Coronavirus. Faut-il craindre une pénurie des produits alimentaires ?

Publicité

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a mis en garde contre les pénuries alimentaires mondiales causées par les mesures visant à endiguer la propagation du coronavirus.

Des pénuries alimentaires sont-elles à redouter ?

Doit-on s’inquiéter pour les stocks de denrées alimentaires dans les semaines qui viennent ? La crise économique et sanitaire liée au coronavirus fait naître des craintes du côté de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. De l’aveu de son économiste en chef Maximo Torero, « le pire qui puisse arriver est que les gouvernements limitent les flux de nourriture ».

Bien que les récoltes aient été bonnes et que les perspectives pour les cultures de base soient prometteuses, Maximo Torero redoute que la pénurie de main d’œuvre provoquée par le coronavirus et une tendance croissante au protectionnisme (comprenant notamment des tarifs douaniers en hausse) du fait de la situation actuelle n’entravent l’approvisionnement de produits alimentaires pour les populations.

L’économiste de l’ONU considère ainsi que « toutes les mesures contre le libre-échange seront contre-productives. L’heure n’est pas aux restrictions ni à la mise en place de barrières commerciales. C’est le moment de protéger la circulation des denrées alimentaires dans le monde ».

La question des exportations

Face au problème de la pénurie de travailleurs, Maximo Torero préconise la mise en place de politiques pour que ces derniers puissent continuer leurs activités. Plus facile à dire qu’à faire. D’autant plus que « les grands pays n’ont pas encore mis en œuvre ce genre de politiques pour que la nourriture puisse continuer à circuler ».

Autre point de crispation, certains pays ont commencé à protéger leurs approvisionnements alimentaires en restreignant les exportations. De quoi faire courir le risque d’une diminution globale des échanges et, par conséquent, une baisse de la production alimentaire. Par ailleurs, toujours d’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « les barrières commerciales créeront une volatilité extrême » et « aggraveront la situation ».

Mais cet appel à ne pas freiner le libre-échange dans la période de tourmente que nous traversons peut-il être légitimement entendu ? Si, pour Maximo Torero, l’heure est à « protéger la circulation des denrées alimentaires dans le monde », les gouvernements sont aujourd’hui confrontés aux besoins vitaux de leurs propres populations. Et une charité bien ordonnée… peut parfois faire oublier les liens d’interdépendance entre les États que la mondialisation a conforté depuis longtemps désormais. Gageons que le bon sens des différents acteurs économiques saura se passer des conseils de l’ONU…

AK

Crédit photo : Flickr (CC BY 2.0/Stéphane Mignon)
[cc] Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Les commentaires sont fermés.

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Sociétal

L’ONU reconnaît enfin les violences subies par les femmes en tant que mères

Découvrir l'article

A La Une

« Citoyens contre marchands d’armes » : l’enquête glaçante sur la face cachée du commerce mondial des armes

Découvrir l'article

Social

Crèches, EHPAD, aide à domicile : la France des plus fragiles ferme déjà ses portes

Découvrir l'article

Immigration, Santé, Société, Tribune libre

L’hantavirus, cette maladie du dogme du Village Mondial [L’Agora]

Découvrir l'article

A La Une, Histoire, International

Haïti va-t-elle disparaître ? Autopsie d’un désastre

Découvrir l'article

International

Irlande : la « révolte du carburant » paralyse le pays pour le quatrième jour consécutif

Découvrir l'article

Culture & Patrimoine, Histoire

ONU et esclavage : une résolution sur la traite transatlantique suscite la controverse

Découvrir l'article

International

La dernière chance de l’Occident : quand le “Sud global” ne veut plus écouter les leçons de l’Europe

Découvrir l'article

Sociétal

Sous couvert de droits humains, l’ONU exporte-t-elle une « éducation sexuelle intégrale » en Afrique ?

Découvrir l'article

International

Afghanistan après 2021 : l’ex-ambassadeur pakistanais Mansoor Ahmad Khan raconte « l’échec de l’inclusivité » et le retour du risque terroriste

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.