Guingamp. Le prénom Fañch une nouvelle fois contesté par l’administration

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Un couple ayant donné naissance à un petit Fañch à Guingamp s’est vu supprimé le tilde sur le prénom de leur fils. La troisième fois en deux ans que le tilde breton est rejeté par l’administration française.

Un nouveau Fañch encore privé de son tilde

À croire que les préoccupations de la justice française ont des raisons… que la raison ignore : une nouvelle affaire Fañch a vu le jour en Bretagne.

Ce sont cette fois des parents guingampais d’un petit Awen Fañch qui se sont vu supprimer le tilde du deuxième prénom de leur fils sur l’acte de naissance délivré par les services de l’état civil de la mairie de Pabu, où est situé l’hôpital de Guingamp dans lequel l’enfant est né le 15 avril dernier. Une mairie de Pabu qui a expliqué avoir suivi les instructions du parquet de Saint-Brieuc en n’inscrivant pas le signe diacritique. Quant à la consigne du parquet, elle se justifie selon ce dernier par l’absence de validation du décret promis à ce sujet par le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand.

Le 1er mai, trois conseillers régionaux de la Région Bretagne, à savoir Mona Bras, Lena Louarn et Paul Molac, réagissaient à travers un communiqué en demandant à la municipalité de Pabu « de faire preuve de bienveillance et de bon sens, en rétablissant la famille du jeune Awen Fañch dans son droit, pour éviter un nouveau parcours judiciaire kafkaïen, dont l’issue en cassation ne ferait aucun doute […]. »

Les trois élus membres du groupe des Régionalistes demandaient également à la ministre de la Justice Nicole Belloubet « d’accélérer la publication du décret nécessaire à la sécurisation des signes diacritiques des langues régionales, dont le ñ tilde breton ».

Le maire de Pabu favorable au tilde

Face au tollé se profilant à l’horizon, Pierre Salliou, maire de Pabu, a tenu à se ranger du côté des parents de ce nouveau petit Fañch lésé par l’administration française : « Contrairement à ce que disent certains, la commune de Pabu n’est pas le grand méchant loup. Je suis tout à fait favorable au tilde, je l’ai d’ailleurs dit aux parents que j’ai contactés. Les services d’état civil ont voulu respecter le cadre réglementaire et m’ont averti tardivement de la procédure. » Et l’édile de poursuivre : « J’ai déjà demandé, mais je vais insister pour qu’on refasse l’acte d’état civil. On accepte bien plusieurs orthographes à Giovanni et on ne pourrait pas mettre un tilde à Fañch ? C’est complètement idiot. »

On aimerait surtout pouvoir enfin donner des prénoms bretons aux enfants de Bretagne sans avoir un emballement de l’imposante machine juridique française à chaque fois que le cas se présente…

Par ailleurs, douze députés LREM et Modem des Côtes-d’Armor, du Finistère et du Morbihan ont adressé une missive à Édouard Philippe pour demander une « validation interministérielle » dans « les meilleurs délais » du décret sur la prise en compte des signes diacritiques annoncé par Nicole Belloubet. Un décret qui serait « en cours de validation » selon l’un des députés des Côtes d’Armor.

Le particularisme breton menacé ?

Des délais à rallonge qui ont de quoi agacer lorsque l’on se rappelle que la première des trois « affaires Fañch » a débuté au mois de mai 2017, voilà donc déjà deux ans.

De son côté, Bernard Le Roux, président du conseil culturel de Bretagne, a dénoncé la « terreur linguistique » qui régnait en Bretagne malgré « le projet de loi Molac, l’amendement Canevet, adoptés en première lecture », et « la promesse d’un décret du Conseil d’État par Richard Ferrand ».

Si les parents d’Awen Fañch se disent prêts à porter l’affaire du prénom de leur fils devant la justice dans le cas où le blocage se poursuivrait, gageons que le décret entrera rapidement en vigueur afin que tous les petits autres Fañch à naître en Bretagne ne voient pas leur identité contestée dès la naissance par un centralisme aveugle et niveleur.

AK

Crédit photo : DR
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