La vie privée des hommes au XXIe siècle : au temps des attaques virales et migratoires

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Les Normands à l’assaut de Paris… Une illustration de Pierre Joubert, comme il y en eut tant dans les livres d’histoire de mon enfance, ces grands albums rouges de la collection « La vie privée des hommes » que publiait Hachette, ou dans l’album Une histoire de la France de Lucien Bély, paru chez Ouest France, dont le dessin ci-dessous est issu. Sur la Seine, des drakkars, certains échoués. Le pont de l’île de la Cité est tombé. Nonobstant l’air paisible des deux guerriers viking discutant au premier plan, les créneaux de la ville sont bardés de Francs défendant leurs murs, comme les portes du pont. L’invasion ne va pas de soi. Une résistance s’y oppose. Des éléments simples à comprendre pour des enfants découvrant l’histoire de leur pays, a fortiori un peu l’histoire d’eux-mêmes : une attaque + une résistance = une guerre. L’équation de l’Histoire en somme.

joubert les normands aux portes de paris

Pour quiconque regarde en arrière, l’Histoire est une matière si aisément malléable, pétrissable, on peut à loisir la délayer ou la compacter, pour la mouler dans à peu près toutes les formes que l’esprit humain se plaît d’imaginer. La seule constante qui survit à toutes ces relectures tient peut-être à un mouvement aller-retour : attaque, défense, attaque, défense. Le corps humain est-il piqué par un insecte, attaqué par un virus, blessé ? Aussitôt le corps humain se défend-il. Les peuples sont avant tout des corps. Qui peuvent attaquer. Qui peuvent se défendre. Qui peuvent vivre. Qui peuvent mourir. Il n’est pas là question de morale, de jugement, de bien ou de mal, le mouvement est simplement physique. Les questionnements métaphysiques viendront après.

Ce mouvement de balancier se fait parfois non sans humour. Bel exemple d’ironie de l’Histoire, notre début d’année 2020 expérimente simultanément deux mouvements d’attaque.

Le premier, celui qui nous pendait au nez depuis fort longtemps, depuis des siècles à vrai dire, mais il est de bon ton pour l’honnête homme du XXIe siècle d’avoir la mémoire courte et l’idéologie grande : la Turquie d’Erdogan qui remet le couvert sur la table des invasions migratoires, en servant toujours la même soupe que ses prédécesseurs ottomans. Il ne s’était pourtant pas caché en 2008 d’appeler la diaspora turque en Allemagne à refuser l’assimilation car « l’assimilation est un crime contre l’humanité ». Mais douze ans plus tard, le tout Bruxelles s’étonne de découvrir qu’Erdogan n’est peut-être pas un ami de l’Europe… Tant pis pour nous autres Européens : mémoire courte, digestion lente, reflux gastrique un peu brutal, tel est le lot de ceux qui s’acharnent à ne pas vouloir sentir le poison qu’on leur sert largement dans l’assiette. Donc, Erdogan parle, les migrants écoutent, les Grecs trinquent et Bruxelles s’émeut. En langage décodé, ça s’appelle une attaque. Un mouvement d’assaut. Le problème est qu’il ne vient pas juste de commencer, cela fait déjà des années que l’Europe se laisse envahir par des populations allogènes. Les ponts défendant la Cité sont déjà tombés, abattus non par les assaillants, mais par les assaillis eux-mêmes ! Les créneaux et les murailles ont été détruits par ceux qui ont construit l’Union européenne. Pour la première fois peut-être dans l’Histoire, un mouvement d’attaque n’a pas rencontré de mouvement de défense… Pourquoi ? Sans doute parce que depuis Fukuyama, on croyait être entré dans l’ère paradisiaque de la fin de l’Histoire, à se laisser bercer d’illusions millénaristes où tous les hommes seraient gentils entre eux et ne s’attaqueraient plus les uns les autres… Une théologie politique qui conduit à la mort physique. Nouvelle équation : attaque – défense = suicide.

Le deuxième mouvement d’attaque subi en ce début d’année 2020 tient en quelques lettres : coronavirus. Complètement imprévu celui-là. Petit rappel aux idéologues-propagandistes qui prétendent faire la pluie et le beau temps en Europe : l’imprévu dans l’Histoire, c’est quelque chose qui existe depuis la nuit des temps. Et qui potentiellement peut balayer aisément les belles visions économiques, les belles analyses statistiques et autres joyeusetés censées servir le politique – qui en réalité l’ont soumis, mais la question n’est pas là… COVID-19 donc. Un acronyme barbare, pour une nouvelle invasion barbare ? Les Huns sont-ils aux portes de l’Europe, que dis-je du monde entier, prêts à nous cracher à la figure toutes leurs gouttelettes respiratoires pour nous contaminer ? Sainte Geneviève montera-t-elle sur les créneaux de la Cité pour prier la divine Providence et le sacro-saint Progrès de garder loin de nous l’attaque sournoise du virus ? La logique du précédent mouvement pourrait nous conduire à anticiper la réaction des Européens – notons que cette logique reste purement européenne, hélas pour nous, mais tant mieux pour les autres parties du globe, capables de défendre les cerveaux de leurs citoyens d’une telle gangrène moraliste et mortifère. Cette logique donc conduirait à penser que la réaction des Européens évolués de 2020, qui pensent large, comprennent tout, accueillent à bras ouverts, acceptent de servir de paillasson au mépris de l’amour d’eux-mêmes et des leurs, serait : attaque – défense = suicide. Tant qu’à faire. Autant être logique. Si on a décidé que les corps physiques n’ont pas à se défendre mais plutôt à favoriser le travail de sape au sein d’eux-mêmes, restons cohérents. Et bien là, oh surprise, la réaction est tout autre ! Les dirigeants s’aperçoivent que des citoyens – des peuples – comptent sur eux pour les protéger. Des mots tels que « quarantaine » et « confinement » inondent les médias. En langage décodé, ça s’appelle une défense. Incroyable, l’Union européenne de l’an 2020 se défend ! Quelle ironie ! Oserons-nous rappeler que le terme « confinement » implique dans son étymologie, et dans sa pratique, la notion de frontière ? La frontière ne serait-elle donc plus un gros mot ? Les rassemblements sont interdits et les déplacements à limiter, mais rendez-vous compte que vous êtes en train d’appeler les Européens au repli sur soi, xénophobe et nauséabond ? Tiens donc, la morale et les grandes idéologies battraient-elles donc de l’aile devant des corps physiques menacés, qui cherchent tout bêtement à survivre ? Et pourquoi un tel revirement ? Peut-être que cette fois, gouvernants et médias de propagande se rendent compte inconsciemment de leur vulnérabilité… Foin de zones de non-droit reléguées en périphérie des quartiers huppés des élites mondialisées. Finis les beaux discours sur le vivre-ensemble, abrités derrière de beaux écrans séparant bien le vivre-ensemble théorique – pour les autres –, du vivre-ensemble dans la pratique – eux doivent vivre ensemble mais moi je vis sans eux… Bizarrement les virus ne comprennent rien aux subtilités du double langage. Ils attaquent à l’aveugle. Sans jugement. Sans morale. Ils attaquent, c’est tout. Et face à cela, face à la mort en d’autres termes, tout le monde est égal, vraiment égal cette fois. Alors, il serait logique de se défendre, non ?

Et de se demander : comment notre époque sera-t-elle illustrée par les générations futures ?

Isabelle Lainé

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Crédit photo : DR
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