Alors que les médias mainstream s’emballent à la moindre nouvelle venue d’outre-atlantique et commentent abondamment l’élection américaine sans vraiment maîtriser leur sujet, il n’est pas inutile de faire un point de situation pour éclairer les lecteurs intéressés par cette élection.

Quelles sont les forces en présence et leurs principaux soutiens ? Quelles sont les grandes dates du calendrier électoral ? Quel résultat attendre des primaires démocrates en juillet 2020 et de l’élection présidentielle du 3 novembre prochain ?

C’est à ces trois questions que nous allons tenter de répondre le plus précisément et le plus objectivement possible dans les lignes qui suivent.

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Depuis la défaite d’Hillary Clinton en 2016, jamais l’électorat américain n’est apparu aussi profondément divisé au cours de ce siècle. Avec la complicité active d’une forte majorité des médias mainstream, le camp des perdants de 2016 harcèle quotidiennement, depuis plus de trois ans, le président élu, pour tenter de lui interdire de mettre en oeuvre son programme.

Dans cette « guerre civile » qui ne dit pas son nom, Trump a réussi à marquer des points considérables, à résister victorieusement aux attaques menées contre lui, à maintenir son camp mobilisé et uni derrière lui, malgré quelques maladresses retentissantes en politique étrangère et quelques promesses non encore tenues.

Le camp démocrate apparaît, quant à lui, divisé. S’il garde la faveur d’un vote populaire majoritaire dans les grandes villes, il a du mal à faire émerger un leader charismatique qui ne soit pas contesté et ses basses manœuvres politiciennes ont entaché sa crédibilité dans une partie non négligeable de l’opinion.

LES FORCES EN PRESENCE ET LEURS SOUTIENS

Le camp républicain peut se prévaloir d’une économie qui marche (en apparence) : une Bourse à un niveau historiquement (et artificiellement) haut, et un chômage à un niveau historiquement bas ainsi qu’une hausse du pouvoir d’achat pour une majorité de citoyens. Il en résulte que l’impopularité de Trump est moins pire qu’elle ne l’était en 2016 dans les communautés noires et hispaniques et dans les classes moyennes, où de nombreux ex-chômeurs ont retrouvé un emploi.

Ce que les commentateurs oublient trop souvent d’évoquer, pour ne pas affoler les foules et le reste du monde, c’est que cette bonne santé économique « à la Madoff » n’est qu’apparente et fragile. En effet, elle repose sur l’explosion des déficits et de la dette qui battent chaque année de nouveaux records historiques:

    • déficit budgétaire 2019 : 1 311 milliards de dollars
    • déficit commercial 2019 : 853 milliards de dollars
    • dette totale 2019 : 75 750 milliards de dollars
    • dette fédérale 2019 : 23 280 milliards de dollars
      voir : https://www.usdebtclock.org/

Candidat à sa ré-élection, Trump dispose de quatre atouts considérables liés à sa position de président sortant.

1 – La quasi totalité des donateurs du camp républicain concentrent leurs dons sur lui, ce qui en fait, et de loin, le candidat le mieux doté pour aborder cette campagne présidentielle 2020. Ce n’était pas le cas en 2016 où il était très largement dépassé par sa concurrente (1,3 milliard de $ pour Clinton contre 0,8 pour Trump).

2 – N’ayant pas à faire une campagne de primaire dure pour obtenir sa nomination de candidat « républicain », Trump pourra concentrer la quasi -totalité de son énorme force de frappe financière sur le face-à-face final (d’août à octobre 2020).

3 – Disposant du pouvoir exécutif, Trump a changé bon nombre de responsables de l’administration « pro-démocrate » par des gens de son camp (CIA, FBI et surtout juges fédéraux… etc.). Il aura donc beaucoup moins à faire face aux innombrables attaques et accusations infondées, venues de l’exécutif démocrate en place, dont il a été l’objet lors de l’élection de 2016.

4 – Tête de l’exécutif, Trump pourra prendre, jusqu’aux derniers jours de campagne, certaines mesures de nature à plaire à telle ou telle partie de l’électorat, ce qui n’était pas le cas en 2016.  Les USA (et Trump) n’en sont plus à quelques dizaines de milliards de dettes près… s’il s’agit de satisfaire tout ou partie de l’électorat à la veille du scrutin. Par ailleurs, Trump a réussi à affaiblir ses principaux adversaires.

Il a fait perdre beaucoup de crédibilité aux médias mainstream et au camp démocrate, ses plus farouches adversaires, en les accusant quotidiennement, non sans raisons, de véhiculer de « fake accusations » (collusion avec la Russie lors de l’élection de 2016, procédure d’impeachment 2019- 2020…). Trump a triomphé de toutes ces « affaires » qui se sont avérées contre-productives pour ceux qui les ont initiées. Dans l’élection à venir, les médias et le camp démocrate devront être plus prudents dans ce qu’ils disent, sachant que Trump, tête de l’exécutif, peut désormais faire enquêter sur les turpitudes du camp adverse et faire publier les résultats au bon moment comme a pu le faire le camp Macron de janvier à mai 2017, dans l’élection française, avec une superbe instrumentalisation de la justice…

Le camp républicain peut compter sur l’appui du lobby militaro-industriel, sur celui des veterans (anciens combattants), sur la NRA (National Rifle Association), sur l’appareil exécutif et le Sénat, sur les évangélistes et enfin sur l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). Sauf incidents majeurs dans son pays, Netanyahu doit participer au congrès annuel de cette organisation le 1er mars à Washington. Il y apportera son onction à Trump, en échange du soutien de celui ci dans l’élection israélienne qui aura lieu le lendemain, le 2 mars en Israël.

Trump pourra aussi compter sur une myriade de médias « internet », très ardents à le promouvoir et à « démolir » ses adversaires. Il utilisera sans modération son arme de communication directe et massive avec le peuple américain : Twitter.

Le camp démocrate, beaucoup trop « pluriel » et divisé, n’est pas au mieux de sa forme. Les combats électoraux fratricides des primaires laisseront forcément des traces lors du face à face final. De plus, il n’y a pas grand chose de commun entre un démocrate américain tendance Biden, très « traditionnel » et un démocrate tendance Sanders, très « social » et atypique, pour ne citer que ces deux-là.

Les candidats à la candidature démocrates étaient vingt-quatre sur la ligne de départ en juillet 2019. Ils ne sont plus que neuf après la primaire du New Hampshire. Ils n’en restera probablement que cinq dans quinze jours, après le Super Tuesday. Ceux qui ont abandonné la course l’ont fait faute de financement et, bien sûr, faute de bons résultats dans les sondages. Ces deux motifs ont, évidemment, un lien de cause à effet – ce qui illustre le « haut niveau de démocratie » de ces élections reposant essentiellement sur les moyens financiers des candidats… et sur de « généreux donateurs » qui réclameront évidemment un « retour sur investissement » en cas d’élection de leur champion.

Le camp démocrate peut compter sur l’appui inconditionnel de la quasi-totalité des médias mainstream écrits et télévisuels qui n’ont toujours pas digéré leur défaite de 2016. Ils auront l’appui majoritaire des minorités ethniques et des lobbies féministes et gay. Ils réaliseront leurs meilleurs scores dans les grandes villes, dans les milieux universitaires et chez les bobos qui y prolifèrent, tout comme en 2016.

CALENDRIER ÉLECTORAL: 4 POINTS D’ORGUE A RETENIR

Du 1er au 3 mars : Le congrès de l’AIPAC (America Israel Public Affairs Committee), avec le discours de Netanyahu le 1er mars. Il y sera question, sans surprise, des « méchants iraniens » et de la nécessité du soutien de l’exécutif américain pour y faire face. Après moult remerciements de Netanyahu à Trump pour son action pro-Israël (reconnaissance de Jérusalem, annexion du Golan, deal du siècle, élimination du général Soleimani) et la réaffirmation du lien indéfectible Trump-Netanyahu, les élections législatives israéliennes du 2 mars pourrait se passer mieux que prévu pour Benjamin.

Enfin, le 3 mars, les résultats du Super Tuesday et les abandons qui suivront dans la primaire démocrate devraient permettre de faire émerger le podium de la convention démocrate.

Concernant le Congrès de l’AIPAC, une grande nouvelle mérite d’être soulignée. La quasi totalité des candidats démocrates à la primaire (dont Sanders et Warren) ont décliné l’invitation d’aller y présenter leur programme et de déclarer, par leur présence, leur allégeance à Benjamin Netanyahu. Peut être considèrent-ils désormais comme contre-productive leur apparition à ce genre de « grand-messe », encore fréquentée en France par Emmanuel Macron. On ne devrait donc pas voir de remake de la campagne 2016 où Clinton et Trump avait rivalisé d’amabilités à l’égard de l’AIPAC.

Du 12 au 16 juillet : La convention démocrate désignera son champion à Milwaukee.

Du 23 au 27 août : La convention républicaine couronnera Trump (74 ans) à Charlotte (si Dieu lui prête vie…).

3 novembre 2020 : Élection présidentielle américaine.

DES PRIMAIRES PAS JOUÉES D’AVANCE

S’agissant des primaires républicaines, les choses sont simples : Trump raflera la quasi-totalité des délégués. Seul un accident pourrait l’empêcher d’être couronné à la convention républicaine qui se déroulera du 23 au 27 août prochain à Charlotte. Ce qui est fascinant, c’est de constater que, le résultat de la primaire étant pourtant connu d’avance, un nombre inhabituel d’électeurs se déplacent tout de même pour soutenir Trump. Ainsi, dans le New Hampshire, avec 127 937 électeurs sur son nom, Trump fait beaucoup mieux que tous ses prédécesseurs ayant brigué un second mandat (Obama 49 080 en 2012, Georges Bush 52 972 en 2004, Bill Clinton 76 797 en 1996). De tels résultats devraient interpeller nos experts.

S’agissant de la primaire démocrate, cinq noms de candidat ressortent en tête des sondages au niveau national.

1 – Bernie Sanders (79 ans) arrive désormais le plus souvent en tête avec une « moyenne de sondages » à 24,8% de l’électorat démocrate. Il est le plus « social » des candidats. De centre gauche au sens français du terme, il est pourtant qualifié de « communiste » par les républicains. Parce qu’il est trop social, il n’est pas le candidat favori de l’appareil du parti. Le DNC (Democratic National Committee), s’efforcera de le faire échouer. Bien que membre de la communauté juive, il n’est pas non plus le candidat de l’AIPAC, car il n’est pas sioniste et ne craindrait pas de s’opposer à Netanyahu sur la gestion du problème palestinien et sur la colonisation. Il a voté au Congrès contre les lois anti-boycott d’Israël et contre la loi tendant à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme. Il est, en quelque sorte, l’antithèse de Trump sur une majorité de sujet.

2 – Joe Biden, (78 ans) ancien vice président d’Obama était le favori de l’appareil démocrate et caracolait en tête des sondage en fin 2019. Il est aujourd’hui en chute libre après la mise au jour de l’affaire ukrainienne dans laquelle son fils et lui même étaient directement impliqués. Il est aujourd’hui progressivement lâché par ses soutiens de l’establishment démocrate. L’appareil démocrate ne souhaite probablement pas que se reproduise le scénario Hillary Clinton, battue en raison de ses multiples « casseroles ». Il reste encore second au niveau national à 17,8% mais devrait encore baisser dans les semaines et les mois qui viennent. Il espère encore le soutien de la communauté afro-américaine pour effectuer une remontée.

3 – Michael Bloomberg (78 ans), neuvième homme le plus riche du monde, membre de la communauté juive et propriétaire d’une des plus grandes agence de presse, serait un candidat beaucoup plus convenable, à la fois pour l’appareil du parti démocrate et pour l’AIPAC. Il pourrait constituer un candidat de substitution à Biden lors de la convention démocrate et peut être doubler Sanders sur le fil grâce au vote des super-délégués. Il se situe à 14,6% dans les sondages nationaux pour la primaire démocrate, mais semble bien progresser inexorablement et rapidement, aidé, bien entendu, par son outil de presse et par les médias mainstream amis, parmi lesquels la quasi totalité des médias européens ….

Trump ne s’y trompe pas puisqu’il concentre désormais ses attaques contre lui. Bloomberg n’a participé à aucun débat avant celui du 19 février ce qui lui a évité de dire des âneries et de prêter le flanc à la critique, mais il compte frapper fort, d’emblée, au Super Tuesday. Pour ce faire, il a inventé un nouveau modèle de campagne pour candidats très riches, modèle dont on ne sait pas encore s’il va être efficace. Sa nouvelle recette fait dire à tous ses concurrents démocrates et à son adversaire républicain qu’il veut « acheter la présidence ». La méthode consiste à recruter et rémunérer les plus gros influenceurs du pays sur les réseaux internet (ceux qui ont entre 1 000 et plusieurs millions de followers), pour qu’ils fassent campagne en sa faveur sur les réseaux sociaux. Cette méthode, qui consiste à prendre les citoyens américains pour des « cons influençables », est évidemment coûteuse, mais elle n’est pas illégale dans la démocratie américaine. Elle peut réussir.

D’autant que dans sa pêche aux voix, Bloomberg vient de lancer un ballon d’essai en évoquant l’hypothèse d’un ticket Bloomberg-Clinton. Ce ticket qui mettrait deux New-yorkais farouchement pro-Israël à la tête du pays a-t-il des chances de succès ? Ce sera aux électeurs d’en décider, le plus démocratiquement possible, bien sûr… Bloomberg espère aussi faire oublier à la communauté afro-américaine qu’il n’a pas soutenu Obama lorsque celui ci était candidat. Ancien maire de New York, Bloomberg y a longtemps défendu la politique des interpellations et fouilles arbitraires (stop-and-frisk), accusée d’avoir suscité une explosion des contrôles au faciès. Il a récemment réitéré ses excuses pour cette pratique, dont il a reconnu qu’elle avait mené à l’arrestation de « trop d’innocents », dont « une immense majorité » de Noirs ou de Latinos.

L’élection de Bloomberg à la primaire démocrate, voire à la présidence des États-Unis, ne serait pas une bonne nouvelle pour la paix aux Proche et au Moyen-Orients, ni pour l’Union Européenne qui pourrait être entraînée, par l’intermédiaire de l’OTAN et par le jeu des alliances, dans des conflits de grande ampleur qu’elle n’aurait pas voulus.

4 – Elisabeth Warren (71 ans), de centre gauche comme Sanders, arrive en 4ème position à 12,6%. Il n’est pas inenvisageable qu’elle fasse alliance avec Sanders, dont elle partage la sensibilité sociale, pour faire un ticket vainqueur à la convention. Elle aurait alors une chance de devenir la première femme vice-présidente des États-Unis.

5 – Pete Buttigieg (38 ans): beaucoup plus jeune que ses concurrents, est gay et se place, dans les sondages, en 5ème position au niveau national, à 10% chez les électeurs démocrates. Il sera soutenu par le lobby LGBT. Si son âge et son orientation sexuelle ne constituent pas nécessairement des handicaps dans certaines grandes villes, dans certains États, dans certains milieux « bobos » et particulièrement dans l’électorat démocrate, il serait surprenant qu’il soit sélectionné par son parti en juillet prochain et plus surprenant encore qu’il remporte en 2020 l’élection présidentielle américaine.

ET LE VAINQUEUR SERA…

Dans les élections américaines, les revirements de l’opinion peuvent être très rapides. Tous les coups bas les plus tordus sont de mise, il est très difficile de prévoir, avec cinq mois d’avance les résultats d’une primaire et avec huit mois d’avance les résultats d’une élection présidentielle. Sur la primaire démocrate, les paris en ligne étant ouverts depuis plusieurs mois, les très nombreux parieurs, confortés par les sondages et leur évolution nous disent que Sanders et Bloomberg devraient être les deux finalistes à la convention de Juillet prochain. Je partage cette opinion. Sanders est actuellement donné en tête au premier tour de scrutin de la convention démocrate, par 42% des parieurs, 32% pariant sur Bloomberg, ce qui me paraît probable. Mais Sanders n’a aucune chance d’obtenir la majorité absolue au premier tour (50% + 1 voix) des 3979 délégués démocrates élus au cours des primaires. Il y aura donc un deuxième tour.

Ce deuxième tour verra l’entrée en lice, dans le vote, de 771 «super délégués» qui représentent les notabilités du parti démocrate et qui viendront s’ajouter au vote des 3979 délégués ayant voté au premier tour. Ces notabilités sont majoritairement hostiles à Sanders. Elles auront donc le pouvoir, par leur poids dans le scrutin de 2ème tour, de modifier l’ordre d’arrivée constaté au 1er tour, si toutefois l’écart entre les deux concurrents de tête n’est pas trop grand, ce qui devrait être le cas. Il ne me surprendrait pas que Bloomberg soit placé devant Sanders au 2ème tour, même s’il est arrivé derrière au 1er tour. Cette règle qui permet aux super-délégués de désigner le vainqueur s’il n’y a pas majorité absolue au 1er tour est évidemment scélérate, mais c’est la règle du parti … Si une telle inversion devait survenir en juillet, les électeurs de Sanders la ferait payer à Bloomberg et aux notables du parti démocrate le jour de l’élection présidentielle, renforçant ainsi les chances de Trump d’être élu. Pour le résultat final,

Trump n’a jamais été en position aussi favorable pour gagner. La moyenne des sondages récents approuvant son action n’a jamais été aussi haute depuis le début de son mandat et tourne à 44% et atteint, pour certains d’entre eux les 49%, ce qui ferait rêver bon nombre de chefs d’état et de gouvernements européens dont le notre. Certes, les sondages donne Trump battu, comme en 2016 et quel que soit son adversaire. Mais aux États-Unis les sondages sont beaucoup moins crédibles qu’en Europe. Deux sondages effectués sur une même période avec des échantillons de même taille peuvent afficher 10 points d’écart. Deux sondages effectués par un même institut à trois jours d’intervalle peuvent afficher 10 points d’écart. En outre, ces sondages ne prennent pas en compte les règles différentes dans chaque état, mais seulement le vote populaire que Trump devrait perdre en 2020, comme en 2016, tout en remportant l’élection présidentielle, dans le mode de scrutin défini par la constitution.

Les parieurs en ligne ne s’y trompent pas et plébiscitent massivement, dans leur pari en ligne, la victoire de Trump en négligeant les mauvais sondages. Si aucun bouleversement géopolitique n’intervient et surtout si les démocrates ne se présentent pas totalement unis derrière un seul candidat, j’ai tendance à parier aujourd’hui sur la victoire de Trump en novembre prochain. La tournure de la primaire démocrate dans les prochains jours (3 mars) nous donnera de précieuses indications sur leurs chances de succès en novembre.

Dominique Delawarde

Crédit photo : Portrait de Trump, Pixabay, portrait de Sanders, Gage Skidmore via Flickr,  portrait de Bloomberg, Gage Skidmore via Wikimedia Commons
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