligne directrice de sa politique étrangère moyen-orientale. Il est opposé au « deal du siècle », il veut remettre l’ambassade US à Tel Aviv et détricoter l’essentiel de ce que Trump a concédé à Israël (reconnaissance de l’annexion du Golan et des colonies). Il critique ouvertement l’AIPAC et la gouvernance israélienne. Il dit vouloir réduire l’assistance à Israël (finance, armement) et accroître l’assistance à la Palestine. Il est pour une solution à deux États et rejette le caractère confessionnel et intégriste de la gouvernance actuelle de l’État juif.

En conclusion

En conclusion sur l’élection américaine, on peut dire que, jusqu’à présent, les choses se présentent plutôt bien pour Trump. Pourquoi ?

– Parce que la profonde division du camp démocrate ne peut que lui être favorable. Il se contentera jusqu’à juillet prochain de la commenter ironiquement et même de l’attiser par tous les moyens.

– Parce que, malgré son âge (73 ans), Trump a cinq ans de moins que Biden (78 ans) et six ans de moins que Sanders (79 ans).

– Parce que Biden traîne dans son sillage autant de casseroles que Clinton en 2016 et que Trump, qui tient aujourd’hui l’appareil d’état (FBI et Justice), saura instrumentaliser cet appareil au bon moment contre le candidat démocrate dont il exploitera les faiblesse. Il ne fera d’ailleurs que rendre la monnaie de leur pièce à ceux qui l’ont attaqué en 2016 (dont Biden) en multipliant les fausses accusations.

– Parce que Biden, très âgé, a des « absences » de plus en plus fréquentes et multiplie les gaffes lors des débats publics. Les électeurs risquent de s’apercevoir, avant l’élection, qu’il n’a plus toute sa tête…

– Parce que le programme de Biden s’inscrit dans la continuité de celui d’Hillary Clinton, la perdante de 2016…

– Parce que Sanders, s’il est investi, sera présenté comme un affreux « communiste » qui veut imposer « l’horrible modèle de société danois » à la grande Amérique pour mieux la ruiner.

– Parce que Trump s’est donné l’image d’un homme fort, qu’il a fait baisser le chômage, amélioré la croissance du pays et le pouvoir d’achat des américains et qu’il dispose d’une base électorale nombreuse et solide qui lui est très fidèle.

– Parce que Trump dispose d’un « trésor de campagne » qu’il n’a quasiment pas utilisé jusqu’à présent.

En clair, si aucune crise majeure de nature économique ou géopolitique ne vient changer la donne, Trump a de bonnes chances de l’emporter le 3 novembre prochain, malgré la haine féroce qu’il suscite dans un camp démocrate, pourtant majoritaire dans le vote populaire.

Général (2s) Dominique Delawarde

Crédit photo : DR
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