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L’initiation au breton dans les écoles primaires du Finistère est menacée par une circulaire ministérielle visant à réduire le temps imparti.
L’initiation à la langue bretonne menacée dans le Finistère
Déjà bien peu présent dans les écoles de la région, le breton pourrait encore reculer un peu plus à la rentrée 2020 dans le Finistère. Si une initiation à la langue bretonne est dispensée à environ 8 000 élèves répartis dans 110 écoles publiques sur 75 communes du département, la poursuite de celle-ci est remise en question pour la rentrée de septembre 2020.
Cette initiation, à raison d’une heure par semaine et dispensée à seulement 15 % des élèves des écoles non-bilingues du Finistère, est effectivement menacée de disparaître au regard d’une circulaire ministérielle du 12 avril 2017. Face à cette nouvelle attaque contre le breton tandis que la situation de la langue est déjà exangüe, quatre associations(An Oaled, KLT, Sked et Mervent) sont montées au créneau. Ce sont ainsi ces dernières qui mettent à disposition les quarante salariés effectuant les initiations auprès des élèves du département. Ces heures de breton sont financées à hauteur de 50 % par le Conseil départemental et de 33 % par les communes, le reste étant à la charge de la Région.
L’État met en concurrence le breton et l’anglais
Le texte de la circulaire incriminée pourrait donc priver de découverte de la langue bretonne les élèves des cycles 2 et 3 (du CP au CM2) à partir de la rentrée prochaine. La raison ? La circulaire introduit un apprentissage d’une langue étrangère ou d’une langue régionale dans les programmes scolaires à hauteur d’une heure et demie chaque semaine. Mais ce temps est déjà imparti à l’initiation à l’anglais depuis près de dix ans maintenant.
Tandis que les petits Bretons du Finistère pouvaient se familiariser en parallèle à l’anglais et au breton jusqu’à présent, le ministère de l’Éducation nationale a décidé de venir perturber cette cohabitation harmonieuse. Avec à la clé le fort risque de voir les écoles logiquement opter pour l’anglais face à ce choix imposé par Paris.
Langue bretonne, une langue étrangère en Bretagne ?
De leur côté, les quatre associations susmentionnées réclament un délai supplémentaire d’une année afin de prendre le temps de proposer des pistes alternatives à l’État. Cette situation est d’autant plus regrettable que certains élèves de maternelle tout comme ceux des collèges bénéficient d’initiations au breton, rendant cette rupture durant les cycles 2 et 3 totalement contre-productive pour l’apprentissage de la langue. Les associations, le Conseil départemental et le Conseil régional ont fait savoir leur opposition à cette nouvelle mesure auprès du rectorat.
Enfin, le fait de vouloir dorénavant imputer le volume horaire imparti au breton sur le temps d’enseignement des « langues étrangères » est symboliquement très lourd pour la langue bretonne.
AK
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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