#Blacklivesmatter. L’histoire irlandaise menacée de démolition ?

A LA UNE

The National Party est un parti politique dissident irlandais, nationaliste et identitaire. Sur son site Internet, il vient de publier une tribune sur l’histoire irlandaise menacée de démolition en marge des évènements ayant trait au mouvement Black Lives Matter. De quoi pourrir l’ambiance jusque dans une île qui pourtant, a encore moins à se justifier sur son passé que qui que ce soit auprès de la communauté noire.

Nous vous proposons la traduction de ce texte ci-dessous, réalisée par nos soins.

L’engouement récent de certains Américains pour la démolition des statues a fini par atteindre l’Irlande. Parmi les cibles de démolition figurent un monument à Christophe Colomb à Galway City et une plaque à Richard W. Dowling à Tuam, Co. Galway. Ces deux cas sont scandaleux. Je suppose que nous pouvons laisser les Italiens s’inquiéter de Christophe Colomb. Le crime de Dowling semble d’avoir servi sous le mauvais uniforme après avoir émigré en Amérique pour échapper à la Famine. L’enlèvement de ces monuments est révélateur d’un état d’esprit.

Plus frappant et plus dangereux encore, des appels ont été lancés pour que les statues de John Mitchel et de Seán Russell soient retirées. Oui, des politiciens irlandais parlent de démolir les statues de nationalistes irlandais. Mitchel, en particulier, est une figure titanesque du panthéon nationaliste. La simple idée qu’il puisse être rayé de la carte de nos mémoires est folle. Après lui, Pearse ou Connolly ?

Et, de grâce, renonçons aux poncifs sur le racisme. Chacun voit bien ce qui se passe réellement ici.

Nous savons que l’affirmation la plus élémentaire de la nation irlandaise – la revendication que l’Irlande appartient aux Irlandais et à personne d’autre – est déjà considérée comme une pensée criminelle. Et puisque aucun nationaliste irlandais n’a été innocent de ce crime d’aimer l’Irlande, alors aucune de leurs statues n’est à l’abri.

C’est finalement là que se situe la controverse. L’angle d’attaque est accessoire. Ils n’ont pas à trouver plus répréhensible que le fait que John Mitchel et Seán Russell aient cru en la cause de la nationalité irlandaise. Les excuses auxiliaires ne sont qu’un écran de fumée. Lorsqu’ils en auront l’occasion, ils s’attaqueront aussi aux autres. Petit à petit, statue par statue, humiliation par humiliation, ils démantèleront tous les aspects de la vie et de l’identité nationale irlandaise. Ce n’est pas simplement notre histoire qui les dérange, c’est notre existence même.

Partout dans le monde, des individus cherchent à brûler le passé. L’Irlande libérale(1) observe attentivement et voit que le moment est venu.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est le début d’une pente fatale. Ils ont choisi un moment opportun où les statues du monde entier s’écroulent. Et ils ont pris pour cible deux hommes en décalage par rapport à l’époque dans laquelle nous vivons. Comment mieux tuer un nationaliste irlandais que de le caricaturer en « homme blanc raciste » ? Comment mieux la nationalité irlandaise plus complètement qu’en la subordonnant à des foules progressistes hystériques sur les réseaux sociaux ? Ils veulent transformer l’Irlande en banlieue de l’anglo-libéralisme, un crime bien plus grand que ceux dont on peut accuser Mitchel ou Russell.

Ne vous y trompez pas, ce n’est que le début. Ils ont choisi des cibles qui leur paraissent faciles, mais il y en a bien d’autres par derrière. Si Mitchel et Russell venaient à tomber, alors toute statue du nationalisme irlandais pourrait suivre. Si nous mettions à bas nos héros, alors il ne resterait qu’à repartir de zéro.

Ceux qui cherchent des raisons de détruire des monuments en trouveront. Avec une subvention et assez de temps pour y réfléchir, n’importe quel imbécile trouvera  une raison pour renverser chaque statue, interdire chaque film, brûler chaque tableau et briser chaque autel. Les raisons sont faciles à trouver. Il y en a une nouvelle chaque semaine.

Cessons de profaner les monuments consacrés à nos héros uniquement pour complaire à une foule mondiale qui se moque bien de ce pays ou de son histoire. S’il vous déplaît de vous promener dans les rues d’Irlande, sous les statues des nationalistes irlandais, alors vous n’êtes pas dans le bon pays.

Le passé n’est pas une question de commodité. Nous ne le choisissons pas. Comme notre famille et notre pays, nous y sommes nés. Nous en sommes nés. Le sens de l’Histoire nous précède à travers les ombres de nos ancêtres.

La lutte pour l’affirmation du séparatisme irlandais résonne à travers les siècles jusqu’à nos jours. Nous ne nous reposons que sur les épaules de ceux qui nous ont précédés. Pas des géants ou des dieux, mais des hommes. Les quelques élus d’une humanité imparfaite. Nous n’avons pas à nous excuser pour eux. Ils sont le maillon d’une chaîne ininterrompue. La ligne de vie de l’histoire jusqu’au présent.

Tout ce qui compte est que Mitchel et Russell ont aimé l’Irlande et servi la cause de sa nation. C’est une raison suffisante pour honorer leur mémoire et pour préserver leurs monuments.

Protégeons leurs statues. Refusons toute concession servile aux tenants du nouvel ordre mondial. C’est le régime politique actuel en Irlande qui doit être supprimé. Ce sont ces dirigeants qui doivent disparaître. Ce sont les crimes réels du présent qui doivent être traités. Les crimes contre la nation irlandaise. Ce dont nous avons besoin, c’est de héros. Comme ceux qu’ils veulent supprimer. Qu’ils rendent justice à leur pays, et que leur pays leur rende justice en honorant leurs actes.

(1) « Liberal », c’est-à-dire en français « progressiste ».

Illustration : DR
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